Jean-Patrick Grumberg le 2 mars 2019
Nous devons le répéter inlassablement : les médias sont en guerre pour votre cerveau et votre âme, ils ne cherchent pas à vous informer mais à vous transformer.
J’ai lu des horreurs de stupidité concernant la rencontre du président américain avec le dictateur communiste Kim Jong un. Je ne vais pas dire qu’en matière d’ignorance géopolitique et d’aveuglement stratégique, les journalistes ont touché le fond, car je redécouvre constamment avec eux ce constat d’Einstein : « j’ai fait deux constats : l’univers la stupidité de l’homme sont infinis. Pour l’univers, j’ai encore quelques doutes ».
Le contexte
Kim est arrivé à cette rencontre prêt à démanteler l’installation nucléaire de Yongbyon, mais il voulait que toutes les sanctions soient levées en premier. C’est ainsi que son père a pratiqué avec Clinton. C’est de cette façon que la Corée du Nord a roulé les Etats-Unis depuis au moins 20 ans : en promettant des choses contre une levée de sanction, et une fois les sanctions levées, Pyongyang revenait sur ses promesses. Trump a dit qu’il n’était pas prêt à refaire cette erreur, et fait inédit dans le monde diplomatique, il s’est levé et a mis fin aux négociations.
Trump a cependant insisté sur le fait que Kim et lui avaient tous les deux quitté la table des négociations dans un esprit « amical » et que, même si aucun sommet n’était prévu à l’avenir, les négociations se poursuivraient entre les équipes américaines et nord-coréennes, et il espérait que Kim et lui se rencontreraient à nouveau.
Et si, pour changer des cancans et commérages des spécialistes et des experts, nous écoutions ce que disent les principaux intéressés ?
La rencontre avec Kim, de la bouche même du président Trump
Lorsque j’ai demandé à Kim Jong, immédiatement, s’il était prêt à dénucléariser, sa réponse a été : « je ne serais pas là sinon, je ne serais pas venu ».
Vous savez, c’est peut-être la meilleure réponse qu’on ait jamais entendue, mais [c’est vrai] que nous n’avons rien signé aujourd’hui, ça n’a pas tout à fait marché. Ce [qu’il a proposé] n’était pas satisfaisant pour moi, et peut-être [que ce que j’ai exigé] ne l’était pas pour lui, ou que c’était le bon moment, mais nous avons une bonne relation, et nous allons voir comment tout cela évoluera.
L’un des éléments clés de votre livre [The art of the deal], c’est qu’il faut toujours être capable, dans une négociation, de se lever et partir, et ce jusqu’à la dernière seconde.
Je dois toujours être prêt à partir si l’accord n’est pas bon pour notre pays et, franchement, il [Kim] peut voir les choses de la même façon, mais nous nous entendons très bien. C’est un type très spécial. Je lui ai dit [en réponse à sa demande] « je ne crois pas que ça va marcher ».
Je ne veux pas dire que c’est seulement moi qui me suis levé pour partir. C’était quelque chose qu’il voulait faire aussi, mais nous allons trouver une solution.
Pouvez-vous nous donner une idée de l’endroit où se situe le problème ?
Ils veulent dénucléariser certains endroits, et je veux la totalité, et les sanctions sont toujours en place. Je n’ai pas voulu lever les sanctions à moins que nous ayons un vrai programme de dénucléarisation total.
Je ne voulais pas abandonner les sanctions à moins que nous ayons de sa part un vrai programme de dénucléarisation, et ils ne sont pas prêts pour ça. Et je le comprends, car ils passent vraiment beaucoup de temps à construire leur programme nucléaire, mais cela ne veut pas dire que le monde doit être d’accord. Mais je voulais qu’ils dénucléarisent, et ils ne voulaient pas le faire entièrement.
Ils voulaient bien dénucléariser en partie, et je suppose que si j’avais accepté, beaucoup de gens auraient dit que c’était un bon début, mais je n’ai pas senti que c’était assez bien.
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Article complet: https://www.dreuz.info/2019/03/02/les-medias-ne-peuvent-pas-sempecher-de-mentir-voici-ce-quils-nont-pas-dit-de-la-rencontre-trump-kim/

Pour être très attentive aux interventions de Trump et à ses commentaires après une négociation aux enjeux primordiaux restée dans le statu quo, je dirais qu’il se montre étonnamment, de manière générale, plutôt mesuré dans ses propos, voire même diplomate, sans verser dans des récriminations inutiles et stériles, ce qui est l’exacte image inversée de celle que les médias aux ordres veulent montrer de lui.