Comment le gouvernement manipule la démocratie directe pour obtenir le résultat qu’il veut

Par Ava Lon

Suissesse naturalisée, vivant à l’étranger

 

Les Suisses ont un point très sensible : leur porte-monnaie.

J’ai remarqué depuis assez longtemps qu’en Suisse, comme ailleurs en Occident, cela n’a plus aucune importance quel est le nom du parti au pouvoir : il est toujours à gauche.

Malgré ça, ou à cause de ça, je ne rate jamais une occasion de voter par la poste, chaque fois que la Suisse vote. Je le fais parce que j’ai le souci de la Suisse, ce pays qui m’a ouvert ses portes.

Les Suisses savent deux choses : primo que les dettes doivent finalement être remboursées, secundo, qu’il n’existe pas d’argent du gouvernement ou même d’argent du contribuable, mais seulement leur argent. La sueur de leur front.

Les politiciens gauchistes de tous les partis (sauf un, oui, celui que les médias appellent qualifient d’extrême-droite, raciste, xénophobe et ignorant) sont très contrariés par les démocratie directe. Ils aimeraient tellement rivaliser avec des personnes merveilleuses et généreuses comme Angela Merkel ou François Hollande, si promptes à partager ce qui n’est pas à eux – « leur pays – avec tous ceux qui ont envie d’y immigrer. Or fatalement les Suisses vont devoir voter sur cette question, comme ils votent sur tant d’autres choses.

Mais voilà, les Suisses, comme leur fameux parti xénophobe, ne savent pas ce qui est bien pour eux. Cela fait un moment que les politiciens se sont attelés à résoudre ce problème. Mais ayant constaté l’impossibilité d’éliminer les référendums et la démocratie directe, ils ont dû chercher ailleurs. Ils se sont penchés sur les questions qui sont posées aux citoyens lors des votations. Si on faisait des questions qui embrouillent le citoyen ? Avec des doubles négations, pour qu’on ne sachent plus ce que veulent dire le « oui » et le « non » ? Ou si la question ne mettait pas l’accent sur le vrai sujet, mais sur le coût ? Les Suisses sont si attentifs au prix de tout ce qu’ils paient. Ils aiment avoir les moyens de ce qu’ils achètent, et ils détestent actionner la planche à billets pour faire passer leur pays pour plus riche qu’il n’est. Étonnant, non ?

Alors voilà comment ils ont fait. Il y a quelques semaines, ils nous ont demandé si nous voulions raccourcir la procédure d’asile. Ça avait l’air bien, et le cahier envoyé à chaque citoyen avec le matériel de vote expliquait que cela reviendrait moins cher aux contribuables si la loi exigeait que les demandes d’asile soient traitées en trois mois au lieu d’une année.

« Voulez-vous cela ? » nous demandait-on. « Bien sûr ! » me suis-je dit : « Il y aura moins de repas à payer, moins d’électricité, moins de tout, et ils seront fixés sur leur avenir plus tôt. Fantastique ! » Et j’ai voté « oui ». Quelle conne ! J’étais tombée dans le piège. Et la plupart des votants aussi, comme je l’ai vu le lendemain. Nous avons voté oui. Vous savez ce que cela veut dire ? La nouvelle se répandra partout que la procédure suisse est très rapide. Et les foules se dirigeront vers nous. Exactement ce que voulaient les « généreux » gauchistes qui ont formulé la question.

Pourquoi n’ai-je pas compris que le sujet important, c’était : quelles sont les conditions pour obtenir l’asile ? Et : les gens qui ont jeté leur passeport (la procédure normale des réfugiés « syriens ») auront-ils droit à l’asile ? Ou encore : leur famille pourra-t-elle les rejoindre ? Qui exactement ? Aussi leurs oncles et leurs tantes ? Toutes leurs femmes ? (je ne dis pas « leur quatre femmes », car en « Syrie sub-saharienne », c’est souvent plus que quatre).

