Depuis 1989, Salman Rushdie, l'auteur des Versets sataniques, vit sous la menace d'un attentat. Vingt-sept ans de haine et de violence. Installé à New York depuis dix-sept ans, il garde sa casquette bien vissée sur la tête, humeur légère et joyeuse, l'homme de lettres continue d'ausculter le monde et vient de publier un nouveau roman Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits.
Selon le romancier, après les terribles attentats qui ont frappé la rédaction de Charlie Hebdo, le gouvernement français a mal réagi. «Au lieu de répondre aux attaques contre la liberté d'expression, des voix se sont élevées pour crier au blasphème et proposer des compromis avec le terrorisme. Il n'y a pas de blasphème dans une démocratie», affirme-t-il.
Pour Rushdie, peu à peu nos démocrates acceptent cette notion de compromis. L'auteur pense que s'il publiait Les Versets sataniques aujourd'hui, il n'aurait pas été soutenu comme il l'avait été à l'époque. Dans ce roman publié en 1988, il avait tenu des propos jugés injurieux à l'encontre du prophète Mahomet. «Aujourd'hui, on m'accuserait d'islamophobie et de racisme. On m'imputerait des attaques contre une minorité culturelle», explique l'écrivain. Il défend la liberté de penser et affirme avoir le droit de dire que la religion est une stupidité.

Et vous, qu'en pensez vous ?