En cette 92e journée d’audience, c’était le deuxième interrogatoire de Salah Abdeslam sur les préparatifs des attentats. L’accusé a été questionné sur la période allant de fin août 2015 au 7 novembre. Et l’audience s’est achevée prématurément avec la désertion des avocats de la défense pour protester contre la cour.
“Bien, alors, monsieur Abdeslam, levez-vous s’il vous plaît, devant le micro !”, ordonne le président Périès, qui va l’interroger notamment sur les allers-retours avec des voitures de location entre Bruxelles et l’Allemagne ou la Hongrie, voyages lors desquels plusieurs terroristes ont été rapatriés. Première question sur le voyage numéro un, fin août 2015, à bord d’une BMW qui aurait servi à ramener Hadfi et Akrouh, deux des kamikazes du 13-Novembre.
“Vous m’entendez bien, là ?”, commence Abdeslam, presque sur un ton de pop-star. “Oui, j’ai bien loué ce véhicule, et je l’ai utilisé. En revanche, je conteste être parti chercher ces deux personnes”. Il ajoute aussitôt qu’il “conteste avoir ramené toutes ces personnes, mais j’ai effectivement ramené certaines personnes”. Il les présente comme ses “frères pour l’islam”. Il dit que ces gens “vivaient dans une zone de guerre. Il y avait le régime de Bachar Al-Assad, Vladimir Poutine, tous ces gens combattaient l’islam. Et le prophète nous a interdit d’abandonner nos frères”. Abdeslam poursuit : “Je savais qu’ils avaient besoin de moi, qu’ils étaient là-bas et qu’ils avaient besoin d’aide, j’ai répondu présent, je ne regrette pas”.
En boucle, il répète qu’il voulait aider ses “frères en islam”.
Puis, il lâche “vous avez bousillé ma vie”. La juge, yeux écarquillés, le fait répéter. “Vous, c’est la France, la manière dont vous m’avez traité depuis six ans !”, se lamente Abdeslam. La magistrate coupe court, dit que “ce n’est pas ce qu’attendent les parties civiles”. Sur le banc des victimes, certaines, sidérées, applaudissent. Des applaudissements avec un air écœuré, envers ce que vient de dire Salah Abdeslam. Une mère endeuillée hurle “130 morts”.
Extrait de: Source et auteur

Si la justice française ne s’occupe pas définitivement de toi, nous attendrons le temps qu’il faudra
On demeure songeur, non pas face aux propos d’Abdeslam, mais au contexte. Quelle idéologie nous amène à devoir supporter d’entendre les divagations d’un individu d’une telle espèce ?
L’Arabie saoudite a exécuté dans la seule journée du 12 mars 81 personnes condamnées à mort pour des crimes liés au «terrorisme». Alors vous devez l’exécuter pour qu’il ne souffre plus ou si vous n’avez pas le courage de le faire. Remettez cet assassin à l’Arabie saoudite. Nous libérerons une cellule et nous n’aurons plus à assumer les frais liés à sa détention.