Le Che, un homme de mort

Stéphane Sieber
Journaliste, ancien rédacteur en chef presse écrite
Le che Sieber

 

« Nous avons fusillé ; nous fusillons et nous continuerons de fusiller tant qu’il le faudra. » C’était le 11 décembre 1964. Dans son uniforme vert olive, sans même se donner la peine d’agiter un quelconque rameau d’olivier, Che Guevara martelait ces mots terribles devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

On ne se rappelle pas beaucoup ce moment historique. Certes, le Che reste omniprésent : dans un marketing qui n’est plus politique – son image sur les T-shirts tirée d’une photo prise en 1960 au cours d’un meeting auquel assistaient Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Certes encore, sa légende de pur héros au visage christique reste forte, cultivée tout récemment avec vénération dans une BD au demeurant très habilement tournée[1]. Mais presque tout le monde ignore – ou veut ignorer – que ce militant révolutionnaire se livrait, avec son discours, à une apologie des crimes féroces commis sous sa propre responsabilité. Quarante-quatre ans après son exécution, au demeurant elle aussi sordide, le 9 octobre 1967 en Bolivie, il n’est pas trop tard d’éclairer la terrifiante personnalité du Che. Car le Cuba de dictature implacable qu’il a contribué à construire dure et dure, aujourd’hui[2].

Féroce en paroles et en actes

Che Guevara n’avait pas l’étoffe d’un homme d’Etat. Dans le Cuba nouveau, il a occupé nombre de postes où ses compétences étaient plus que limitées, comme par exemple ceux de président de la Banque nationale ou de ministre de l’Industrie.

En revanche, Che Guevara a excellé dans deux domaines : celui de la propagande et, l’idéologie justifiant tout, celui de la terreur. Il est d’ailleurs révélateur que son image reste largement positive, alors que ses propos ahurissants de fanatisme et son activité répressive demeurent ignorés[3].

Dès la victoire de la Révolution cubaine, en 1959, Che Guevara officiait à la sinistre forteresse de La Cabaña, près de La Havane, supervisant les exécutions ordonnées par le nouveau pouvoir, les exactions faisant partie du programme quotidien. En sept mois, à l’enseigne de la Commission d’épuration, il fit exécuter près de cent quatre-vingts sentences de mort. Les tribunaux siégeaient sans interruption à l’abri de ces murs sinistres. On doit au Che ces paroles : « Ne faites pas traîner les procès. Ceci est une révolution. N’utilisez pas les méthodes bourgeoises, les preuves sont secondaires ».

L’URSS trop modérée

Le Che était d’ailleurs un extrémiste depuis son jeune âge. En 1953 déjà, dans une lettre à sa tante Beatriz, il confiait son choix politique « derrière le rideau de fer » et précisait : « J’ai juré, devant un portrait de notre vieux et regretté camarade Staline, que je n’aurais pas de repos avant d’avoir vu ces pieuvres capitalistes exterminées. » Le pire est que, dans les années soixante, lorsque l’URSS se convertissait à la « cohabitation pacifique », le Che, déçu, opta publiquement pour le communisme maoïste, c'est-à-dire pour une ligne violente hautement affirmée.

Ce sont d’ailleurs ses incartades verbales incontrôlées et répétées qui ont amené Fidel Castro – un stratège autrement madré et opportuniste – à l’écarter définitivement du pouvoir en l’expédiant animer des guérillas de par le monde.

Pourquoi donc la figure du Che reste-t-elle reprise avec émotion aussi bien par des marques capitalistes que des militants altermondialistes ? Sans doute parce qu’il subsiste un malentendu autour de l’homme et de ses idées. Parce que Guevara n’est pas identifié avec le communisme ou avec un zèle brutal, mais avec une sorte de révolte permanente et naturellement sympathique contre tout pouvoir. Ceux qui brandissent son étandard n’ont pas conscience que le Che était, en réalité, un homme de mort.

