Libye : bloquer l’immigration

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Tandis que Bruxelles multiplie les gesticulations vis-à-vis de l’Autriche et du Groupe de Visegrad pour imposer la redistribution des immigrants arrivés illégalement en Grèce et en Italie, Rome s’emploie à bloquer les flux migratoires à la frontière méridionale de la Libye. C’est ainsi qu’un accord a pu être signé le 31 mars dans la capitale italienne entre les deux principales tribus qui tiennent cette frontière avec le Tchad et le Niger : les Toubous et les Arabes de la tribu d’Awad Souleiman. Cet accord fait suite à un autre récemment paraphé avec les Touaregs présents dans le sud-ouest du pays, et à encore un autre signé par les maires des dix principales villes de la région du Fezzan. Le gouvernement d’entente nationale libyen, reconnu par l’ONU et basé dans la capitale Tripoli, était lui aussi représenté lors de la signature de cet ultime accord le 31 mars à Rome. La paix signée sous l’égide de l’Italie pourrait permettre d’arrêter enfin l’afflux de ces immigrants africains qui cherchent à tout prix à rejoindre la côte où les attendent les bateaux des ONG européennes. Toutes ces tribus étaient en effet en conflit depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011.

Interviewé le 3 avril par le journal Corriere della Sera, le représentant de la tribu Toubou (qui compte environ 200 000 âmes) présent le 31 mars à Rome explique : « Depuis la chute du régime de Kadhafi, plus aucune force ne contrôle la frontière. Celle-ci est ouverte. Pour beaucoup d’entre nous, faciliter le passage [des migrants] est un moyen de gagner notre vie. 15 % des adultes travaillent dans le trafic des migrants. C’est la première source de revenus. […] Les passeurs vont au Niger, ils font traverser la frontière aux migrants et les emmènent vers le nord, jusqu’à Sebha. La route est segmentée en fonction des tribus qui contrôlent les différentes zones. De Sebha, d’autres se chargent des migrants. Mais si des aides au développement arrivent, nous sommes prêts à arrêter complètement le transit. Plus personne ne passera. » Cela ressemble fort à un chantage, mais Mohamed Haay Sandu s’en défend. Il explique qu’avec la guerre civile, l’économie locale s’est effondrée et les habitants n’ont tout simplement pas d’alternative à l’activité de passeurs. C’est d’ailleurs pourquoi l’accord signé à Rome prévoit un plan d’investissement de l’Italie et de l’UE dans le sud de la Libye afin d’y relancer l’économie et de mettre fin à la misère et au chaos semés par le duo français, Sarkozy-Fillon, en bombardant la Libye et en faisant tomber le colonel Kadhafi en 2011.

Parallèlement à ces accords avec les tribus du sud, l’Italie cherche à renforcer les moyens de surveillance côtière du gouvernement de Tripoli : à partir du mois de mai, les 90 garde-côtes libyens formés en Italie et les dix vedettes rapides confisquées en 2011 – et que Rome a promis de restituer – devraient être opérationnels. Il y a urgence, car en attendant que toutes ces nouvelles mesures fassent effet, l’immigration illégale continue de plus belle avec déjà près de 25 000 clandestins débarqués en Italie cette année, un chiffre en augmentation de 30 % par rapport à l’année dernière.

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