Pour le contributeur du Nouvel Obs, Béchir Bouderbala, « citoyen engagé », français et musulman, le ramadan est un moment de joie souvent rompu par la méconnaissance qu’ont ses concitoyens de sa religion.
On est 5 millions de musulmans dites-vous ? Alors cette ligne communautariste, je la dédie à ces musulmans tous très différents mais qu’on met dans une même catégorie à longueur de débats. Et si on utilisait notre nombre et notre prétendue unité pour faire pression dans le bon sens ? J’aimerais bien qu’on s’accorde tous pour dire qu’on ne votera pour aucun candidat à la présidentielle ou aux législatives qui ne nous aura souhaité bonne fête de l’Aïd.
Ne pas souhaiter une fête, ça peut arriver à tout le monde. Mais le problème soulevé est bien plus large… D’apprendre qu’un futur (peut-être) président de la République n’a pas lu le Coran est une aberration.
La société française de 2016 souffre d’un retard culturel immense sur ces questions parce que les « Textes fondateurs » lus au Collège ne sont pas complets, que la différence est toujours considérée comme une faiblesse. J’ai énormément d’amis qui me posent des questions, chaque année sur le ramadan, les deux fêtes de l’Aïd. Force est de constater qu’un étudiant en droit à la Sorbonne n’est, face à ce sujet, pas mieux placé qu’un éditorialiste bien connu ou qu’une caissière à Monoprix.
Comment voulez-vous qu’un musulman français se sente Français ? Moi, aujourd’hui, je me sens pour une fois honteux d’appartenir à une nation qui ne reconnaît pas nos différences et qui se morfond dans une régression amère, dans une forme de médiocrité et une insuffisance intellectuelle. Ce n’est pas grand chose, en réalité… Ne pas souhaiter une fête, ça peut arriver à tout le monde. [...]