Stéphane Sieber, 24 octobre 2014

 

[1] Wilfrid Lupano, Gaël Séjourné et alii, « L’homme de l’année 1967 », Delcourt 2013.

[2] La plupart des faits mentionnés dans cet article sont tirés du livre de l’exilé cubain Jacobo Machover « La Face cachée du Che », paru en 2007 aux éditions Buchet et Chastel.

[3] Dans le « Manuel d’histoire critique » du « Monde Diplomatique », actuellement largement diffusé dans les kiosques, alors que le portrait du Che apparaît en belle icône sur la page de couverture, il n’est nullement fait mention de son rôle sinistre, alors que les crimes des Américains ou des colonialistes français sont très largement développés. En fait, le « Manuel d’histoire critique » n’a rien de critique ; il effectue une lecture très sélective qui reprend tous les thèmes chers à la gauche tiers-mondiste.

7 commentaires

  1. Posté par Antoine le

    CHE : Criminel/assassin non jugé
    Sartre et Ziegler : deux scribouillards qui essaient de nous enfumer.
    La Vérité refait surface, tous ceux qui auront porté un T-short avec la face du CHE imprimée dessus seront déshonorés !

  2. Posté par KANDEL le

    PRIÈRE DE LIRE ATTENTIVEMENT TOUT CE QUI SUIT, C’EST GRATUIT:
    Boukovsky: L’égalité est un état artificiel qui demande à être constamment entretenu d’une manière artificielle. Les hommes ne sont pas égaux par définition.

    Gustave Le Bon : Si la jalousie, l’envie et la haine pouvaient être éliminés de l’univers, le socialisme disparaîtrait le même jour.

    Kandel : L’égalité, au sens « des socialistes », ne peut exister, pour des humains, que dans une situation de misère absolue, lorsqu’aucune ressource n’est présente.
    Dans ce sens, le seul exemple d’égalité socialiste serait le suivant : des hommes nus dérivant sur un morceau de banquise qui s’est détaché, et cela par une température de -20 C°.

    Igor Chafarévitch (Le phénomène socialiste):
    Kandel : Si l’on devait résumer en deux mots le livre Le phénomène socialiste de Chafarévitch, ça donnerait cela: le socialisme c’est l’amour de la mort, le capitalisme c’est l’amour de la vie.

    post-script (de Kandel ) : Les hommes nus ci-dessus sont tous de sexe masculin, … en effet, étant en plus un horrible macho, je me refuse absolument d’imaginer des dames dans une telle horrible situation.

    Margaret Thatcher : Le socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine l’argent des autres.
    Le socialisme c’est être généreux être généreux avec l’argent des autres !

    Ludwig von Mises : Le socialisme ne produit rien, il se borne à dissiper ce qu’a créé la société fondée sur la propriété privée des moyens de production. Étant donné qu’il ne peut pas y avoir d’organisation socialiste de la société, toute étape dans la voie du socialisme aboutit à la destruction de l’ordre existant.

    Boukovsky: L’expérience soviétique a permis une conclusion tout à fait inattendue : nous avons pu constater que les biens, la propriété ne sont nullement une valeur matérielle, mais au contraire spirituelle. Pour l’immense majorité, c’est plus exactement un moyen d’expression, de réalisation de soi.

    Boukovsky: Le socialisme est devenu partie intégrante de la mentalité occidentale.

    Boukovsky: Si la loi exige que chaque paquet de cigarettes porte la mention « Le tabac est nocif pour votre santé », pourquoi ne pas proposer un projet de loi qui rende obligatoire de mentionner sur la couverture de chaque livre marxiste : « L’application de cette théorie a entraîné la mort de plusieurs dizaines de millions d’hommes au cours des derniers soixante ans » ? Un tel projet de loi ne serait pas compris, car le marxisme est devenu partie intégrante de la mentalité occidentale.

