«MMIWG2SLGBTQQIA+» : une députée canadienne raillée après l’usage d’un acronyme jugé «absurde» et «woke»

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Canada: une députée dénonce le «génocide en cours des personnes MMIWG2SLGBTQQIA+»

À Ottawa, lors d’une conférence de presse consacrée aux femmes autochtones disparues et assassinées, une députée néo‑démocrate a évoqué le «génocide en cours» visant les personnes «MMIWG2SLGBTQQIA+». De quoi susciter de multiples réactions sur les réseaux sociaux.

Brandi au Canada par la députée néo-démocrate Leah Gazan, l’acronyme «MMIWG2SLGBTQQIA+» concentre en une formule quasi imprononçable un ensemble de réalités telle que les femmes et filles autochtones disparues ou assassinées, ainsi que diverses minorités sexuelles et de genre au sein des communautés autochtones.

Les peuples autochtones représentent environ 5% de la population canadienne, mais près d’un quart des victimes d’homicide selon les chiffres officiels, avec une nette surreprésentation des femmes parmi ces victimes.

Mercredi 8 avril à Ottawa, Leah Gazan a ainsi vertement dénoncé les 7 milliards de dollars de coupes budgétaires décidées par le gouvernement de Mark Carney dans les services aux autochtones, accusant Ottawa de ne rien prévoir pour ce qu’elle décrit comme un «génocide en cours».
Une terminologie employée par le gouvernement fédéral canadien lui‑même

Mais sur les réseaux sociaux, ce sont surtout les quinze caractères de «MMIWG2SLGBTQQIA+» («Missing and Murdered Indigenous Women, Girls, Two-Spirit, Lesbian, Gay, Bisexual, Transgender, Queer, Questioning, Intersex, Asexual, plus») qui ont retenu l’attention, suscitant un torrent de moqueries, certains y voyant la caricature d’une inflation «woke» de sigles, d’autres ironisant sur une excellente idée de mot de passe «ultra-sécurisé».

L’acronyme n’est pas un slogan militant improvisé, mais une terminologie employée par le gouvernement fédéral canadien lui‑même, qui l’utilise dans ses documents officiels. Selon ces critiques, cette complexité formelle, qui confine à l’absurde, finit par décrédibiliser la cause que les militants prétendent servir, en reléguant au second plan les violences subies par les personnes concernées.

Dans les contextes officiels francophones canadiens (gouvernement, enquêtes nationales), on parle plutôt de : FFADA2ELGBTQQIA+ ou FFADA et personnes 2ELGBTQQIA+

  • FFADA : Femmes et Filles Autochtones Disparues et Assassinées.
  • 2E : Deux-Esprits (ou bispirituel·le / bispirituelles) – terme désignant des personnes autochtones qui incarneraient à la fois un esprit masculin et féminin, ou des rôles de genre traditionnels non binaires dans les cultures autochtones.
  • Ensuite, la suite LGBTQI+ (ou parfois LGBTQQIA+) est traduite ainsi :
    • L : Lesbienne
    • G : Gaie (ou Gai)
    • B : Bisexuel·le
    • T : Transgenre
    • Q : Queer
    • Q : en Questionnement (parfois inclus)
    • I : Intersexué·e (ou Intersexuel·le)
    • A : Asexuel·le (parfois inclus)
    • + : Inclut toutes les autres identités de genre, orientations sexuelles ou terminologies non listées (pansexuel·le, non-binaire, etc.).

La version complète étendue devient donc quelque chose comme : Femmes, Filles et Personnes 2ELGBTQQIA+ Autochtones Disparues et Assassinées (ou FFADA2ELGBTQQIA+).

 

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