Le populisme, un risque pour la démocratie ?

Albert Leimgruber
Rédacteur

Le populisme, un risque pour la démocratie ?

 

Il ne se passe pas une journée sans que le mot populiste soit prononcé dans nos médias. Donald Trump, l’UDC ou encore les partis conservateurs en Europe sont systématiquement qualifiés par ce mot répété comme un mantra par nos médias. Drôle de retournement de situation pour ce terme, dont le Larousse donne la définition suivante : « Idéologie et mouvement politique qui se sont développés dans la Russie des années 1870, préconisant une voie spécifique vers le socialisme. », alors qu’aujourd’hui les prétendus « populistes » dénoncent justement le socialisme dans leurs Etats respectifs…

 

Parmi tous les maux que le monde médiatique et académique reproche aux populistes, celui de mettre en danger la démocratie représente l’accusation la plus grave.

 

Oscar Mazzoleni écrit : « nous voyons la démocratie directe devenir pour l’UDC un instrument décisif de sa lutte politique » (1) L’auteur définit quatre thèmes qui ont provoqué la percée électorale et les succès référendaires de l’UDC :

 

  • la critique de l’establishment et de la classe politique
  • la défense de l’exception suisse et de l’identité nationale, notamment face à l’Europe et surtout face à l’immigration
  • le libéralisme économique nuancé par la préférence nationale en matière sociale et la protection des agriculteurs
  • le conservatisme moral fondé sur la lutte contre l’insécurité

 

Le populisme est ainsi redéfini comme idéologie politique s’attaquant aux prétendues élites, ou carrément comme méthode d'instrumentalisation de l'opinion publique par des partis et des personnalités politiques qui s'en prétendent le porte-parole. Cette nouvelle définition a fait son chemin et est acceptée par le monde académique, comme le démontrent les analyses actuelles du monde politique par les chercheurs universitaires, comme par exemple Tarik Abou-Chadi.

 

Né en Allemagne, ce professeur universitaire est un spécialiste reconnu sur l’analyse scientifique des systèmes électoraux. Il a été mandaté par le département de science politique de l’Université de Zurich et le centre pour la démocratie à Aarau pour codiriger un programme interdisciplinaire sur les liens entre la démocratie directe et les populismes. Dans la Liberté du 11 décembre, il se livre dans un entretien intitulé « la démocratie directe : un antidote ? ».  (2)

 

Dans un premier temps, M. Abou-Chadi précise que « dans la démocratie la plus forte du monde, en Suisse, la première formation politique est l’un des partis populistes les plus forts d’Europe ». Nous y voilà donc ! L’Université de Zurich et le centre pour la démocratie à Aarau engagent un chercheur allemand pour lancer une attaque de plus contre l’UDC.

 

Ce que dit Tarik Abou-Chadi plus loin dans l’entretien n’est rien d’autre qu’une attaque insidieuse contre la démocratie directe : « Les canaux pour propager ces thèmes [critique de s’establishment, de l’immigration] proviennent aussi de la démocratie directe. Avec l’initiative populaire, un parti peut s’attirer une grande attention ». Lisez : la démocratie directe est le terreau sur lequel pousse le populisme, une idéologie qualifiée de dangereuse.

 

La démocratie directe est-elle menacée ?

 

La démocratie directe fait partie de l’ADN de la Suisse. Ses racines plongent dans la période médiévale ou les Landsgemeinden sont apparues. Aujourd’hui elle est menacée ! Le non-respect des décisions populaires par les autorités fédérales (loi d’application de l’initiative contre l’immigration de masse non-conforme au sens de ladite initiative) et la primauté du droit et de juges étrangers risquent bien de transformer la démocratie directe en coquille vide de sens laquelle autorisera les citoyens à voter sans que le vote soit contraignant pour les autorités…

 

Les prétendus populistes ont le mérite de s’engager pour préserver la démocratie directe dans un État Nation souverain (la souveraineté nationale est la condition sine qua non de la démocratie). N’est-il pas préférable de vivre en démocratie avec des partis dits populistes que dans une oligarchie ou l’élite a toute liberté d’action sans véritable contrôle démocratique ?

 

Albert Leimgruber, 3.1.2018

 

 

 

  1. « Nationalisme et populisme en Suisse », Oscar Mazzoleni, Le Savoir suisse, 2008.
  2. Entretien réalisé par Ariane Gigon, La Liberté, 11.12.2017

14 commentaires

  1. Posté par John Longeole le

    Un chercheur « allemand » qui s’appelle Tarik Abou-Chadi? « Allemand » vraiment? Jusqu’à quand devrions-nous accepter d’être pris pour des c…?