    Nikita Khrouchtchev aux ambassadeurs occidentaux lors d’une réception à l’ambassade de Pologne à Moscou le 18 novembre 1956 : En fait, la phrase originale fut déformée et sortie de son contexte qui était : « Que vous le vouliez ou non, l’histoire est de notre côté. Nous vous enterrerons. »

    La Nation n° 1936 – 9 mars 2012 : […] La RDA, comme les autres pays du bloc communiste, vivait dans le mensonge, au point de se mentir à elle-même. Un rapport alarmant sur l’état catastrophique de l’économie, remis à Honecker, valut à son auteur la plus sévère réprimande. A l’extérieur, même illusion: l’Allemagne de l’Est passait pour le modèle de la réussite collectiviste, la vitrine du communisme. Lorsque la frontière s’ouvrit, il n’a pas fallu un an pour que tout s’effondre: derrière la vitrine, il n’y avait rien. Sauf, bien sûr, les 90’000 agents de la Stasi et ses 170’000 indicateurs.

    Boukovsky: Il est étonnant qu’après avoir enterré un monstre, l’URSS, on en construise un tout autre semblable, l’Union Européenne.

    Toute l’intelligence du monde est impuissante contre une idiotie à la mode.

    Francis Richard : Le socialisme échoue toujours, quelles que soient les formes qu’il prend, communisme ou social-démocratie, parce que la création de richesses ne se décrète pas, parce qu’elle n’est pas le résultat des stimuli des dépenses publiques, qui ne permettent que de faire plaisir à sa clientèle électorale, parce que seule la liberté économique permet la prospérité.

    Le libéralisme est une anarchie (par exemple Steve Jobs qui débute dans son garage, bien sûr sans aucune subvention ou autre incitation étatique, …, Henri Ford, …., Pasteur, …, Alexander Fleming,…, peut-être toi-même lecteur attentif, …. ) avec le respect des autres et des propriétés.

    Turgot (1727-1781) : Le vrai rôle de l’État: éliminer les obstacles à la liberté et assurer le respect du Droit.

    Jean Jaurès : Le courage c’est de rechercher la vérité et de la dire.

    Jean-François Revel : L’idéologie, c’est ce qui pense à votre place.

    Thomas Sowell : Le socialisme ne fonctionne qu’au paradis, où l’on peut s’en passer, et en enfer, où on l’a vraiment.
    Charles Gave : On ne peut être à la fois intelligent, socialiste et de bonne foi.

  3. Posté par Pierre H. le

    Il faut fusiller, tuer, génocider, sulfater, exterminer tant qu’il faut, tant que ce sera nécessaire, même s’il ne reste plus âme qui vite, comme ça on pourra enfin appliquer les préceptes socialistes tellement en harmonie avec la nature humaine !!!

  4. Posté par KANDEL le

    Alors, les petits crétins, la cause est entendue, il s’agit maintenant de payer l’addition !
    Petits crétins vous avez adulés, portés joyeusement des effigies de ce salaud de Che Guevara qui a exécuté, torturé odieusement des hommes dont le seul tort était de s’opposer à cette ordure qui a semé la mort, la misère avec cette autre ordure de Fidel Castro !
    Petits crétins comment réparer le mal odieux que vous avez joyeusement perpétués ?
    Voici la marche à suivre pour les repentis sincères et courageux.

    1. Détruire toutes les effigies de cette ordure de Che Guevara, y compris tous ces immondes tee-shirts.

    2. Aborder tous les petits crétins qui portent de tels tee-shirts et leur ouvrir les yeux.

    3. Ne perdre aucune occasion de rétablir la vérité lorsque vous entendez des discours élogieux concernant cette ordure de Che Guevara.

    4. Si tu es un repenti sincère et courageux, mets un mot sur ce site indiquant ton nom, prénom et ton repentir en quelques mots, cela pourra peut-être amener d’autres petits crétins à suivre ton exemple.

