Dans un rapport d’une trentaine de pages, révélé par Le Figaro, l’ONG European Union Watch (EU Watch) dénonce l’inaction persistante du Parlement européen face aux diverses prises de position de l’eurodéputée LFI Rima Hassan depuis son élection en 2024. L’ONG s’inquiète notamment de déclarations en lien avec le Hamas et ses actions, dans un contexte de forte tension autour du conflit israélo-palestinien, qui a renforcé la visibilité et la polémique autour de ses interventions. L’élue est par ailleurs convoqué le 7 juillet prochain devant les tribunaux français pour répondre d’accusations d’« apologie du terrorisme », mais également le 16 septembre pour « apologie publique de crime ou de délits » et « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou délit ».
Des alertes répétées restées sans suite
L’ONG affirme avoir recensé à ce jour « 21 faits matériels publics » et considère que ces éléments s’inscrivent dans une « dynamique traçable dans le temps ». EU Watch souligne surtout que le Parlement européen n’a engagé aucune réponse institutionnelle cohérente face à cette accumulation. Selon Samuel Madar, directeur de l’ONG, ce rapport vise moins à cibler directement Rima Hassan qu’à mettre en lumière le « silence parlementaire.»
Dès août 2024, plusieurs eurodéputés avaient déjà exprimé leurs inquiétudes après plusieurs prises de position de la nouvelle élue. Ils avaient notamment relevé sa participation à une manifestation en hommage à Ismaïl Haniyeh, chef politique du Hamas tué fin juillet dans une frappe israélienne. Ensuite, ses déclarations refusant de qualifier l’attaque du 7 octobre de « terroriste ». Ces députés avaient alors adressé un courrier à la présidente du Parlement européen afin de demander l’ouverture d’une enquête. Cette initiative est restée sans suite. Deux mois plus tard, d’autres propos de l’élue, notamment sur la « légitimité de la résistance armée » du Hamas ou sur la situation à Gaza, ont également suscité des réactions politiques, toujours sans déclencher de procédure disciplinaire à Strasbourg.
Le silence du Parlement pointé du doigt
Pour EU Watch, cette absence de réaction constitue un problème central. L’ONG estime que si le Parlement européen est parfois capable d’agir dans d’autres situations disciplinaires, ici il se limite à l’inaction sans en expliciter les raisons. Elle dénonce ainsi une asymétrie : « Le Parlement explique pourquoi il réagit, mais pas pourquoi il ne réagit pas ».
Le rapport insiste également sur un point de bascule intervenu lorsque les déclarations de l’eurodéputée ont dépassé, selon l’ONG, le registre de la simple critique politique pour entrer dans une forme de légitimation de la violence. Il évoque notamment des propos dans lesquels Rima Hassan affirme que « détester Israël est signe de bonne santé mentale et militante ».
Malgré cela, le Parlement européen n’a ni ouvert d’enquête disciplinaire, ni engagé de procédure de levée d’immunité parlementaire. Une absence de réaction d’autant plus remarquée que certaines prises de position ont été suivies de controverses politiques ou de tensions médiatiques importantes. L’ONG estime que « le silence de l’institution devient un fait », considérant que la répétition des déclarations finit par dépasser le cadre de la liberté d’expression parlementaire classique.
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