L’UE décide de créer sa première force d’intervention militaire rapide

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Une unité pouvant compter jusqu'à 5000 hommes devrait se spécialiser à l'avenir dans l'évacuation et la stabilisation. Sa disponibilité opérationnelle est prévue pour 2025. Une première mission pourrait être celle de garantir un futur cessez-le-feu en Ukraine.

Face à la situation sécuritaire de plus en plus précaire dans le monde, l'Union européenne travaille intensivement à la mise en place d'une nouvelle force d'intervention militaire rapide pouvant compter jusqu'à 5000 hommes. Selon les besoins, la "EU Rapid Deployment Capacity" (RDC) devrait comprendre des troupes terrestres, mais aussi des forces aériennes et navales.

Selon les informations de Welt am Sonntag, les ministres de la Défense de l'UE prendront une décision fondamentale à ce sujet mardi : les deux premiers des cinq scénarios prévus pour l'intervention militaire doivent être adoptés.

Le diplomate en chef de l'UE Josep Borrell a expliqué le projet à Welt am Sonntag : "Dans un premier temps, nous avons établi deux scénarios d'intervention possibles pour la force d'intervention de l'UE : des opérations de sauvetage et d'évacuation et, comme deuxième scénario, la phase initiale d'une opération de stabilisation. Ces scénarios d'intervention nous aideront à définir davantage les capacités requises pour la force d'intervention de l'UE et à organiser le premier exercice militaire au cours du second semestre 2023". Celui-ci devrait avoir lieu en Espagne. L'Allemagne souhaite être le premier pays à diriger la nouvelle force d'intervention après son lancement en 2025. Aucune décision n'a toutefois encore été prise à ce sujet.

Lors d'une mission d'évacuation, il s'agit avant tout de sauver des citoyens européens de régions en crise en cas d'urgence. Il n'est pas question de répéter le retrait d'Afghanistan de l'été 2021, car il faut se préparer à temps à ce genre de situation. La Somalie ou la Libye pourraient être des pays cibles pour un tel scénario.

Une mission de stabilisation signifie qu'à court terme, des forces de réaction rapide doivent rétablir la stabilité et garantir la paix, si nécessaire avec des moyens militaires robustes. Les soldats pourraient être lourdement armés. En l'état actuel des choses, les lieux d'intervention possibles pourraient être l'Ukraine ou la Moldavie.

L'expert en sécurité de la Fondation Science et Politique (SWP) basée à Berlin, Markus Kaim, a déclaré que la nouvelle force d'intervention pourrait également être utilisée pour sécuriser une "zone de protection en Ukraine" - par exemple si les Nations unies décidaient d'un mandat pour une force de paix après un futur accord de cessez-le-feu entre Moscou et Kiev.

Les précurseurs de la nouvelle force d'intervention de l'UE sont les "Battle Groups". Mais ceux-ci n'ont jamais été utilisés, ils ont connu d'importants problèmes de financement et leur mise en place a souffert du manque de volonté des États membres d'envoyer suffisamment de troupes. Cela doit maintenant changer.

Le financement n'est pas encore clair

L'entraînement sera nettement intensifié. De plus, il y aura différents "modules", combinables en fonction des exigences de l'intervention : par exemple, il faudra réagir différemment à une vague de réfugiés organisée politiquement, comme fin 2021 et début 2022 de la Biélorussie vers la Pologne, ou dans le cas d'une intervention de stabilisation visant à prévenir un conflit à un stade précoce.

Une autre nouveauté est que les États participants ne devront plus supporter eux-mêmes les coûts d'entraînement et de mise à disposition de soldats. Le financement exact de la nouvelle force d'intervention fait toutefois encore l'objet d'intenses débats. Une partie importante des fonds devrait provenir d'un fonds spécial pour les interventions de crise de l'UE dans le monde entier : la Facilité européenne pour la paix (European Peace Facility).

Le diplomate en chef de l'UE, M. Borrell, a également déclaré que la nouvelle force était "essentielle pour que l'UE puisse répondre rapidement, de manière robuste et efficace aux conflits et aux crises, tant dans notre voisinage immédiat qu'au-delà". Cette unité fait partie des "principaux résultats de la boussole stratégique adoptée en mars 2022".

Le chef de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, David McAllister (CDU), a souligné qu'elle rendrait l'UE "plus efficace" : "Par rapport aux obstacles que la coopération européenne en matière de politique de sécurité et de défense a dû surmonter ces dernières années, cette force d'intervention est un pas historique." Le concept doit être mis en œuvre "au plus tard d'ici 2025".

La nouvelle force d'intervention doit aider à mieux faire valoir les intérêts de l'UE en matière de sécurité. Elle ne doit toutefois pas entrer en concurrence avec l'OTAN. Un document de l'UE datant de mars stipule que "l'OTAN est et restera le fondement de la défense commune de ses membres".

Source : EU-Staaten beschließen erste eigene Friedenstruppe - Welt am Sonntag

Traduction : Cenator

4 commentaires

  1. Posté par miranda le

    Pour nous protéger d’éventuels ennemis guerriers, telle la Russie? IOn ne serait pas à la hauteur, on ne ferait pas le poids.
    A moins que cela soit pour se protéger des citoyens qui auraient le tort de manifester leur colère?
    Ca me semble être un projet échafaudé, bien plus pour la protection des hiérarchies que celle des citoyens. On peut toujours se tromper.

  2. Posté par Jean DAMEL le

    Un projet de Communauté européenne de défense (C.E.D.) avait été proposé par la France en 1952. Mais c’est… la France qui l’avait fait capoter en 1954 en raison de l’union parlementaire des communistes et des gaullistes. Depuis un Euro-corps avait tout de même déjà commencé à être mis en place par la France et l’Allemagne. Faut-il penser qu’il a disparu “sans tambours ni trompettes” ?

  3. Posté par Marcassin le

    Si la France et l’Allemagne avaient fait respecter les accords de Minsk comme ils s’y étaient engagé, nous n’en serions pas là.

  4. Posté par antoine le

    Le danger deviendra de plus en plus grand pour la Suisse !
    Les pro-européistes suisses (la gôche, PS en tête) ne voient pas le traquenard dans cette future adhésion souhaitée.
    NON à l’UE !
    La Suisse DOIT rester neutre et indépendante !

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