    5. Jean Ziegler est un personnage abject qui a fait l’éloge de cette ordure de Che Guevara et qui, à ma connaissance, ne s’est jamais repenti de cet acte criminel (il a fait beaucoup de mal à l’UNI en remplissant le crâne (on ne peut pas parler de cerveau, ce sera insultant pour cette merveille de la création) de jeunes crétins trop moutons pour avoir la dignité de devenir des hommes libres et de penser par eux-mêmes.
    Sache que Ziegler est un vulgaire petit bourgeois, qui a trompé sa femme comme il se doit (on peut le dire car il l’a confessé publiquement), qui a suivi les modes du moment (Stalinisme, marxisme (cette sombre crétinerie sur laquelle des générations de moutons se sont jetés pour l’adorer malgré les centaines de millions de morts (directs et indirects) qu’il a engendré), maoïsme (l’horreur absolue, pauvres, pauvres Chinois), etc…).
    Repenti sincère et courageux, pour prendre conscience de l’ignominie de Ziegler, lit « Une Suisse insoupçonnée » de Victor Lasserre et la malhonnêteté de Ziegler te dégoûtera à tout jamais de cet ignoble petit bourgeois.

    6. Repenti sincère et courageux, si en plus tu es intelligent et que tu recherches sincèrement le juste, le vrai, le bon, va sur le site suivant et lit ce traité complet d’économie politique.

    http://bastiat.org/fr/harmonies.html

    7. Et maintenant, sois un HOMME (ou une DAME) et apprend à penser par toi-même !
    Au diable toutes les modes intellectuelles.

  5. Posté par Jan Marejko le

    Excellent rappel de ce qu’a été le Che. Il est hélas loin d’avoir été le seul dans la catégorie « homme de mort », mais il est vrai que son élévation au rang de figure christique est quelque chose de stupéfiant. Kandel n’a pas tort de rappeler le culte idolâtre voué à Hitler. Sans ce culte, il n’aurait rien pu faire.

  6. Posté par Pierre-Henri Reymond le

    Je ne saurai blâmer les jeunes crétins, même si je n’ai jamais goûté la tronche d’angelot de ce barbu, sans savoir pourquoi. Mais que dire de ceux qui ont doré l’icône. Maintenant je sais, je sais même deux fois ! Car une information inédite a précédé cet article.
    Vous souvenez-vous de ce colonel dont je vous ai parlé ? Il a servi, au sein du deuxième régiment étranger parachutiste, sur presque tous les théâtres de guerre des monde. Il a rencontré Fidel Castro, mais n’en parle pas. Par contre, du Che, il s’est exprimé ainsi: « une ordure, il torturait les prisonniers….. ». Les points de suspension expriment le soupir qu’il a poussé après avoir exprimé cela.

  7. Posté par KANDEL le

    « La Face cachée du Che »
    Mais non, le Che n’a qu’une, et une seule, face, un petit monstre totalitaire digne de Staline, Mao, Ceausescu, Fidel Castro, etc… ET CETTE FACE N’EST NULLEMENT CACHEE.
    Ce sont uniquement les innombrables petits crétins de chez nous qui l’idéalisent, comme d’autres crétins (Sartre, Ziegler, …) à d’autres époques ont idéalisé ces monstres qui sont tous des immondes assassins/tortionnaires/tyrans totalitaires/ennemis de l’humain présent en tout homme libre.
    Honte à tous ces jeunes crétins de chez nous qui ne valent rien de plus que ceux qui, à l’époque, ont adulés Hitler et son régime.
    Le caractère primordial d’un homme libre c’est de savoir penser par lui-même, … suivre la mode du moment, n’importe quel mouton (journaliste compris bien sûr) d’un troupeau est capable de le faire !

    PS: l’histoire récente a donné magistralement raison à Madame Suzanne LABIN qui disait avec force: « Le communisme doit détruire la liberté partout sinon la liberté le détruira chez lui. »

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