Le procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des euro-assistants parlementaires se déroulera du 13 janvier au 12 février 2026. Dans ses démêlées avec la justice française, la cheffe de file des députés RN à l’Assemblée nationale vient de se trouver un allié dont il n’est pas sûr qu’il soit le bienvenu.
Le président Donald Trump vient en effet d’affirmer qu’en cas de condamnation de Marine Le Pen, l’administration américaine pourrait prendre des mesures de rétorsion à l’encontre des magistrats qui prononceraient les peines.
Or l’image de Trump dans l’opinion publique française est, à tort plus qu’à raison mais ce n’est pas le problème, on ne peut plus mauvaise. Les Français sont en cela totalement prisonniers du politiquement correct en usage dans la quasi-totalité des médias du pays. Seuls 21% des Français déclarent avoir une bonne opinion du président américain, contre 79% qui en ont une mauvaise opinion, dont 51% une très mauvaise opinion. 85% des Français estiment que Donald Trump ne respecte pas les principes démocratiques, contre seulement 12% qui pensent le contraire. 65% des Français craignent que sa politique soit dangereuse pour la stabilité mondiale. Bref, pour Marine Le Pen, le soutien de Trump est particulièrement encombrant…
Trump ne plaisante évidemment pas. Son annonce fait suite à l’interdiction de visa imposée à Thierry Breton. Six mois plus tôt, ce sont les juges de la Cour pénale internationale qui faisaient l’objet de sanctions.
Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur (2019-2024), est l’un des principaux artisans du Digital Services Act (DSA), le règlement européen qui impose aux plateformes numériques (comme X/Twitter, Facebook, etc.) des obligations strictes de modération de contenus et de lutte contre la désinformation. L’administration Trump considère que le DSA et les actions de Breton constituent une atteinte à la liberté d’expression et une forme de censure visant les entreprises américaines. Les États-Unis accusent Breton d’avoir utilisé le DSA pour « intimider » des plateformes comme X (anciennement Twitter), notamment après l’amende astronomique infligée à Elon Musk pour non-respect des règles européennes.
En Allemagne, l’AfD, autre formation jugée proche des milieux conservateurs américains, a été placée sous surveillance après avoir été considérée comme un danger pour la démocratie. Une décision vivement dénoncée par Washington. « Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie déguisée », avait alors déclaré Marco Rubio au nom du département d’État. La cheffe de l’AfD a fait appel devant le tribunal administratif de Cologne de la classification comme extrémiste de son parti. Si cette dernière venait à être confirmée, les responsables de la formation pourraient être durablement mis au ban outre-Rhin – déclenchant la colère de Washington.
Officiellement, ni Marine Le Pen ni l’AfD ne revendiquent un quelconque soutien américain. Le porte-parole du parti nationaliste allemand a démenti toute demande d’appui. Selon lui, l’initiative viendrait exclusivement de Washington, décidé à défendre des mouvements qu’il estime victimes de « censure ». Depuis Munich, lors de la conférence annuelle sur la sécurité et la défense, le vice-président des États-Unis J.D. Vance a ainsi accusé l’Allemagne d’étouffer la liberté d’expression en marginalisant un parti anti-immigration. Le vice-président américain a entre autres pointé du doigt l’érosion des normes démocratiques en Europe, la censure, la suppression des dissidences et l’exclusion des voix populistes, dénonçant ce qu’il a appelé les « cordons sanitaires » érigés contre l’extrême droite en Europe, appelant à leur suppression.
Henri Dubost
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