Le communisme enfin sur le banc des accusés

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La France, est c’est bien normal, est couverte de monuments en hommage aux victimes du nazisme et d’autres commémorant le courage de ceux qui ont sauvé ou caché des Juifs pendant la seconde guerre mondiale, comme cette plaque en hommage aux Justes installée il y a quelques mois dans un parc de Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon, et qui a été arrachée dans la nuit du 17 août, quelques semaines après la profanation du mémorial de la Shoah, à Paris, deux signes qui ne trompent pas sur l’époque dans laquelle on est entrés.

Il est d’autres victimes du totalitarisme qui ne bénéficient pas de cette reconnaissance mémorielle et que la société a choisi de mettre sous le tapis de l’Histoire : celles causées par l’idéologie communiste que les historiens estiment, tout régime confondu, à cent millions de morts.

C’est pour briser ce tabou que le maire LR de Saint-Raphaël (Var), Frédéric Masquelier, a inauguré dans sa commune, samedi 23 août, une stèle en hommage à toutes les victimes du communisme, qu’il a fait suivre d’une table ronde où des historiens ont débattu de la réalité des régimes communistes qui, partout où ils se sont constitués, ont accouché de massacres de masse.

Une initiative courageuse et salutaire, qui est une première en France, et qui a bien entendu scandalisé les communistes, lesquels, dans un tour de passe-passe qui serait comique si le sujet n’était pas si grave, ont dénoncé « une falsification de l’histoire », eux qui passent leur temps à la réécrire et à la purger de ce qui leur déplaît.

L’amnésie des crimes du communisme

Leur argument est connu. Le communisme est une idéologie généreuse qui veut le bien des hommes et s’il y a pu avoir, ici ou là, des massacres commis en son nom, cela ne peut être qu’un dévoiement du communisme, et non l’expression de sa nature profonde. Les historiens, et notamment Stéphane Courtois et son équipe du Livre Noir du communisme (1997), ont bien montré que le communisme, comme le nazisme, est une idéologie totalitaire qui rêve de forger un homme nouveau en l’arrachant à ses liens sociaux, économiques, culturels et familiaux. Partout où il a été mis en œuvre, les hommes se sont révoltés face à la violence qui leur était faite, et la seule manière d’arriver à la société « idéale » a été de les assassiner froidement.

Contrairement à ce que soutiennent les communistes, la révolution n’a pas été dévoyée par Staline dans le sens d’une bureaucratie criminelle, elle portait dès son origine les massacres à venir « Nous avons toujours su, dit, répété, qu’on ne peut « introduire » le socialisme ; qu’il grandit au milieu de la lutte des classes et de la guerre civile la plus âpre, la plus aiguë, jusqu’à la démence, jusqu’à l’atrocité », avertissait Lénine en janvier 1918. Nul accident dans les crimes du communisme mais une logique intrinsèque.

L’amnésie des crimes du communisme s’explique bien entendu par le fait que l’Union soviétique, après avoir dans un premier temps pactisé avec l’Allemagne nazie, s’est retrouvée dans le camp des vainqueurs qui écrivent l’histoire ; elle s’explique également, et surtout, par le refus des dirigeants russes, au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique, d’organiser un grand procès des crimes du communisme sur le modèle du procès de Nuremberg.

Si une telle décision a probablement permis de maintenir l’unité de la société russe, elle n’en a pas moins été catastrophique pour le monde en dédouanant cette idéologie des crimes qu’elle a engendrés et en permettant ainsi sa perpétuation, c’est-à-dire la possibilité d’être appliquée à nouveau et de causer les mêmes horreurs. Il est pour le moins ironique de voir sur les plateaux de télévision, des hommes et des femmes se réclamant du communisme, c’est-à-dire du seul totalitarisme survivant, brandir la menace du deuxième totalitarisme, celui-là mort et enterré. Puisse l’initiative de M. Masquelier se multiplier.

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