Passant cette fin d'année 2025 dans ma maison de Chatou, je n'ai pas sous la main mes deux éditions d'oeuvres complètes de Frédéric Bastiat1, qui est le penseur libéral, avec Benjamin Constant, dont je me sens le plus proche à bien des égards.
Toutefois j'ai ici, en France, acquise il y a quelque dix ans, une édition des Harmonies économiques imprimée par Amazon. Pour terminer l'année 2025, et préparer l'année 2026, je viens de relire deux chapitres, qui sont d'actualité: Guerre et Responsabilité.
Ils sont d'actualité: les hommes de l'État - cette grande fiction par laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde - ont en effet ces temps ces deux mots à la bouche, mais les emploient à tort et à travers pour se donner de l'importance.
Pour ce qui concerne le mot Guerre, j'extrais cette citation:
Un homme (il en est de même d'un peuple) peut se procurer des moyens d'existence de deux manières: en les créant ou en les volant.
Chacune de ces deux grandes sources d'acquisition a plusieurs procédés.
On peut créer des moyens d'existence par la chasse, la pêche, la culture, etc.
On peut les voler par la mauvaise foi, la violence, la force, la ruse, la guerre etc.2
Et cette autre:
Pour produire, il faut diriger toutes ses facultés vers la domination de la nature; car c'est elle qu'il s'agit de combattre, de dompter et d'asservir. C'est pourquoi le fer converti en charrue est l'emblème de la production.
Pour spolier, il faut diriger toutes ses facultés vers la domination des hommes; car ce sont eux qu'il faut combattre, tuer ou asservir. C'est pourquoi le fer converti en épée est l'emblème de la spoliation.
Pour ce qui concerne le mot Responsabilité, j'extrais cette citation:
Quand il a plu à Dieu de créer un être composé de besoins et de facultés pour y satisfaire, ce jour-là a été décidé que cet être serait assujetti à la souffrance; car sans la souffrance nous ne pouvons concevoir les besoins, et sans les besoins nous ne pouvons comprendre ni l'utilité, ni la raison d'être d'aucune de nos facultés - tout ce qui fait notre grandeur a sa racine dans ce qui fait notre faiblesse.
Pressés par d'innombrables impulsions, doués d'une intelligence qui éclaire nos efforts et apprécie leurs résultats, nous avons encore pour nous déterminer le libre arbitre.
Le libre arbitre implique l'erreur comme possible, et à son tour l'erreur implique la souffrance comme son effet inévitable. Je défie qu'on me dise ce que c'est que choisir librement, si ce n'est courir la chance de faire un mauvais choix; et ce que c'est que faire un mauvais choix, si ce n'est se préparer une peine...
Ce ne sont pas réflexions qui sont faites aujourd'hui par les élites. Et pourtant elles devraient guider toutes actions humaines. C'est pourquoi je ne peux qu'émettre ce meilleur voeu singulier pour 2026, à l'intention de mes lecteurs fidèles ou occasionnels:
Lisez ou relisez "Harmonies économiques" de Frédéric Bastiat (1801-1850).
À Chatou, le 31 décembre 2025
Francis Richard
1 - Elles se trouvent l'une et l'autre (un fac-similé de l'édition originale Guillaumin) à mon domicile lausannois.
2 - L'impôt est inclus dans etc.
Publication commune LesObservateurs.ch et Le blog de Francis Richard.

Et vous, qu'en pensez vous ?