Vignerons valaisans. L’IVV a-t-elle fait perdre des millions à la viticulture valaisanne ?

 

 
 
 
 

 

L’IVV a-t-elle fait perdre des millions à la viticulture valaisanne ?

 

 

Alors qu’elle est censée défendre les intérêts des vignerons et des encaveurs valaisans, l’IVV a-t-elle fait perdre des millions en 2016 en déclassant de manière inadéquate le Fendant AOC en Chasselas du pays ? Cette erreur, corrigée ultérieurement en partie par le Contrôle suisse du commerce des vins, illustre-t-elle le manque de compétences des dirigeants actuels de l’IVV ?

 

Quand on a un ami comme l’IVV, on n’a plus besoin d’ennemis. C’est la conclusion à laquelle doivent parvenir aujourd’hui les vignerons et les encaveurs valaisans. En effet, alors que l’Interprofession de la vigne et du vin (IVV) a pour mission de défendre leurs intérêts, elle leur aurait fait perdre des millions lors de la récolte 2016.

Tout a commencé avec un communiqué de presse du 26 juin 2016 dans lequel l’IVV prétend disposer des prérogatives nécessaires pour rendre obligatoire le déclassement du Fendant AOC sous prétexte de « maîtrise de la production ». L’IVV décide ainsi qu’environ 12% de la production de Fendant AOC doivent être déclassés en Vin de Pays. Comme la limite quantitative de production était fixée à 1,4 kg/m2 pour 2016, cette décision a pour conséquence que les vignerons n’ont pu effectivement vendre que 1,250 kg/m2 de leur production en Fendant AOC, les 150 grammes restants étant déclassés en catégorie 2 Vin de Pays. Il en est résulté un important manque à gagner pour eux puisque la différence de prix entre les deux catégories de vins va presque du simple au double : environ CHF 3.20.-/kg pour le Fendant AOC et CHF 1.80.-/kg pour le Vin de Pays.

Rapporté au total de la production valaisanne pour 2016, on peut estimer qu’environ 1,2 millions de kilos ont ainsi été déclassés à tort, ce qui représente un manque à gagner de l’ordre de CHF 1,7 millions pour les vignerons. Il faut y ajouter environ CHF 1,5 millions pour tenir compte du manque à gagner des encaveurs qui n’ont pas pu écouler ces volumes en Fendant AOC, mais uniquement en Vin de Pays. Au total, le manque à gagner de la branche dépasse ainsi largement les CHF 3 millions.

Cette erreur de l’IVV n’a pas échappé au Contrôle suisse du commerce des vins (CSCV). Selon nos informations, lors de leurs inspections de l’hiver 2017-2018, ces derniers ont reclassé le Vin de Pays en Fendant AOC dans la comptabilité de plusieurs caves valaisannes. Interpelés sur la question, Yvan Aymon, le Président de l’IVV, et Gérard-Philippe Mabillard, son Directeur, ne reconnaissent aucune erreur et refusent toute responsabilité par rapport au manque à gagner de la branche. Pour faire valoir leur bon droit, ils s’en réfèrent à l’article 44 de l’Ordonnance cantonale sur la Vigne et le Vin (OVV) et précisent ceci : « L’IVV a simplement appliqué la loi ». Version contredite par la CSCV qui a dû reclasser du Vin de Pays en Fendant AOC. Aveuglement de l’IVV ? Méconnaissance des exigences fédérales ? Incapacité à reconnaître ses erreurs ? Ces questions restent ouvertes. Tout comme celle de savoir si les dirigeants actuels de l’IVV défendent réellement les intérêts de la viticulture valaisanne, puisque leur décision de juin 2016 a eu pour conséquence de contraindre leurs membres à des actes préjudiciables à leurs intérêts.

 

 

3 commentaires

  1. Posté par Geizer le

    Yvan Aymon, Christophe Darbellay, Nicolas Dubuis et Vincent Fragnière, quelle belle équipe !

  2. Posté par Manon le

    Les responsables de l’IVV ne reconnaissent aucune erreur… ? Pourtant cette réduction de volume de vendange ne s’est pas faite toute seule… ce qui m’inquiète le plus, et je l’ignorais, c’est que l’IVV avait un tel pouvoir et ce, sans consulter qui que ce soit, ni rendre de compte à une autorité…
    Il est temps que les choses changent, alors commençons par changer les gens et garantir des règles de fonctionnement.

  3. Posté par pierrette le

    Au lieu d’aller fomenter des coups tordus avec des politiciens comme Darbellay, Monsieur Aymon pourrait peut-être faire amande honorable et démissionner. Il sera plus efficace ailleurs…
    Au fait, qui va assumer la perte? Nous on travaille dure dans nos vignes pour avoir ce qu’on a. Au moins le CSCV a joué son rôle lui…

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