Liberté ou tutelle – telle est la question. Réflexions à la fin de l’année, Weltwoche, 31.12.2025, trad.auto.

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Liberté ou tutelle – telle est la question. Réflexions à la fin de l'année

En rétrospective de 2025, les propos du vice-président américain J. D. Vance à la Conférence de sécurité de Munich au début de l'année ressemblent à une devise prophétique. Il a averti les Européens de ne pas saper leur propre liberté; de ne pas restreindre davantage la liberté d'expression, cet élixir vital de la démocratie.

L'année s'est terminée avec l'affaire Jacques Baud, ce colonel d'état-major suisse qui est sanctionné par l'UE pour avoir exercé son droit fondamental à la liberté d'expression. Et elle se termine par des affrontements accrus entre Bruxelles et Washington concernant la liberté d'expression sur le net. Ce que les Européens appellent «régulation», c'est pour les Américains «censure».

L'État prétend installer un ministère de la Vérité comme dans le livre de George Orwell et dicter aux citoyens ce qui est vrai et faux, ce qui est bon et mauvais pour eux – une vision autoritaire, voire essentiellement totalitaire, de la politique qui englobe également la sphère privée et la conscience.

De ce point de vue, une Ursula von der Leyen tourne le dos aux Lumières, que le roi prussien Frédéric le Grand avait également faites progresser en affirmant que chacun devait être sauvé à sa manière. Si cela continue ainsi, il faudra bientôt un nouveau Friedrich Schiller et un nouveau Marquis Posa, qui dans «Don Carlos» demande au souverain absolutiste Philippe II: «Monsieur, donnez la liberté de penser!»

Et la Suisse? Elle aussi est concernée par cette orientation. Tutelle ou liberté, telle est la question.

Ici aussi, des forces sont en progression, qui voient le citoyen libre et responsable plus comme une menace que comme une condition préalable à une démocratie libérale; qui, sous prétexte de lutter contre la «haine et la violence» et la «désinformation», mettent en place un régime de surveillance et de censure moderne, car surtout numérique.

La question de la liberté ou de la tutelle se pose aussi avec une acuité existentielle dans les nouveaux traités européens.

La Suisse doit-elle préserver sa liberté et son indépendance? Doit-elle maintenir sa démocratie directe unique? Ou doit-elle être désormais dirigée par Bruxelles et enterrer sa souveraineté?

Derrière toutes ces bifurcations se cache finalement la décision pour deux conceptions de l'humanité complètement différentes. Voyons-nous l'individu – philosophiquement: le sujet; politiquement: le citoyen – comme un être responsable, capable de liberté et doté de droits inaliénables?

Ou voyons-nous en chaque individu potentiellement un perturbateur, un sujet rebelle, un objet de l'action gouvernementale d'une élite dirigeante, qui doit être dirigé et réprimé par des méthodes autoritaires, afin que les dirigeants puissent régner encore plus effrontément et imposer leur idéologie? Peut-être encore avec une demoiselle Rottenmeier allemande à la tête d'un Comité central européen toujours plus gouvernant et présomptueux?

Malgré toutes les insuffisances concrètes, la Confédération a toujours reposé sur le principe de la liberté du citoyen et de la diversité. Ici, le citoyen est le patron, il a le dernier mot, pas les messieurs et dames des gouvernements et des conseils.

Dans l'UE, c'est généralement le contraire: elle est une structure qui est gouvernée de haut en bas, avec des commissaires et des fonctionnaires au sommet qui dictent la voie à suivre.

Aucun doute: cette question de décision européenne – liberté ou tutelle – nous occupera également en 2026 et au-delà. Cela dépend aussi de nous, de chacun d'entre nous, de décider dans quelle direction le voyage ira. Ceux qui ne parlent pas maintenant peuvent se réveiller dès demain avec un ruban adhésif sur la bouche.

Et vous, qu'en pensez vous ?

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