Les ONG Sea Eye, Save the Children et MSF ont annoncé ce week-end qu’elles suspendaient leurs opérations de « sauvetage en mer » au large de la Libye. D’autres devraient suivre car le général libyen Abdelhakim Bouhaliya, commandant de la force navale du gouvernement de Tripoli dirigé par Fayez el-Sarraj, a annoncé que la Libye étendait sa zone de recherche et de sauvetage à 180 km de ses côtes, conformément à ce que lui permet le droit international. Aucun navire ne peut plus pénétrer dans cette zone pour des opérations de sauvetage sauf demande expresse des autorités libyennes, et si des ONG y récupèrent des clandestins, elles devront désormais les remettre à la Libye.
Plus que les menaces dont les trois ONG disent avoir été victimes de la part des garde-côtes libyens, c’est sans doute cette perspective qui les pousse à suspendre leur service de récupération des candidats à l’immigration illégale dans les eaux territoriales libyennes ou à proximité. Le chef du projet de « recherche et sauvetage » en Méditerranée pour MSF, Michele Trainiti, l’a expliqué au journal italien La Stampa : cette nouvelle zone libyenne menace « les ONG qui ne veulent pas coordonner [leurs opérations] avec la Libye ».
Parallèlement, on apprenait dimanche du quotidien Il Fatto Quotidianno que l’enquête conduite par le parquet de Catane, en Sicile, à l’encontre des ONG portait non plus seulement sur le comportement de certains membres des équipages des navires européens, mais sur l’hypothèse d’une collaboration organisée de ces ONG avec les passeurs « aux fins de favoriser l’immigration clandestine ». Parmi les ONG concernées, il y a notamment l’organisation allemande Jugend Rettet dont le navire Iuventa a été mis sous séquestre le 28 juillet dernier à Lampedusa sur décision du procureur de Trapani.
Il Giornale publiait dimanche sur son site internet le témoignage de Lucio M., un ancien policier italien engagé avec une entreprise de sécurité privée à bord du navire Vos Hestia de Save the Children en septembre-octobre 2016. Lucio M. a assisté lors de transbordements d’immigrés illégaux du Iuventa au Vos Hestia à la collaboration active des deux organisations avec les passeurs libyens, qui étaient présents pour livrer les immigrants et récupérer leur embarcation. Sur les 40 jours passés à bord du navire de l’ONG, l’ancien policier affirme n’avoir jamais assisté au sauvetage de personnes se trouvant en danger de mort. Ce témoignage vient confirmer les rapports remis par Luca B., un policier infiltré en mai-juin à bord du Vos Hestia, et dont les photos prises secrètement ont permis la mise sous séquestre du Iuventa.
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