  2. Posté par aldo le

    C’est vrai qu’en matière de fascisme et de populisme le parti socialiste toujours d’essence internationaliste dans les faits, n’a aucune peine à nous rappeler le populisme du parti national socialiste hitlérien visait aussi à nous faire croire qu’il était nationaliste pour la façade, alors que ses velléités expansionnistes le désignaient déjà comme un parti socialiste internationaliste. Hitler était déjà un étranger autrichiens comme à l’image d’innombrables Cesla Géraldine etc. toutes donneuses de leçons et d’origines étrangères.

  3. Posté par Jean-Francois Morf le

    Critiquer le populisme, c’est critiquer la dictature du peuple, donc critiquer la démocratie.
    Ceux qui hurlent contre le populisme sont généralement les mêmes qui agissent pour avoir la sharia en Suisse, afin d’avoir le droit de s’acheter des harem de gamines chrétiennes à baiser.
    Si quelqu’un critique le populisme, vous pouvez tranquillement en déduire qu’il est aussi islamo-gauchiste, contre la démocratie, et pédophile.

  4. Posté par Gubelmann le

    J’ai vécu un exemple de démocratie vu par des gauchistes.
    J’ai croisé une petite journaliste de la TSR qui présente le journal de temps en temps, et qui m’a fait sa pub pour le NON concernant la votation No Billag. Dès le moment qu’elle a compris que je ne regarde pas cette propagande de gauche qu’est la TSR ni leurs séries gnangnan et leurs magasines de gauche (toujours poliment sans être agressif), elle à tout de suite mis fin au débat parce que je ne pensai pas comme elle. Et des exemples comme ça je peux vous en donner des dizaines, c’est incroyable… et après c’est nous les fachots, les méchants? d’après eux on a toutes les tares du monde… Eux prêchent la bonne parole. Désolé mais moi je ne suis pas obligé de croire en ces boniments de gauche racontés par des gens surpayés.

  5. Posté par Marie-France le

    @Yolande.C.H.: » Une majorité d’ immigrants qui revendiquent les droits civiques vont naturellement défendre l’ouverture des frontières (A.Marra, C. Amarelle, Maudet, Hodgers, Melgar, Stress, les Secondo) : la souveraineté va donc progressivement s’étendre à des cultures qui vont entrer en compétition , voire en opposition avec la culture suisse, celle justement qui a su mettre au point cette démocratie directe quasi unique.

    LIre à ce propos
    « Ces migrants qui changent la face d el’Europe » de Jacques Dupâquier et Yves-Marie Laulan chez L’Harmattan
    Ecrit en 2004 , des vérités y sont dites qu’il ne serait peut-être pas très bonnes à dires après 15 ans seulement..Pourtant ce livre est une syntèse d’un « colloque organisé sous le haut patronage, de Monsieur le Président du Sénat, de Monsieur le Président du Parlement européen, de Monsieur le Secrétaire général du Conseil de l’Europe et de l’UNESCO en partenariat avec la Société de Géographie et de l’Institut CEDIMES. »
    Des gens sérieux donc… Mais après 15 ans, ce qui s’y est dit n’est pas particulièrement politiquement correct..

  6. Posté par Marie-France le

    Merci à Monsieur Leimgruber pour cet excellent article !
    Pour m’éviter tout plagiat, ci-après deux plumes plus aguerries que la mienne :
    « la montée en puissance de ce que les élites appellent avec mépris le populisme n’est en réalité que la tentative des peuples de reprendre en main leur destin et de sauver leur identité. »(ERic Zemmour dans Le Figaro Magazine 27/01/18)
    …………………………………………….
    « Le petit monde fortuné de Davos, qui s’est donné rendez-vous pour l’année prochaine avec la certitude d’être au cœur de l’histoire, ferait bien de descendre sur terre. Le « populisme », que les puissants s’honorent de dénoncer, est une marée qui monte plus inexorablement que les actuelles inondations » Ivan Rioufol 29 /01/18 blog)

  7. Posté par Antoine le

    Définition Larousse :  »Idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes ».
    Je suis pour ! Par contre les journaleux actuels utilisent le mot  »populisme » pour dénigrer la droite …
    A toute action, il y a une réaction (aussi bien en physique qu’en politique). Les graves erreurs commises par Mme Merkel ont fait apparaître l’AfD !! Idem en Autriche ou en Suisse !!
    Donc libérer le peuple de l’emprise de la gôche et du bolchévisme, je suis pour !

  8. Posté par jsg le

    polupisme, racisme, insultes vômies par ceux qui n’ont rien de crédible à opposer.

