Ndlr. Genève préfère un écologiste gauchiste et woke à un patriote conservateur.
ÉDITORIAL. Le Vert Nicolas Walder accède au Conseil d’Etat, notamment grâce au report d’une partie des voix du Centre. Mais l’UDC Lionel Dugerdil a réussi à «normaliser» son parti dans un canton qui lui résiste
Un déluge de sentiments contrastés s’est abattu sur Nicolas Walder et la gauche genevoise ce dimanche à 12h45. Les premiers résultats de l’élection partielle au Conseil d’Etat venaient de tomber, donnant la victoire, sans même attendre le dépouillement complet, au candidat écologiste. La joie de l’emporter s’est mêlée au soulagement ressenti après une campagne à suspense, menée dans la crainte d’une disparition pure et simple des Vert·e·s du Conseil d’Etat et d’une droitisation musclée du gouvernement genevois. On sentait aussi Antonio Hodgers, le conseiller d’Etat sortant, très rassuré: il ne sera pas celui qui, en démissionnant, aura ouvert les portes du pouvoir à l’UDC…
Malgré l’excellente campagne de Lionel Dugerdil, son parti, le premier de Suisse, reste au seuil de l’exécutif genevois, une fois de plus. Certes moins charismatique que son adversaire, le Vert Nicolas Walder était un candidat solide et expérimenté. Il a bénéficié de l’unité de la gauche et du report d’une partie des voix du Centre et des Vert’libéraux, dont l’électorat était tiraillé entre l’idée d’une droite rassemblée pour gagner et le refus d’élire un UDC.
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L’UDC prend rendez-vous pour la suite
Est-ce à dire que l’Union démocratique du centre reste un épouvantail à Genève? Rien n’est moins sûr. Dans une élection à trois candidats, Lionel Dugerdil a obtenu près de 44% des suffrages. S’il n’a pas renversé la table, le viticulteur de Satigny a fait avancer la «normalisation» de son parti dans un canton qui lui fut longtemps hostile. Il a obtenu le soutien du PLR, des milieux économiques et d’une partie du Centre. Avec son bon score, il prend déjà date pour la suite, soit les élections fédérales de 2027 et les cantonales de 2028. On le reverra, assurément.
Pour Nicolas Walder, le défi va consister à assurer une certaine continuité de l’action d’Antonio Hodgers, en poursuivant la construction de logements destinés à la classe moyenne, mais aussi à trouver sa propre voie, notamment en clarifiant ce qu’il entend par le «léger frein» qu’il veut imposer à la croissance cantonale par une hausse de la fiscalité des entreprises.
Au moment où des milliers d’emplois disparaissent au sein de la Genève internationale, où les taxes de 39% imposées par les Etats-Unis frappent les exportations et où les finances cantonales plongent dans le rouge, la décroissance pourrait se concrétiser bien plus vite, et bien plus douloureusement, que ne l’imaginent les deux principaux candidats de cette élection partielle.
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