Maurice Berger : “Nous sommes dans une politique antipénale (…) Un juge qui se mettrait à appliquer un peu plus la loi aurait toute chance de se trouver assez isolé, voire désavoué en appel”

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FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour le pédopsychiatre Maurice Berger, les thèmes de l’insécurité et de l’application des peines devraient occuper un rôle central dans le débat public. À l’approche des élections législatives, les candidats doivent s’en saisir, argumente-t-il.

(…) Un jeune homme de 25 ans a été frappé sans raison alors qu’il sortait d’une boîte de nuit, mis au sol, et ses agresseurs ont joué au football avec sa tête. Il a présenté des fissures du crâne, une déchirure des méninges, une pneumencéphalie, et garde des séquelles majeures. Il ne pourra probablement jamais retravailler. Lors du procès, les faits sont qualifiés de «violence suivie de mutilation ou infirmité permanente», qui peut être punie de dix ans d’emprisonnement et de 150.000 euros d’amende d’après l’article 222-9 du Code pénal. Or les deux agresseurs, récidivistes, sont condamnés à six et dix mois de prison avec sursis. Stupéfaction, le parquet ne fait pas appel. Donc les auteurs pensent probablement qu’ils peuvent recommencer.

(…) Il ne s’agit pas d’être un Fouquier-Tinville voulant remplir à tout prix les prisons, mais de diminuer un peu le nombre de citoyens admis dans les services de réanimation, chirurgie, et rééducation, voire dans les cimetières.

Depuis au moins dix ans, en fait plus, nous sommes dans une politique antipénale, titre d’un article de Francis Casorla dans le dernier numéro (18) de la Revue Française de Criminologie et de Droit Pénal. Et Dominique-Henri Matagrin ajoute que: «La justice pénale est d’abord une justice a-pénale, juger sans punir». Ainsi se réalise le rêve de Michel Foucault. Un juge qui se mettrait à appliquer un peu plus la loi aurait toute chance de se trouver assez isolé, voire désavoué en appel. Et tout gouvernement qui tenterait d’impulser une telle politique pénale, inverse de la loi Belloubet, serait qualifié de tyrannique.

(…) Parce que vivre en présence d’une autre personne ou d’un groupe nécessite comme préalable de se sentir en sécurité. Il est donc indispensable d’être sûr qu’il y aura un respect de son intégrité physique, de sa personne, donc pas de menaces ou d’humiliation, de son territoire c’est-à-dire de son domicile. Sans la certitude d’une sécurité réelle ou sans sentiment de sécurité, il est difficile de mettre quoi que ce soit en commun. Mais quel archipel en réalité !

Dans les «quartiers» règne souvent la loi du plus fort, ou la loi du clan, code de l’honneur supérieur aux lois de la République, ou encore la loi liée aux coutumes. Dans une partie de la société civile, les «antifas» cherchent à imposer leur loi en interdisant de penser autrement qu’eux. Les minorités essayent sans cesse de modifier les lois communes et d’obtenir des lois particulières au nom de leurs désirs individualistes.

(…) Le Figaro

(Merci à BB)

 

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