La Crimée est russe

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Pour développer le dialogue avec la Russie, le journal allemand Die Zeit conseille de ne pas déployer plus de bataillons à la frontière russe, mais de reconnaître la Crimée au sein de la Fédération de Russie. Selon Die Zeit, l'Ouest a une "carte à jouer" : il peut reconnaître la Crimée si Moscou propose quelque chose d'intéressant en échange. Le journal ne conteste pas la position officielle de l'Ouest selon laquelle la Russie a violé le droit international, mais il note que le président russe a été guidé par des faits historiques et par une logique stratégique.
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Le journal rappelle que l'histoire de la péninsule au sein de la Russie remonte au règne de l'impératrice Catherine II. La Crimée a obtenu le statut de territoire ukrainien suite à la "gaffe historique" de Nikita Khrouchtchev. En outre, le Kremlin avait de bonnes raisons de croire que les nouvelles autorités ukrainiennes allaient céder la base de la flotte de la mer Noire à l'Otan. Selon Die Zeit, le Kremlin ne redonnera jamais la Crimée "même si l'Ouest prolonge les sanctions de 50 ans". En conséquence, il faut reconnaître la péninsule comme russe, établissant ainsi les bases pour une politique à long terme de détente, d'équilibre et de coopération".
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Récemment, les membres du conseil régional (parlement) de la région italienne de Vénétie ont adopté un projet de résolution appelant à reconnaître la Crimée comme partie intégrante de la Russie et à annuler les sanctions antirusses. La Crimée et la ville de Sébastopol sont redevenues russes à l'issue d'un référendum tenu en mars 2014 dans le sillage de la crise politique en Ukraine consécutive au renversement du président Viktor Ianoukovitch. Lors du scrutin, dont les résultats ne sont pas reconnus par la communauté internationale, plus de 96% des votants se sont prononcés en faveur du rattachement à la Russie.
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Michel Garroté
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https://fr.sputniknews.com/international/201606231026087594-die-zeit-journal-allemand-crimee-russie/
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La communication, le point faible de la nouvelle stratégie russe

Les interventions militaires russes en Crimée et en Syrie ont démontré que l'armée russe a bel et bien tourné une page de son histoire.

Les réformes mises en place par Vladimir Poutine depuis quelques années, et cela malgré la résistance de certains haut gradés russes, semblent désormais porter leurs fruits. L'époque d'une armée russe sous-équipée basant sa puissance sur les vestiges de ses forces mécanisées issues de l'Armée Rouge, semble aujourd'hui révolue. En diminuant les effectifs de son armée, la Russie est désormais capable d'aligner une force de plus en plus professionnelle et de mieux en mieux équipée, conçue non plus pour assurer la défense de son territoire mais tournée vers les opérations extérieures. La volonté d'acquérir des navires de type mistral, c'est-à-dire des bâtiments de projection et de commandement, sorte de base avancée idéale pour mener des opérations loin de ses frontières, démontre une nouvelle approche stratégique pour ce pays qui se conçoit non plus comme une puissance régionale mais comme une puissance mondiale.

Or il existe un domaine dans lequel la Russie souffre toujours d'un important retard par rapport aux autres puissances, notamment occidentales, c'est celui de la communication. Il faut dire qu'en Russie, la « maskirovka », c'est-à-dire l'art de la dissimulation, est une véritable tradition ancestrale dans le domaine militaire. Afin de leurrer leurs ennemis sur leurs véritables intentions, les Russes ont pour habitude d'utiliser de nombreuses ruses pour désinformer et maintenir le doute chez l'adversaire. Une approche tout a fait compréhensible pendant des siècles mais qui pose aujourd'hui problème car elle n'intègre pas un changement majeur dans l'évolution des sociétés. Ces dernières se sont transformées depuis quelques décennies en véritables sociétés de consommation de l'information.

Souvenez-vous, durant la guerre du Vietnam, les familles américaines pouvaient voir quasiment tous les soirs les images des dernières batailles à la télévision. En janvier 2013, lors de l'intervention française au Mali, les internautes ont quasiment pu suivre en direct le saut des parachutistes français sur la ville de Tombouctou. Cette stratégie de la communication ne concerne pas seulement les grandes puissances, l'exemple le plus flagrant étant bien sûr le cas de l’État Islamique qui a opté pour une approche très offensive et particulièrement morbide pour diffuser son image. Un choix stratégique marqué par un certain succès, à tel point que désormais Daesh est devenu aux yeux de l'opinion publique mondiale, le seul et unique groupe jihadiste en Syrie, transformant ainsi les autres groupes (dont Al Qaïda) en de simples « rebelles ».

Mais du côté de la Russie, rien de tout cela. Lors de son intervention en Crimée, la Russie a volontairement fait passer ses troupes comme des rebelles opposés au nouveau pouvoir ukrainien alors que n'importe quel observateur ayant un minimum de connaissance sur l'armée russe, pouvait très bien voir que ces soldats n'avaient rien de « rebelles ». En Syrie, rebelote. La Russie a laissé planer le doute jusqu'au bout. Et si depuis, les russes abreuvent les médias de communiqués et de déclarations souvent difficilement vérifiables, les images restent rares. Une stratégie de communication qui semble volontaire puisque lorsqu'ils le souhaitent, les russes savent très bien communiquer comme le démontre la vidéo montrant le lancement de 26 missiles depuis des navires dans la mer Caspienne le 7 octobre dernier.

Cette absence de communication peut certes se justifier par des raisons de sécurité, mais elle reste un frein au développement de l'image de la Russie dans l'opinion internationale. Se taire c'est aussi laisser la parole à ses adversaires qui ne vont pas se priver de vous rabaisser. Or dans le cas de la Russie, les adversaires ne manquent pas et ils savent profiter de ses faiblesses. Il suffit de voir comment les médias occidentaux présentent systématiquement une communication officielle russe comme suspecte avec un emploi immodéré du conditionnel alors que les communications émanant de Washington et des différentes capitales européennes sont généralement traitées comme des vérités. On pourrait bien sûr crier à la malhonnêteté des médias occidentaux mais ce serait oublier trop vite les véritables carences de Moscou dans ce domaine. Certes, des efforts ont été fait avec le lancement de Russia Today en 2005 puis du site Sputnik plus récemment. Mais c'est très loin d'être suffisant, d'autant plus que ces deux médias plongent parfois, voire même souvent, dans une propagande assez grossière.

En choisissant une nouvelle stratégie en terme de politique internationale, la Russie doit s'en donner les moyens. En faisant abstraction de l'importance cruciale de la communication, elle choisit elle-même de maintenir cette image de « méchant agresseur » qui lui colle à la peau.

Jordi Vives, 17 octobre 2015

Et si Poutine avait raison ?

Le 26 Avril, la principale chaîne de télévision nationale russe, Rossiya 1, présentait le président Vladimir Poutine dans un documentaire au peuple russe sur les événements de la période récente,  y compris l’annexion de la Crimée, le coup d’État des EU en Ukraine et l’état général de relations avec les États-Unis et l’UE

Ses paroles ont été franches.  Et au milieu de ses remarques, l’ancien chef du KGB russe a laissé tomber un obus politique qui était connu par les renseignements russes depuis 2 décennies.

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