Accident de personne

Stéphane Montabert
Suisse naturalisé, Conseiller communal UDC, Renens

Les pendulaires ont dû prendre leur mal en patience à plusieurs reprises depuis la rentrée.

Ces semaines ont été des semaines comme les autres sur le réseau ferroviaire romand: retards plus ou moins justifiés, trains annulés sans aucune raison, composition réduite (lutte sans merci pour les places assises à la clef), dérangement à la ligne de contact, et parfois le fameux Accident de personne.

train,suicide

La formule n'est pas nouvelle, elle remonte à 2006.

Il faut appeler un chat un chat, explique Jacques Zulauff, [à l'époque] porte-parole des CFF pour la Suisse romande. En faisant passer les suicides pour des incidents d’exploitation, nous passions pour des incompétents. Nous devions endosser la responsabilité de pannes qui n’en étaient pas. Et puis, dans la société, on parle aussi plus facilement de ce sujet, d’où notre nouvelle formule. Parler d’«accident» tout court aurait pu trop inquiéter, en faisant craindre un déraillement. «Accident de personne» convient mieux.

À part qu'il ne s'agit nullement d'un accident.

La ligne Genève-Lausanne est particulièrement sujette à perturbations, la faute à une infrastructure saturée à cause de la hausse de population de l'arc lémanique, elle-même conséquente à la libre-circulation des personnes - une vérité simple que personne n'ose énoncer. La surcharge concerne d'ailleurs toutes les infrastructures de transport et pas seulement les voies de chemin de fer. Mais celles-ci souffrent d'une vulnérabilité particulière.

Sans possibilité de contournement, chaque incident d'exploitation débouche sur des retards et des annulations de trains, piégeant à chaque fois des milliers de personne en transit. Outre la perte collective de dizaines de milliers d'heures, certains passagers souffrent de conséquences beaucoup plus graves, comme de rater un vol à l'aéroport de Genève. Même une marge confortable ne suffit pas ; il n'est pas rare que la moindre panne entraîne des perturbations durant plusieurs heures. Un "record" de 12 heures fut atteint lors du "jour noir" du 22 août à cause d'un dérangement à la ligne de contact sur La Côte, doublé d'un "accident de personne" à la hauteur de Rolle. Les CFF ne sont pas responsables des suicides sur les voies, mais les "interventions de tiers" ne sont à l'origine que de 12% des retards.

Toutefois, depuis cette pénible rentrée les CFF semblent prêts à réagir:

Onze points noirs ont été localisés, des «black spots» à «forte densité d’événements». Quatre entre Villeneuve et Lausanne. (...) Les sept autres lieux se situent entre Lausanne et Genève. Ce sont tous des endroits où des accidents de personne sont enregistrés. Les CFF veulent tous les protéger. (...)

L’idée des CFF, validée par des mécaniciens qui connaissent le terrain, est de dresser du treillis le long des onze sites délicats. Les barrières feront 1,20 mètre de haut dans la région de Lavaux, 2 mètres entre Lausanne et Genève. En tout, ce ne sont pas moins de 5 kilomètres de voies qui seront sécurisés. Coût des travaux qui pourraient avoir lieu entre mars et mai 2019: un peu plus de 1 million de francs. En attendant, des mesures urgentes sur deux tiers de ces sites seront prises, et cela avant la fin de l’année.

Des voix se sont élevées pour questionner sur le risque de report des accidents de personne en pleine gare, sous les yeux des autres usagers. D'après un responsable, "Une étude conclut que ce risque n’est pas avéré."

Reste que certains sites semblent particulièrement accidentogènes, et les voyageurs bloqués se livrent à leur petite enquête:

Un [pendulaire valdo-genevois] relate qu’il a entendu dans le train lundi soir: «C’est la faute de La Métairie à Nyon, qui se trouve tout près des voies», voix accusant la clinique de psychiatrie et de psychothérapie bien connue. Il est vrai que les usagers de la ligne Lausanne-Genève ont l’impression que «ces suicides se produisent souvent entre Coppet et Morges». Le constat est «partagé», dit-il, que «ça devient gentiment insupportable». Personnellement, rien qu’en 2018, il dit avoir «eu droit à un suicide à Cornavin, un à Neuchâtel, un à Morges, et deux ou trois vers Nyon-Gland».

Si l'hypothèse est correcte, quelques grillages devraient alors sensiblement améliorer la situation. Mais quels que soient les obstacles posés, et contrairement à ce qu'affirment tant les CFF que les médias, le nombre de suicides est en constante augmentation. Les discours se veulent rassurants mais, si on les prend sur une période suffisamment longue, les chiffres montrent une progression relativement limpide:

train,suicide

Depuis 2012, pas une année avec moins de 140 morts sur les voies. Ils n'étaient que 90 en 2005 à choisir de mettre fin à leurs jours de cette façon. Il est difficile de trouver des chiffres fiables avant cette date, la régie fédérale ne distinguant alors pas les suicides d'autres décès comme des accidents de chantier.

Indépendamment des retards et de la gêne occasionnée, choisir de mourir sur les rails est la marque d'un profond désespoir, jeté à la face du conducteur de train et des milliers de personnes qui en seront affectées.

Combattre les retards est une chose, mais la hausse du nombre de suicides indique clairement que la Suisse ne va pas bien.

Stéphane Montabert - Sur le Web et sur LesObservateurs.ch, le 11 septembre 2018

4 commentaires

  1. Posté par Leuqores le

    Les »cliniques » cery, métairie, yverdon etc etc font des expérimentations sur les humains. Il faut les dénoncer. Sont des criminels tout court.

  2. Posté par Lescerfsvolants le

    La Suisse chasse ses citoyens. C’est une évidence. La psychiatrie, c’est grande poubelle , arrange les choses. Après des décennies de travail , il arrive un imbécile ( lire psychologue ou psychiatre) qui te met un plafa ou la tutelle. Soi-disant,ils se soucient pour ta santé. Non pas de tout. Ils ont program financé federalment. S’emparer des biens d’autrui. La psychiatrie et la psychologie ces 2 grands mensonges de notre époque doivent être mises à l’index. Leurs « praticiens » jugés pour des crimes contre l’humanité. Cela suffit que par nos assurances on engraise des cochons sans scrupules. C’est eux qui manipulent notre société. Des racailles. On devrait leur construire un goulag. À part eux même et leur clans d’intérêt , ils s’en foutent de tout.

  3. Posté par Dominique Schwander le

    L’Europe est le continent avec la densité de population la plus élevée.
    La Suisse est le pays d’Europe avec la densité de population la plus élevée.
    Cela n’empêche pas que des Suisses imbéciles, leurs élus médiocres et leurs médiocres médias se félicitent que la population ait augmentée dans le Chablais (dans le Poubelliste valaisan évidemment), et ailleurs.
    Nous récoltons sur la route, dans les trains et en urbanisation ce que ces imbéciles ont semés.
    Patriotes suisses réveillez-vous. Faites des enfants mais fermons nos frontières, sauf à ceux qui sont vraiment éduquées, dont nous avons vraiment besoin et qui apportent vraiment à notre pays.
    L’Afrique aux Africains.
    Les pays musulmans aux musulmans.

    La Suisse aux Suisses.

  4. Posté par Derek Doppler le

    Les Jeunes Marxistes ou une Verte quelconque n’ont pas encore proposé de taxer le suicide ou d’interdire les rails?

Et vous, qu'en pensez vous ?

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