Québec impose un plafond d’étudiants étrangers aux établissements d’enseignement supérieur

 

Le Québec s’apprête à restreindre l’accès des étudiants étrangers à son réseau d’enseignement supérieur.
 

Étudiants du collège privé LaSalle

Après s’être octroyé le pouvoir de limiter leur nombre, le gouvernement Legault met en œuvre sa décision : les demandes de certificats d’acceptation du Québec (CAQ), indispensables à l’obtention d’un permis d’études, seront réduites de 20 %. Attribués au nombre de 156 647 en 2024, ces certificats ne seront plus que 124 760 en 2025, chaque établissement se voyant imposer un quota.

Établissements privés servant souvent de passerelle à l’immigration permanente visés

Cette réduction frappe d’abord les établissements privés, en particulier les formations menant à une attestation d’études collégiales (AEC). La ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, déplore que ces formations de courte durée — en administration, courtage immobilier ou design, entre autres — servent trop souvent de passerelle vers la résidence permanente. Certains collèges, tels que LaSalle, Ellis, Universel et l’Institut Teccart, figurent parmi ceux qui accueillent le plus d’étudiants étrangers et sont directement visés.

Des protections ciblées pour certains programmes

Le gouvernement fait toutefois exception pour les formations dans les secteurs de la santé, des services sociaux et de l’éducation, ainsi que pour certains programmes spécialisés en région, notamment en aviation. En revanche, le nombre d’étudiants étrangers dans les formations techniques et préuniversitaires sera figé au niveau de 2024, une mesure provisoire d’un an, en attendant une refonte plus large de la politique d’immigration temporaire.

Le gouvernement Legault veut prendre en considération sa planification pluriannuelle de l’immigration — qui inclura pour la première fois l’immigration temporaire — pour définir les seuils pour les trois prochaines années dans le milieu de l’enseignement.

« La première étape, c’est de freiner cette croissance qu’on a eue au cours des dernières années, pour toute la pression que ça crée sur les services publics, sur le logement [des étudiants] dans mon cas », illustre la ministre. Le nombre d’étudiants étrangers ayant un permis d’études valide a explosé au Québec de 2014 à 2023, passant de 50 000 à 120 000, une hausse de 140 %, selon le gouvernement.

Les universités également concernées

À l’instar des cégeps, les universités ne subiront pas de réduction stricte, mais verront leur nombre d’admissions stabilisé au niveau de 2024, année où une baisse avait déjà été constatée sous l’effet des restrictions fédérales. La ministre se défend de toute atteinte à l’autonomie des établissements, affirmant qu’ils conserveront la gestion de leurs quotas.

Alors que les cégeps et universités s’étaient opposés à ces réformes, le gouvernement maintient le cap. Il invite désormais les établissements à participer aux consultations sur l’immigration prévues ce printemps, tout en soulignant la nécessité de mieux sélectionner les étudiants pour assurer leur venue effective au Québec.

 

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