  9. Posté par Dupond le

    Il y a des peuples europeens de culture chrétienne !!! mais il n’y a plus de démocratie ,puisque c’est le peuple en démocratie qui vote pour son destin avec la majorité de ses représentants . Les décideurs de destin sont a bruxelles et non élus , la CEDH a supériorité sur notre justice et décide qui doit etre condamné (on sait qui est pardonné) .En france les députés ne sont pas élus a la proportionnelle et l’alliance des partis maffieux permet de faire des lois encourageant la corruption

    vous avez dit changement ?
    > >
    La loi de ¨moralisation de la vie publique¨ a été votée récemment par des députés jeunes, nouveaux, et…. pas encore corrompus (disent-ils)

    Et pourtant :
    EXONERATION DE CSG POUR LES PARLEMENTAIRES
    Je pense qu’un jour il faudra virer des assemblées qui nous gouvernent ces parasites qui votent des lois en leur faveur…trop c’est trop, comment faire confiance aux élus de tous bords…! la marmite finira par exploser…
    Les députés dans l’indifférence générale ont voté hier l’exonération de la CSG sur leurs frais de mandat parlementaire. Et ce dans le cadre de la loi de moralisation de la vie publique. On marche sur la tête, on demande aux retraités de faire des efforts, des millions de séniors vont voir leur contribution sociale augmenter et en plein été dans la nuit, les députés se votent une exonération d’impôt. Franchement, on se moque du monde !
    Ça suffit, on ne peut demander toujours et encore des efforts aux retraités et les législateurs se votent en catimini une suppression de CSG pour eux-mêmes !
    Ce sont toujours les mêmes qui trinquent, c’est inacceptable, maladroit, honteux ! Les députés sont-ils bien moins lotis que des milliers de retraités qui n’ont que 1200€ de pension mensuelle ?
    Il faut savoir que les députés ont 7209,64€ d’indemnité mensuelle, 5840€ d’indemnités représentatives et 9618€ de crédit pour rémunérer leurs collaborateurs.+ 15000 € de frais postaux/an et 15000 € de frais informatique/an.!!!!
    En parallèle, la retraite moyenne est de 1376€ brut et 560 000 retraités touchent le minimum vieillesse…

    > Pour rappel, les députés se votent une baisse d’environ 430€ de CSG et les retraités vont voir leur CSG augmenter de près de 300€. Deux poids deux mesures… C’est cela le nouveau monde ?

  10. Posté par Maurice le

    Grand merci Albert Leimgruber pour ce bel éclairage !
    Les peuples sont malheureusement souvent des suiveurs, ce que nous démontre brillamment le politologue Frédéric Gros, avec son livre «Désobéir» (voir l’interview ci-dessous). C’est le plus fort qui gagne, et le plus fort c’est celui qui tient la presse, et celle-ci est totalement tournée vers la bien-pensance donc complètement à gauche. Alors comment faire pour que les populations, qui se croient libre en votant à gauche, se sentent encore plus libres en votant pour leur propre bien et celui de leur patrie ? car finalement les populistes sont les vrais patriotes.
    https://www.rts.ch/play/radio/versus-penser/audio/sommes-nous-devenus-trop-obeissants?id=9023755&station=a83f29dee7a5d0d3f9fccdb9c92161b1afb512db

  11. Posté par pierre frankenhauser le

    Selon les merdias et les universitaires de gauche, les « populistes » mettraient en danger la démocratie. C’est l’hôpital qui se fout de la charité. En effet, ces merdias refusent les résultats de la démocratie lorsqu’ils ne leur plaisent pas. Suite par exemple à l’acceptation par le peuple de l’initiative contre l’immigration de masse du 9 février 2014, et ce malgré le lavage de cerveau quotidien des votants par par ces traîtres à notre pays, ce sont bien ces derniers qui ont tout fait pour ensuite vider l’initiative de sa substance afin que son texte d’origine ne soit pas appliqué. Ce sont bien eux les ennemis de notre démocratie, et non pas les populistes.

  12. Posté par Yolande.C.H. le

    La démocratie directe, c’est la volonté d’une communauté de se doter du pouvoir de décision sur la gestion de son territoire, et non de la remettre aux mains d’une élite. Premier point.

    Pourquoi les forts mouvements migratoires posent-ils problèmes ? Une majorité d’ immigrants qui revendiquent les droits civiques vont naturellement défendre l’ouverture des frontières (A.Marra, C. Amarelle, Maudet, Hodgers, Melgar, Stress, les Secondo) : la souveraineté va donc progressivement s’étendre à des cultures qui vont entrer en compétition , voire en opposition avec la culture suisse, celle justement qui a su mettre au point cette démocratie directe quasi unique. C’est donc ce refus de toute assimilation, ressentie comme humiliante (!) par de nombreuses communautés étrangères qui a provoqué en réaction le positionnement de ceux qui tiennent à préserver ce système exceptionnel dont ils veulent s’approprier sans en avoir intégré les vertus.

  13. Posté par Gabrielle le

    Haaaaa….. Ce mot « populisme »… que les bienpensants aiment à garder en bouche, faire rouler longuement sous la langue avant de le recracher comme un mauvais vin…

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