Le mépris du peuple, dans tous ses Etats

Pascal Décaillet
Journaliste et entrepreneur indépendant

 

Magnifique, la leçon de démocratie donnée par les élus de gauche genevois aux Chambres fédérales, dans le Matin dimanche. On leur demande s'ils se bougeront à Berne pour faire avancer le dossier de la traversée du lac, dont le principe a été accepté, dimanche 5 juin, par 63% de l'électorat cantonal.

Réponse : non, bien sûr. On s'en doutait.

Bien pire : les justifications. Au lieu d'accepter le verdict - parfaitement clair - du peuple, certains élus, et notamment certaines élues, en mettent en cause la légitimité avec une hallucinante légèreté.

Lorsque le peuple a pris une décision, on ne refait pas la campagne. On accepte le résultat. Seulement voilà : chez certains, le peuple vote moralement bien lorsqu'il se prononce dans votre sens, et moralement mal s'il a le mauvais goût de le faire en sens inverse.

Belle leçon, oui, de la part de ceux qui devraient donner l'exemple dans le respect de notre démocratie directe.

Lorsqu'un tel mépris pour la décision populaire émane d'une conseillère aux Etats, envoyée à Berne pour défendre les intérêts du canton, il y a de quoi se poser de sérieuses questions sur sa conception de la démocratie.

Pascal Décaillet, 12 juin 2016

 

 

9 commentaires

  1. Posté par pierre frankenhauser le

    @Bastiat
    Puisque vous êtes allé à San Francisco, vous devriez alors savoir que sans le Golden Gate (et les autres longues traversées), il faudrait contourner toute la baie pour relier les deux rives. Ce serait un peu comme relier vouloir Lausanne à Evian (virtuellement près de 14 km de traversée s’il y avait un pont, soit encore beaucoup plus qu’à Genève, ou… 180 km de détour) en voiture. Cette traversée n’est à mon sens pas justifiée, car un détour par l’autoroute de contournement élargie et toute proche est clairement insignifiant, et qu’en tant que non Genevois, je n’ai pas envie de cofinancer, via mes impôts fédéraux, une infrastructure qui n’est pas vitale et d’importance nationale, mais régionale (selon l’OFROU). A ce moment-là, ce sont tous les Suisses qui devraient voter. Pourquoi avoir refusé la traversée de la rade, si ce n’est pour tenter de refiler la facture à Berne ? Une facture encore bien plus lourde pour un projet bien plus conséquent. C’est trop facile.

    Le tunnel du Gotthard est justifier notamment pour désenclaver tout un canton et qu’il n’a pas d’autre itinéraire raisonnable.

    PS: comparer urbanistiquement Genève à des vraies grandes villes comme SF (5 mios hab.) ou NY (env. 20 mios hab.), ne serait-ce pas un peu prétentieux ?

  2. Posté par Pierre H. le

    Nous sommes « gouvernés » par des socialistes, des sacs de m…. décérébrés !

  3. Posté par Frederic Bastiat le

    @frankenhauser : « Nous ne sommes pas à San Francisco ».

    Le golden gate de San Francisco ne fait que 2737 mètres, les touristes le traversent à pied. Je sais, j’y suis allé et je l’ai fait au milieu d’autres touristes…….

    De Chambésy, à l’entrée de l’autoroute, jusqu’à Collonge-Bellerive en face sur la distance la plus courte, c’est environ 2880 mètres, soit à peu de choses près la même chose et même plus.

    Conclusion?

  4. Posté par JeanDa le

    Il n’est pas nouveau que le socialisme ne survit que par le mensonge, la tromperie et la violation continue des règles de la bienséance, du respect et – de qui est plus récent – des lois et de la Constitution Fédérale. Je souhaite qu’on l’interdise et que l’on assigne en justice ses plus virulents animateurs.

  5. Posté par Yolande C.H. le

    Il y a deux sujets dans le commentaire de Descaillet dont j’apprécie les analyses qu’il fait.

