Dans l’interview-fleuve que le chef de l’Etat a accordé au Point, rompant ainsi avec sa théorie d’une parole présidentielle rare et sobre au profit d’un propos abondant et touffu, une petite phrase est passée quasi inaperçue. Elle n’a pas eu l’écho qu’elle méritait, contrairement à celle, quelque peu mégalomaniaque, par laquelle il annonçait une « présidence héroïque ».
Evoquant le terrorisme, il constatait : « Le Qatar et l’Arabie saoudite ont financé des groupements qui n’étaient pas les mêmes mais qui, de fait, ont contribué au terrorisme. » Que ces pays financent le terrorisme n’est pas une accusation nouvelle, or, cette fois, ce n’est pas dans des colloques ou dans les murs feutrés des chancelleries que cela est affirmé mais publiquement, dans la bouche du chef de l’Etat. Il a des sources d’information émanant de nos services secrets qui lui permettent de telles affirmations. Il en parle au passé, c’est la seule précaution qu’il prend, pourtant, il n’y a pas eu, que l’on sache, de révolutions dans ces deux émirats qui ont changé le personnel dirigeant et par là leur politique. Les gouvernants d’hier sont ceux d’aujourd’hui, ou peu s’en faut.
Certes, le Qatar et l’Arabie saoudite ne financent pas les mêmes groupes, les Saoudiens accusent les Qataris de double jeu en soutenant Daesh et les Frères musulmans, tandis que Ryad subventionne Al-Qaïda. Bien entendu, tous démentent quelque complicité que ce soit avec les tueurs islamistes. Il est vrai que ce ne sont pas les gouvernements qui versent les fonds directement mais certains de leurs riches ressortissants, y compris membres de la famille royale, à travers des fondations prétendument « indépendantes ». Il est avéré que ces pays servent aussi de base arrière aux djihadistes divers et le pouvoir, selon le Département d’Etat des Etats-Unis, « ferme les yeux ».
Mais quand le président a formulé un tel constat qui est gravissime alors que nous sommes en guerre contre le terrorisme islamiste, que fait-il ? Quelles conclusions en tire-t-il ? Rompt-il les relations diplomatiques avec ceux qui financent les bourreaux de nos ressortissants ? Les menace-t-il de quelques représailles ? Va-t-il au moins prendre les moyens pour les empêcher de faire leur marché en France en rachetant tout ou partie de nos entreprises, dont le PSG est la plus connue ? Nullement, il « dialogue » : « J’ai établi des relations d’une extrême franchise avec l’ensemble des puissances du Golfe. Dans mon dialogue avec les Emiriens, les Saoudiens et les Qatariens, j’aborde la question du financement du terrorisme. » Comme si seulement « aborder » la « question » était déjà faire preuve d’un héroïsme inouï, accompagnée d’une « extrême franchise » pour laquelle nous devrions sans doute être admiratifs. Seulement il ne s’agit pas de dialoguer, même franchement, mais de faire cesser cette complicité « de fait », comme il dit, avec nos mortels ennemis. Quand la terreur islamiste s’abat sur notre pays, l’heure n’est plus aux prudences diplomatiques mais à l’action contre tous ceux qui la soutiennent, directement ou indirectement, militairement ou financièrement. C’est ce qu’on attend d’un chef des Armées.
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En Macronésie, on préfère humilier un général compétent qui dénonce les failles et les manquements.
Alors les “pétro-babouchiers” du Golfe peuvent continuer à dormir tranquilles.