Aucune de ces questions ne m’a effleuré l’esprit. Comme mes concitoyens, j’ai mordu à l’hameçon et, en voulant agir de manière responsable et économe, nous avons en réalité appelé les hordes à venir.

 

 

Résumé/adaptation : Cenator

Article complet en anglais : Gates of Vienna

 

 

4 commentaires

  1. Posté par Myrisa Jones le

    Quand le concept de la « quantité » n’est plus pris en compte dans la réflexion sur le développement d’un territoire fini.

    Il y avait pourtant suffisamment de mots et de phrases alignées, très claires, dans cette propagande de l’Etat! Que ce soit dans les journaux ou dans les discours des politiciens et ce malgré tous les efforts pour en minimiser les conséquences…
    Pour n’en citer que deux: expropriation et avocats gratuits.
    L’expropriation qui ne sera jamais utilisée selon Mme SS…
    Dès lors pourquoi nous faire voter sur un instrument qui ne sera jamais utilisé ???
    C’est suffisamment vicieux comme argumentation pour sentir qu’il y a anguille sous roche.
    Un avocat gratuit est un rêve que la plupart des habitants de ce pays ne peuvent pas s’offrir en cas de difficulté…
    Ceci pour soit disant accélérer les procédures d’asile.
    Néanmoins sans pouvoir pourtant expulser les requérants déboutés parce que leur pays refusent, ou qu’ils n’ont pas de passeport, ou les droits de l’homme ou l’Etat de droit, etc… Sans parler de tous ceux qui deviennent clandestins dès qu’ils ont compris qu’ils n’avaient aucune chance, et au mieux, sont exploités par des employeurs malhonnêtes et sans vergogne s’ils restent ou alors se consacrent à la délinquance pour survivre.

    Cela me rappelle ce que disaient une jeune de la banlieue lyonnaise interviewé sur les cambriolages ou autre attaque de banque ou de guichet automatique: la Suisse est un supermarché où il n’y a qu’à se servir.
    Il en sera de même avec cette révision de l’asile acceptée par cette majorité bien naïve qui fait encore confiance à des politiciens qui roulent avant tout pour des idéaux europâtres dépassés et, par exemple, son dogme pseudo humaniste d’accueil de « réfugiés » majoritairement musulmans et dont la plupart comme par hasard ne viennent pas de pays en guerre.
    Dogmes que l’on peut qualifier d’instruments mis en place pour éradiquer la démocratie des nations européennes, ou ce qu’il en reste.
    La Suisse et son modèle font tache dans ce projet totalitaire et il faut la mettre au pas.
    C’est à cela que servent toutes ces votations manipulées et les menaces continuelles de Bruxelles dès que la moindre velléité d’indépendance et de souveraineté pointe à l’horizon.
    L’accord Schengen, basé sur les mensonges de « couchepanier » et consort, avec la clause guillotine, sert avant tout à ce chantage.

    Vous dites que vous allez lire plus attentivement les fascicules des votations.
    Et bien lisez le contenu des 6 accords bilatéraux utilisés par notre élite politique et l’UE pour nous menacer, si par malheur nous exigeons l’application à la lettre du résultat de la votation contre l’immigration de masse!
    Ils ne font pas le poids face à la centaine d’autres accords signés et l’UE le sait.
    Nous avons clairement les moyens de répondre au coup par coup contrairement à la désinformation abondemment pratiquée dans nos merdias. Surtout en Suisse romande.

