Valeurs actuelles. Après s’être interrompue pendant la trêve de Noël, la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public doit reprendre ses travaux très prochainement. Quels en sont les enseignements les plus édifiants ?
Gilles-William Goldnadel. Sur le plan financier, la commission a révélé des privilèges choquants : quatorze semaines de congés payés à Radio France, un salaire moyen de 72 000 euros à France Télévisions, des frais de réception de 1,5 million d’euros pendant le Covid, des chambres à 1 700 euros la nuit à Cannes pour Delphine Ernotte… Sur le plan éditorial, la commission a surtout mis en lumière l’aveuglement des dirigeantes : Sibyle Veil n’a vu aucun problème à ce que le Hamas soit qualifié de « mouvement de libération », ni à ce que des animateurs appellent à « prendre les armes » contre le Rassemblement national, malgré les strictes obligations d’objectivité du cahier des charges.La droite avait, de longue date, abandonné le combat culturel.
Vous faites partie de ceux qui dénoncent depuis de nombreuses années les biais idéologiques de l’audiovisuel public. Comment interprétez-vous la création de cette commission d’enquête ?
Cela montre que la droite a enfin décidé de s’intéresser au combat culturel, qu’elle avait abandonné de longue date. Elle ne livrait pas le combat, pourtant essentiel, contre la mainmise de la gauche sur l’audiovisuel de service public. Le mystère de cette indifférence était total pour moi, d’autant que, lorsque ces responsables politiques se rendaient sur France Inter, ils faisaient preuve d’une obséquiosité particulière, même face à des interlocuteurs qui leur étaient hostiles.Durant les auditions, les représentants de l’audiovisuel public ont nié tout militantisme, cela alors même que les études mettant en avant des biais dans le traitement de l’information politique se multiplient. Comment l’expliquez-vous ?
Il fut un temps où ils considéraient le progressisme comme la norme. La question n’était même pas de savoir si cette ligne était bonne ou mauvaise, elle était simplement la norme. Sibyle Veil pensait qu’il était normal de dire que Radio France est une radio progressiste. Elle avait des circonstances atténuantes, puisque la droite ne faisait aucun effort pour le lui reprocher. Désormais, face aux faits établis, ce déni relève de la pure malhonnêteté intellectuelle : comment peut-on imaginer un instant que Pierre Haski, chroniqueur géopolitique sur France Inter, puisse être objectif à propos de Donald Trump lorsqu’il a reconnu en 2018 avoir été payé par George Soros pour surveiller Internet et éviter une vague populiste lors de la présidentielle de 2017 ? Et comment espérer une objectivité de Nora Hamadi, responsable de la revue de presse depuis septembre, quand elle félicitait Rima Hassan pour ses tweets quelques jours après le 7 Octobre, en les ponctuant d’un “poing final” rageur ?
Le cahier des charges oblige pourtant Radio France à l’objectivité et à la neutralité. Dans les faits, la revue de presse cite abondamment StreetPress, Libération ou Mediapart, mais le Figaro seulement sur des sujets anodins, sans valeur politique essentielle.Jamais, dans l’histoire de l’information, la propagande d’une organisation terroriste n’avait été à ce point relayée.
Au-delà des dirigeantes, quel rôle jouent les syndicats et la société des journalistes dans le maintien de cette ligne éditoriale ?
Il faut comprendre que ces médias sont mis en coupe réglée par les syndicats les plus extrémistes, comme Sud ou la CGT. Quand bien même Delphine Ernotte -Cunci aurait voulu rétablir de l’objectivité sur les antennes de France Télévisions, elle se serait heurtée à ce mur syndical. La société des journalistes (SDJ) fait également la loi de manière quasi soviétique : quand Guillaume Erner ose ne pas dire du mal de Charlie Kirk, figure conservatrice américaine, sur France Culture, la SDJ adresse un communiqué et Erner se retrouve contraint de faire amende honorable. C’est proprement orwellien.Le traitement du conflit proche-oriental par l’audiovisuel publicillustre-t-il particulièrement ces biais ?
Absolument. J’affirme que jamais dans l’histoire de l’information la propagande d’une organisation terroriste n’avait été aussi relayée. Au début, ils donnaient les bilans de la “défense civile” en précisant qu’elle était administrée par le Hamas. Puis, quand Israël a subi le déluge médiatique, ils ont cessé cette précision. Pendant deux ans, ils ont diffusé des bilans de propagande, malgré une mise en garde ferme de l’Arcom. Le mensonge par omission consiste également à focaliser sur Gaza comme si les civils n’étaient tués qu’à cet endroit, en oubliant le Soudan, l’Érythrée ou la Somalie.Peu importe le rapport final ! En publiant, jour après jour sur les réseaux sociaux, les éléments probants des auditions qu’il mène, Charles Alloncle fait un travail de salut national.
Comment expliquer l’union sacrée des médias de gauche contre Charles Alloncle, le rapporteur UDR de la commission ?
Il est dans l’ADN de l’extrême gauche de ne pas supporter ce qu’elle fait subir aux autres. Cette intolérance la définit fondamentalement. La solidarité entre le Monde, Libération et France Inter relève de la cohérence : ce sont les mêmes familles politiques, prises la main dans le sac de la gabegie financière comme des biais politiques.Cette commission peut-elle aboutir à des mesures concrètes, ou bien les révélations resteront-elles sans lendemain ?
Peu importe le rapport final ! Le combat est déjà en passe d’être gagné. En publiant, jour après jour sur les réseaux sociaux, les éléments probants des auditions qu’il mène, Charles Alloncle fait un travail de salut national. Entre cette commission, la catastrophe de celle contre CNews et la mise à nu des comptes de l’audiovisuel public, l’essentiel est déjà accompli.
Vol au-dessus d’un nid de cocus, de Gilles-William Goldnadel, Fayard, 128 pages, 10 €.
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