    Le premier, l’accroissement des infrastructures pour faire face à un accroissement incontrôlé de la population: Sur le trajet ferroviaire du canton d’Uri jusqu’à Lausanne, un nombre impressionnant de grues. De même, les petits monts entre Bâle et Zurich se couvrent de maisons. Doublement des voies ferrées, agrandissement des gares, élargissement des routes et des autoroutes, tout cela a un côté très positif pour donner du travail en Suisse, n’est-il pas?

    Le deuxième: Il est étonnant que la gauche qui prône l’ouverture des frontières, s’oppose à ce projet. On peut comprendre que la population « genevoise » n’en peut plus des conditions de circulation dans leur agglomération (on est en Suisse,tout de même, elle est assez riche et se doit d’assurer de bonnes conditions de vie), ce qui peut expliquer leur vote. La démocratie directe n’a pas pour fonction de satisfaire des besoins qui ne font qu’augmenter avec la croissance démographique, mais de considérer si, en tant que citoyen, on est prêt ou non à financer un projet d’envergure. Or les programmes politiques vont de plus en plus dans le sens de la séduction et non de la responsabilité. Que cherche cette gauche genevoise en contestant cette décision? A réserver l’argent des caisses publiques pour assurer l’accueil de la relève?

  6. Posté par Peyhem Veys le

    @ Pierre Frankhauser: je ne suis pas à Genève, mais je trouve pour le moins cocasse que vous refaisiez ainsi le résultat d’une votation. Dans ce cas, comment fustiger le CF lorsqu’il fait de même avec les votations fédérales. Il n’est point ici le lieu de discuter du bien fondé – ou non – de la décision des genevois. C’est une décision en votation populaire et le peuple est souverain. Et le souverain a pris sa décision. Point final. Qu’on admire les bacs ou non……

  7. Posté par conrad.hausmann le

    Qui est censé défendre les intérêts de Genève à Berne ? PLR et un Vert ! Dont un Vert je crois qui est fier de ne pas posséder un permis de conduire. Beau sabotage de la volonté dite populaire!

  8. Posté par pierre frankenhauser le

    Même le puissant canton de Zurich n’a pas de traversée de son lac, lui ayant préféré un simple bac en Meilen et Horgen. A ce sujet, un projet de bac est en train voir le jour entre Céligny et Yvoire. Y-a-t-il vraiment de sens à construire un pont ou un tunnel autoroutier entre deux berges d’un lac alors que son extrémité terrestre ne se situe qu’à une poignée de kilomètres ? Nous ne sommes pas à San Francisco ou à New York, qui n’ont pas d’autres choix. En outre, l’heure est au développement des transports publics (dont le futur Léman Express), plus au tout bagnoles.

  9. Posté par pierre frankenhauser le

    Je crois qu’en ces temps d’invasion musulmane et de ses potentielles persécutions à venir, la priorité devrait être donnée non pas à cet aspirateur à bagnoles à vocation très régionale (contrairement au futur grand contournement de Morges, p.ex.), mais à la défense de notre identité chrétienne et de nos frontières. Avant de chercher à mettre en faillite ce canton surendetté, les initiants auraient peut-être dû attendre que le CEVA soit mis en service, que le Léman Express devienne une réalité, et que l’autoroute de contournement (car l’exigu canton de Genève n’a pas besoin de deux autoroutes) soit élargie à deux fois trois voies entre Perly et Nyon pour tirer un bilan et réévaluer la nécessité de cette traversée.

    En outre, après avoir brassé de l’air pendant des générations concernant la traversée de la rade, les Genevois l’ont refusée il n’y a pas très longtemps. Ce n’est à la Suisse toute entière de financer les délires mégalos de certains élus du bout du lac. D’autres régions en Suisses ont des besoins plus légitimes et/ou n’ont pas encore d’autoroute.

    C’est comme pour la « raquette » ferroviaire, devant passer par Cornavin, l’aérogare, les Nations et Meyrin, estimée à… 4,5 milliards de francs (payés par la Confédération ?), soutenue bec et ongle par le Conseil d’Etat. L’ingénieur Rodolphe Weibel propose un projet 6 fois moins cher et plus cohérent. Cherchez l’erreur.

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