    Si dans la vie de tous les jours quelqu’un vous fait du chantage pour obtenir par la force quelque chose que vous ne voulez pas donner, que faites-vous? Abandonnez-vous lâchement votre liberté ou vous battez-vous par conviction quelque soit le prix de la vérité et de votre liberté?
    C’est exactement la question que nous citoyens devons nous poser aujourd’hui.
    Le but final de toutes ces manipulations actuelles est que la Suisse disparaisse en tant que pays et nation pour ne devenir qu’une région européenne sous contrôle économique et politique de Bruxelles.
     » Parce que votre argent nous intéresse et nous savons quoi en faire » répondait Elmut Koll à
    Nicolas Hayek, qui lui demandait pourquoi ils voulaient absolument tous que ce si « petit pays »entre dans l’UE.
    L’immigration de masse européenne et extra européenne sert ce qui n’est autre qu’une colonisation totale du territoire. C’est ce à quoi nous assistons en ce moment avec la bénédiction de notre « élite » politico-économique, bien à l’abri dans sa tour d’ivoire et ses privilèges.
    Alors faites votre choix en conscience.
    Les difficultés économiques promises, à cause d’une Souveraineté défendue comme la prunelle de nos yeux, ne devraient pas nous effrayer. Le Brexit en est la preuve.
    Si nous cédons, nous aurons de toute manière les problèmes économiques et en plus tout le reste, c’est à dire le chaos. Comme nous le voyons dans les pays voisins qui ont perdu leur souveraineté monétaire et politique, et qui doivent obéir à toutes les décisions, les plus stupides et les plus destructrices, les unes que les autres, des « fonctionnaires » bruxellois.
    Les S.S, Burkhalter, Nordmann, et consort, et leurs potes Junker, Schulz, « Con-Bendit », Merkel, Hollande et compagnie peuvent aller se rhabiller!
    Ils sont déjà condamnés par l’Histoire, à défaut de pouvoir être traduit en justice par les peuples.

    A réécouter le discours Godfrey Bloom qui incendie les privilèges que se sont accordés les eurodéputés, (avant la sortie en 2014 du scandale financier Junkerien du « LuxsLeaks » )

    ‪Les gens vont vous pendre et ils auront raison… (parlement européen, 21/11/2013)‬
    https://youtu.be/jbLFo02jlH8

  2. Posté par Marie-France Oberson le

    Mais ayant constaté l’impossibilité d’éliminer les référendums et la démocratie directe, ils ont dû chercher ailleurs.
    Si, si, ils vont finir par y arriver !!On commence par des banderille, des piques et on finit par l’estocade
    http://www.bilan.ch/jan-langlo/linitiative-populaire-a-125-ans-ca-se-voit?utm_source=Bilan.ch&utm_campaign=356b0b8284-Email-opinions-12082016&utm_medium=email&utm_term=0_13557690c7-356b0b8284-305414473
    « il faudrait qu’une initiative populaire rassemble environ 400’000 soutiens.
    Je suppose que vu son parcours professionnel, ce gars-là- qui ne doit jamais avoir participé à une collecte de signatures- ne doit pas être de gauche ;mais pour ce qui est de démolir la démocratie directe afin de faire entrer la Suisse dans « le système », une certaine droite économique et financière n’est pas mal non plus !

  3. Posté par sophie edouard le

    Ce n’est pas nouveau que la gauche ment en tournant les phrases à leur avantage, mais bon qand on a une votation, on lit scrupuleusement les enjeux quand notre avenir en dépend et surtout l’avenir de nos enfants. Les gens ont lu procédures accélérées, mais ne se sont pas demandés pourquoi si on les renvoyait plus vite, donc moins de migrants, on nous imposait aussi des expropriations pour construire de nouveaux centres sans que nous puissions faire opposition à la saisie de nos biens ni pourquoi diable on devait payer des avocats aux migrants alors que la plupart des Suisses n’ont en pas les moyens, et comment il était possible que défendus par des avocats les procédures pouvaient être accélérées. Je veux bien qu’on soit manipulé, mais là fallait vraiment faire preuve d’un QI d’huitre pour tomber dans le panneau !

  4. Posté par Jean B le

    Merci Ava Lon !

    Désormais j’étudierai les ‘dossiers’ des sujets sur lesquels nous votons avec encore plus de circonspection !

Et vous, qu'en pensez vous ?

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