«Bloc-notes : la France, prisonnière de l’ancien monde»
Les Français le hurlent : ils veulent se libérer du socialisme ! Rien n’y fait. Ni la raclée des municipales de mars 2014, ni celle des européennes de mai n’ont fait bouger l’État. Dimanche soir, à peine la troisième débâcle venait-elle d’être...
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Je suis d’habitude assez d’accord avec Yvan Rioufol. Mais cette fois, contrairement à lui, je ne crois pas que les Français (la majorité) veuillent se débarrasser du socialisme. Il est constatable que la carte de France politique est devenue « bleu-roi », mais cela ne signifie pas du tout que la droite d’appareil (nommément l’UMP) soit en état de « convalescence ». C’est toujours le centralisme et l’étatisme -sans parler de la soumission à la technocratie bruxelloise – qui sont à l’ordre du jour dans ce parti où l’on ne compte pas de libéraux (ou alors ils sont bien cachés). Le vote récent n’était qu’une « alternative », comme l’a dit Sarkozy, mais pas au socialisme dont l’UMP partage les options fondamentales, simplement au style de gestion du parti socialiste. La nuance est de taille ! Ajoutons que 25% des électeurs qui se sont exprimés au premier tout ont porté leur option sur le troisième parti, le FN, qui, mis à part le patriotisme que l’on peut inscrire à son actif, ne diffère guère des deux autres en matière d’économie socialiste et de dirigisme. La vérité est qu’il n’y a pour le moment pas d’alternative, puisqu’il n’existe pas de puissant mouvement libéral.
C’est que les Français sont tombés dans l’étatisme comme Obélix dans la potion magique. Leur unique horizon est l’État, dictateur de l’économie, protecteur, spoliateur et redistributeur. Ils ne voient pas que ce système a dépassé les limites de ses conditions d’existence, est devenu complètement obsolète. Alors ils veulent le retour impossible au statu quo ante.
N’en doutons pas : nous sommes au fond de la piscine, mais il est à craindre que trop de gens chercheront encore à creuser plus profond. Condamné par l’Histoire, le socialisme finira par disparaître, mais les Français (la majorité) seront contraints par la vie à entériner cette disparition. Ils ne le feront pas de bon coeur.
Á moins que l’idée libérale ne fasse son chemin rapidement. Mais il est difficile de guérir l’autisme politique.