De notre correspondante à Beyrouth. – Dans le cadre du soutien international au Liban dans sa lutte contre le terrorisme et la défense de ses frontières, les Etats-Unis ont livré à l’armée libanaise des roquettes à guidage laser, appartenant au très sophistiqué système APKWS (Advanced precision kill weapon system). Selon le communiqué de l’ambassade US, cette nouvelle livraison d’armes « démontre l’engagement ferme des Etats-Unis en faveur de l’armée libanaise dont elle souhaite renforcer les capacités, en sa qualité de seule et légitime force de défense du Liban ». Pour sa part, dans un souci de manifester son mépris des sanctions internationales, le secrétaire général du Hezbollah avait appelé deux jours plus tôt les autorités libanaises à demander de l’aide militaire à l’Iran : « Je suis prêt, en tant qu’ami de l’Iran, à aider l’armée libanaise en lui amenant de Téhéran […] tout ce dont elle a besoin pour devenir la plus forte de la région. Je suis même prêt à importer un système de défense antiaérienne. » Selon le quotidien L’Orient-Le Jour, c’est dans ce contexte particulier, entre soutien, menace et fanfaronnade, que la Suisse vient d’annoncer la suspension de toute livraison d’équipements militaires au Liban, en raison d’un risque élevé de transmission de ce matériel à des destinataires non souhaités, et ce « tant qu’elle ne pourra pas contrôler la destination finale des armes vendues ». La décision a été confirmée jeudi soir par l’ambassadrice de Suisse à Beyrouth, Monika Schmutz Kirgöz. Dans un communiqué de presse, le secrétariat d’Etat à l’Economie suisse (SECO) a indiqué que dix fusils d’assaut et trente pistolets-mitrailleurs avaient été fournis en 2016 au Liban, mais que lors d’un contrôle effectué en mars 2018, seules neuf armes avaient pu être retrouvées. Selon le SECO, cet armement était destiné exclusivement à des unités spéciales chargées de protéger des personnalités politiques et ne pouvait en aucun cas changer de destinataire, sauf accord écrit des autorités suisses.
Contrat public ou privé ?
L’ambassadrice de Suisse à Beyrouth a donné de plus amples explications à la chaîne de télévision libanaise LBCI : « La décision de la Suisse est liée au fait qu’un ancien ministre libanais a acheté en 2016 quarante armes à la Suisse, dont la plupart ont disparu. Or, il avait accepté lors de la signature du contrat que les autorités suisses puissent s’assurer que les armes ne soient ni revendues ni données à des parties tierces. Une délégation militaire suisse s’est alors rendue au Liban au printemps dernier pour effectuer une inspection, mais n’a retrouvé chez l’ancien ministre que neuf des quarante armes en question », a-t-elle précisé avant de poursuivre : « La décision d’interdiction de livraison d’armes prise par la Suisse touche à la vente d’armes aux responsables libanais, voire même à l’armée libanaise. Tout changement au niveau de cette décision devra être relié à une mise au point concernant la disparition des armes. » L’actuel ministre libanais de la Défense a démenti jeudi soir que la Suisse ait spécifiquement livré des armes à l’armée libanaise : « Les informations selon lesquelles des armes livrées à l’armée libanaise ont disparu sont fausses », a indiqué Elias Bou Saab avant de conclure : « Ceux qui veulent connaître la vérité peuvent s’adresser à l’ambassadrice de Suisse au Liban. » De son côté, l’armée libanaise a également formellement démenti avoir acheté ou obtenu des donations de matériel militaire suisse.
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