Avortement: négation de la dignité humaine des embryons humains

Lors d'une interview à Forum, Anne-Marie Rey, membre du comité Non à toute attaque du régime du délai!, ancienne présidente de l'Union suisse pour la dépénalisation de l'avortement, militante acharnée et sorte de faiseuse d'anges 2.0, a levé un coin du voile de l'idéologie réelle qui la motive; idéologie censée défendre le "droit des femmes" à éteindre la vie qu'elles portent en elles. Une vie qui est, le plus souvent, celle d'une autre femme en devenir.

 

Face à Valérie Kasteler, co-présidente du parti évangélique genevois et co-présidente du comité d’initiative pour la fin du remboursement de l’avortement, qui rappelle (dès 04:20) un arrêt de la Cour européenne de justice d'octobre 2011 sur les cellules souches, Anne-Marie Rey s'enflamme pour contester la moindre reconnaissance d'une dignité humaine digne de protection. Le grand problème d'Anne-Marie Rey, accepter de reconnaître le caractère humain à tout ce qui est humain mais n'a pas encore d'air dans les poumons. On est au XXIè siècle, à l'ère des échographies 3D, confrontés à une secte de vieilles dames du siècle dernier qui nous assurent, contre toute évidence scientifique, qu'il n'y a rien d'humain ni de vivant dans le ventre des mères et parlent sans rire d'"avancée" quand il s'agit de revenir à des moeurs qui n'étaient plus pratiquées légalement depuis la décadence de Rome, et de "retour en arrière" quand il s'agit de faire acte de civilisation, de reconnaître ce que l'observation scientifique ne permet plus de nier - soit la présence d'un être, humain, vivant, sensible, capable de souffrance, dans le sein maternel -, et de correspondre au préambule de notre Constitution qui rappelle fort opportunément "que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres."

"J'ai étudié ce jugement", martèle Anne-Marie Rey, "ce n'est pas ça du tout", comprendre il ne garantit pas le respect de la dignité humaine de l'embryon.

Le jugement est disponible en ligne, qui dit ceci:

"Constituent un «embryon humain» au sens de l’article 6, paragraphe 2, sous c), de la directive tout ovule humain dès le stade de la fécondation, tout ovule humain non fécondé dans lequel le noyau d’une cellule humaine mature a été implanté et tout ovule humain non fécondé qui, par voie de parthénogenèse, a été induit à se diviser et à se développer.

[...] Considérant que le droit des brevets doit s’exercer dans le respect des principes fondamentaux garantissant la dignité et l’intégrité de l’Homme; qu’il importe de réaffirmer le principe selon lequel le corps humain, dans toutes les phases de sa constitution et de son développement, cellules germinales comprises, ainsi que la simple découverte d’un de ses éléments ou d’un de ses produits, y compris la séquence ou séquence partielle d’un gène humain, ne sont pas brevetables."

Madame Rey a sans doute mal étudié... Une habitude récurrente chez Anne-Marie Rey qui, en 2002, lors de sa campagne sur la solution des délais, ne s'est fondée que sur une seule étude, celle du  Prof. Heinrich Stamm, basée sur des chiffres remontant à il y a près de 50 ans et vertement contestés par l'ensemble de la profession, ou qui encore, en 2003, a fourni des "estimations" du nombre d'avortements à l'Office fédéral de la statistique sur la base de chiffres dont elle ne pouvait disposer pour la simple et bonnes raisons qu'ils n'existaient pas encore...

En Suisse, grâce à l'action de personnes comme Anne-Marie Rey, l'on peut avorter jusqu'au neuvième mois en cas de "détresse profonde", notion totalement vide de sens juridiquement. Aux environs de 2003-2004, si notre mémoire est bonne, le Prof. De Grandi, chef du service de gynécologie du CHUV, reconnaissait, lors d'une conférence dans les locaux mêmes de l'hôpital, avoir effectué des avortements au sixième mois. "Il y a une demande", avait-il déclaré, "il faut la satisfaire".

En Suisse, encore, les embryons bovins font l'objet de plus de protection que les embryons humains en ce qu'ils sont... commercialisables. Aller de l'avant sur la reconnaissance de la dignité du vivant humain, "un retour en arrière" pour les militants de l'avortement dont on commence à mieux saisir la situation sur la ligne chronologique du progrès de l'humanité.

Le mot de la fin d'Anne-Marie Rey: "Un être humain n'est pas encore une personne humaine"... voilà qui fleure dangereusement le "retour en arrière." A qui revient-il de déterminer cela ? Certainement pas à Anne-Marie Rey !

 

RTS Forum 29.12.2013

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