Avant de m'exprimer sur la mort de Quentin Deranque, j'ai souhaité m'informer sur ce jeune homme, tué puis calomnié par des gens sans honneur, prendre du recul pour ne pas le faire sous le coup de la colère qui m'a saisi, comme beaucoup de Français1, quand j'ai appris ce qui lui était arrivé dans une France qui, de moins en moins, tient les promesses de son baptême.
Le 12 février 2026, Quentin Deranque était tabassé à mort par de lâches barbares, en marge d'une manifestation pacifique organisée par le Collectif Némésis, protestant contre un meeting2 de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le 14 février, il décédait. Le 21 février, une marche blanche se déroulait à Lyon en son hommage. Le 24 février avaient lieu ses obsèques.
Pendant tout ce temps, j'ai pensé avec peine à la peine de ses parents et j'ai prié pour lui et pour eux. Pour lui, pour que son âme repose en paix; pour ses parents parce que, père moi-même de deux garçons devenus des hommes, j'imagine quelle aurait été ma douleur si l'un d'eux était mort, au même âge, surtout dans de telles circonstances, dans un pays soi-disant civilisé.
Le 19 mars, j'aurai septante-cinq ans. Quentin aurait pu être mon petit-fils, dans lequel j'aurais pu me reconnaître. En effet il était catholique de tradition, comme je le suis. Il aimait son pays, comme j'aime la Belgique où je suis né, la France où j'ai vécu la moitié de mon âge, la Suisse qui m'a adopté, où je suis devenu adulte. Il était sportif comme je le suis encore.
Pour justifier son meurtre, il fallait le salir, mentir sur ce qu'il était. Ce pacifique voulait protéger des jeunes femmes qui, comme lui, défendent la civilisation chrétienne et veulent préserver la douce France. Il était donc d'extrême-droite, d'ultra-droite, un fasciste, un nazi, ou un néo-nazi: ses tueurs anti-fascistes devaient en purger la Terre, dans la tradition de la Terreur.
Nombre de ceux qui ont tenté de salir sa mémoire, qui ont menti sur lui, persistent et signent. La marche blanche du 21 février a montré qu'ils avaient tort, car, à de très rares exceptions près, ceux qui ont marché étaient dignes et calmes, respectant la volonté de la famille. D'aucuns ont cependant travesti une fois de plus la vérité, comme si mentir leur était consubstantiel.
Après, ces gens-là ont affiché leur réprobation indispensable du nazisme3. Mais soyons charitables, mettons leurs mensonges sur le compte de l'ignorance: le chrisme est un signe chrétien; La cavalcade, un chant scout; Adieu camarade, un chant de 1809; La ligue noire, un chant commémorant le massacre en 1793 des contre-révolutionnaires lyonnais par la Convention.
Ces calomniateurs, relayés par de grands médias, ignorent de même que nazisme et catholicisme sont absolument incompatibles: le pape Pie XI4 a condamné cette idéologie en 1937 dans son encyclique Mit brennender Sorge, comme il condamnera quelques jours plus tard le communisme, l'autre totalitarisme du XXe siècle, dans son encyclique Divini Redemptoris.
Soljenitsyne disait des menteurs patentés: Nous savons qu'ils mentent. Ils savent qu'ils mentent. Ils savent que nous savons qu'ils mentent. Nous savons qu'ils savent que nous savons qu'ils mentent. Et, pourtant, ils persistent à mentir. Ce matin, à la messe de ce deuxième dimanche de Carême, je me suis permis de prier également pour qu'ils viennent à résipiscence...
Francis Richard
1 - Je suis binational, français et suisse, né en Belgique...
2 - La députée européenne LFI n'est pas une conférencière.
3 - Expression employée par Jean-François Revel dans La grande parade, Plon (2000)
4 - Le fascisme avait également été dénoncé par lui, en 1931, dans son encyclique Non abbiamo bisogno.
Publication commune LesObservateurs.ch et Le blog de Francis Richard

Imaginez la Belgique, la France, l’Europe, dans 5 ans, dans 10 ans…. L’exil comme les jeunes gens du récit romantique à souhaits “les corps indécents” devient petit à petit la seule planche de salut pour notre jeunesse afin d’échapper au pire. On en est là.
Le Matin, toujours plein d’empathie, parle de la victime avec une retenue qui force l’admiration: “le militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque”… rien que ça ! Devons nous parler du Matin comme d’un torchon d’ultra-gauche totalitaire extrémiste ?