lundi 15 juin 2026
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Terrorisme en Suisse. Qui est Nesip Dedeler, le terroriste de Winterthour ?

Les Observateurs (la rédaction)
3 min de lecture

Ce jeu­di, un isla­miste a com­mis une attaque ter­ro­riste près de la gare de Win­ter­thour, fai­sant trois bles­sés, dont un grave. Si les moti­va­tions dji­ha­distes ne font désor­mais guère de doute, le pro­fil du ter­ro­riste sou­lève de nom­breuses inter­ro­ga­tions.

Un terroriste déjà connu des autorités

Âgé de 31 ans et issu d’une famille ori­gi­naire de Tur­quie, Nesip Dede­ler est né en Suisse et a obte­nu la natio­na­li­té suisse en 2009, en plus de sa natio­na­li­té turque. Depuis, il n’a ces­sé de démon­trer sa dan­ge­ro­si­té et son adhé­sion à l’idéologie isla­miste la plus radi­cale.

Ce qui inquiète par­ti­cu­liè­re­ment dans son par­cours, c’est qu’il était déjà bien connu des ser­vices de police. En 2015, il est accu­sé de dif­fu­ser de la pro­pa­gande de Daech. La même année, il com­pa­raît devant la jus­tice dans une affaire de rixe et est condam­né à dix mois de pri­son. Avec deux com­plices, il avait agres­sé un Alle­mand de 36 ans. La vic­time avait subi des bles­sures à la mâchoire, au nez et à un doigt, ain­si que des lésions ocu­laires per­ma­nentes.

Liens avec la mouvance djihadiste

Nesip figure éga­le­ment par­mi les isla­mistes mis en cause dans une enquête concer­nant la mos­quée An’Nur de Win­ter­thour en 2016. À l’époque, un pré­di­ca­teur soma­lien y avait appe­lé au « meurtre de musul­mans non pra­ti­quants », et la mos­quée était soup­çon­née de ser­vir de point de ren­contre à des dji­ha­distes en par­tance pour la Syrie.

Se défi­nis­sant comme sala­fiste, il prô­nait l’instauration de la cha­ria, y com­pris en Suisse. Il reje­tait l’État suisse, la démo­cra­tie en géné­ral ain­si que le sys­tème judi­ciaire hel­vé­tique.

Un acte d’accusation du par­quet fédé­ral datant du prin­temps 2023, visant un ancien com­bat­tant de l’État isla­mique déjà condam­né, révèle que Nesip aurait été un membre actif d’une cel­lule dji­ha­diste comp­tant entre 40 et 50 per­sonnes dans la région de Win­ter­thour et de Zurich pen­dant plu­sieurs années.

D’après le minis­tère public de la Confé­dé­ra­tion, il par­ti­ci­pait régu­liè­re­ment à des réunions clan­des­tines orga­ni­sées dans des locaux asso­cia­tifs loués.

Des zones d’ombre sur son suivi

Mal­gré un pro­fil jugé aus­si dan­ge­reux, les auto­ri­tés semblent avoir per­du sa trace ces der­niers temps. Selon cer­taines infor­ma­tions, il aurait même « dis­pa­ru entre octobre 2024 et mai 2026 ». Le direc­teur de la sécu­ri­té du can­ton de Zurich, Mario Fehr, a indi­qué qu’il était pro­ba­ble­ment par­ti en Tur­quie et qu’il venait tout juste de ren­trer.

Des décla­ra­tions contre­dites par plu­sieurs témoi­gnages affir­mant que Nesip se trou­vait bien en Suisse et qu’il était régu­liè­re­ment aper­çu par ses voi­sins.

Un raté pour le moins inquié­tant qui sou­lève une ques­tion essen­tielle : com­bien de Nesip Dede­ler sont aujourd’­hui en liber­té dans nos rues ?

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