Emmanuel Garessus dans le Temps du jour.
"Le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a souhaité que les pays européens, et notamment l’Allemagne, progressent vers un salaire minimum à l’échelle de l’UE. Les socialistes suisses vont plus loin. Non seulement ils veulent un salaire minimum au plus haut niveau des pays industrialisés (4000 francs), mais ils s’inscrivent, avec l’initiative 1:12, dans un projet de rupture avec l’économie sociale de marché. Il est temps de se pencher sur les derniers chiffres et les recherches économiques sur le sujet.
Les statistiques sont inquiétantes. Le nombre des nouvelles implantations d’entreprises en Suisse a reculé de 20% en 2012. En termes d’emplois, la chute atteint 40%, selon les statistiques publiées vendredi par la Conférence des directeurs cantonaux de l’économie. Par rapport à 2010, le nombre des implantations a diminué de moitié. La NZZ, qui publiait l’information, a rencontré des entreprises qui ont renoncé à investir en Suisse et d’autres qui promettent de quitter le pays si le peuple accepte l’initiative 1:12, le salaire minimum ou les droits de succession au niveau fédéral. Le déclin ne peut être entièrement attribué à ces initiatives, mais elles font partie d’un climat franchement hostile au profit (souvent suspect) et à la concurrence (qualifiée de déloyale). Selon Remo Daguati, du Switzerland Global Enterprise, l’intérêt des entreprises étrangères pour la Suisse demeure élevé. Dans le choix entre plusieurs sites d’implantation, notre pays figure souvent au sein des finalistes, mais c’est le Royaume-Uni ou l’Irlande qui a l’avantage lors de la décision finale et qui crée les emplois."
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La tendance négative se fait sentir depuis plus longtemps que les initiatives anti-entreprises.
Voir le graphique de la NZZ: http://bit.ly/15sLXUa