Trop, c’est trop : recentrons la SSR

 

Destruction de la Suisse, anéantissement de la démocratie, disparition de la cohésion nationale… à entendre certains, notre pays ne survivrait pas à une redevance fixée à 200 francs. Comme si la Suisse, forte de ses institutions, de son fédéralisme et de sa démocratie directe, n’existerait que grâce à la redevance la plus chère du monde. Mais là encore, personne n’est dupe. Ce qui est excessif est insignifiant.

Aujourd’hui, la redevance rapporte à la SSR près de 1.3 milliard de francs par année. Demain, avec l’initiative, elle disposerait encore d’environ 800 millions de francs. Une somme considérable, qui sera largement suffisante pour financer un service public universel de base, de qualité, dans toutes les langues nationales. En revanche, elle impliquera – et c’est une bonne chose – de renoncer à toute une série de productions coûteuses qui s’éloignent du mandat fondamental et que j’ose qualifier d’absurdes.

Des vacances aux frais de la redevance
En Suisse alémanique, une partie de notre redevance sert à financer des « vacances » en Corée du Sud pour des célébrités, sous couvert d’une émission de téléréalité intitulée Shaolin Challenge. Le concept ? Mettre en scène six personnalités invitées à « surmonter leurs peurs » dans un temple coréen. Le tout pour un coût – excusez du peu – de 96’000 francs par épisode de 40 minutes.

En Suisse romande, ce n’est guère mieux. L’argent de votre redevance est utilisé pour produire des contenus destinés à concurrencer les influenceurs des réseaux sociaux, souvent d’un goût plus que discutable. À titre d’exemple, certaines publications de Tataki se résument à des titres tels que : « C’est OK de péter devant son ou sa partenaire »…L’argent de nos concitoyennes et concitoyens est trop précieux pour être dilapidé de la sorte.

Remettre la SSR sur les rails de sa mission
Cette initiative n’est pas une menace pour la SSR ; elle est une chance. Une chance de se recentrer, de travailler avec davantage de rigueur budgétaire et de se concentrer sur son mandat universel de base : fournir une information fiable, indépendante et de qualité, indispensable à l’expression fidèle de la volonté populaire dans notre démocratie directe.

Tout ce qui relève du divertissement accessoire n’est pas du service public. Ceux qui souhaitent consommer ce type de programmes doivent pouvoir le faire librement mais à leurs frais, et non au prix de la solidarité nationale.

Pour ma part, je dirai OUI à l’initiative populaire. Car une redevance à 200 francs, ça suffit.

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