La société occidentale est-elle caractérisée par l’inégalité raciale et l’injustice ? Faut-il mettre fin à toutes les inégalités et à toutes les discriminations ? Sommes-nous coupables d’oppression à l’égard des minorités ? Les politiques étatiques réduisent-elles la discrimination ?
Telles sont les questions posées dans Le mythe de la discrimination. Et la réponse de l’auteur est chaque fois : non. Avec un style simple et une argumentation solide, Frank Karsten réfute les mythes qui envahissent désormais la plupart des débats : seuls les hommes blancs seraient racistes et sexistes, les entreprises discrimineraient volontairement, l’écart salarial entre les femmes et les hommes serait l’effet de la misogynie etc.
Écartons toutefois un malentendu. Le titre de cet ouvrage pourrait faire penser que la discrimination n’existe pas. Rassurez-vous, tel n’est pas le propos de Frank Karsten. Il s’agit d’autre chose.
Une critique des discriminations à la sauce du post modernisme
Avez-vous déjà entendu parler de « privilège blanc », de « racisme systémique », de « racisme structurel ou institutionnel » ?
Il s’agirait d’une forme de discrimination qui serait inscrite dans l’organisation sociale et qui serait inhérente à la culture occidentale. Il y aurait, nous dit-on, un système organisé de domination des blancs sur les noirs, des hommes sur les femmes, des hétérosexuels sur les homosexuels. Les adeptes de cette théorie sont des militants de la « justice sociale », plus connus sous l’appellation woke, terme anglo-saxon dérivé de awake (éveillé). Ils luttent pour l’égalité et la défense des minorités contre toutes les formes de discriminations. Ces inquisiteurs et leurs partisans opèrent par le biais des tribunaux et de l’intimidation morale. Mais loin de nous rapprocher d’une société plus tolérante, ils ne font que la polariser davantage.
L’auteur de ce livre ne s’attaque donc pas à la discrimination comme telle, mais à l’idéologie de la discrimination, une nouvelle forme de lutte des classes, qui divise le monde entre exploités et exploiteurs. Elle racialise les rapports sociaux et enferme les individus dans des identités de groupes. Ce marxisme culturel n’est pas nouveau. Il prend sa source dans les années 1960, avec Derrida, Deleuze, Foucault et ce qu’il est convenu de nommer le « postmodernisme », une philosophie nourrie de relativisme et de déconstruction du langage. Mais désormais il est de bon ton de se poser publiquement en victime et de réclamer de l’État de nouveaux droits dits positifs.
De l’égalité en droits à l’égalité de résultats
Frank Karsten décrit le glissement progressif de l’égalité en droits à l’égalité des chances puis à l’égalité de résultats.
De l’idée suivante : « il serait bon d’avoir tous les mêmes droits », on passe à l’idée : « il faudrait que l’État redistribue les richesses », puis on arrive à l’idée de parité forcée ou de discrimination positive. Cherchez l’erreur… Le fait qu’une fin soit bonne n’implique pas que les moyens pour l’atteindre soient justifiés. Ne faut-il pas se demander si ces moyens sont les seuls, les plus justes mais aussi les plus efficaces ? Et la fin est-elle toujours aussi bonne qu’on le croit ?
Ajoutons qu’avec Le mythe de la discrimination Frank Karsten poursuit une réflexion commencée en 2013 dans un précédent livre, Dépasser la démocratie. Il y montrait que la démocratie est devenue une arène démagogique dans laquelle des groupes organisés s’emparent de la machine législative pour imposer leurs choix aux autres et justifier la coercition envers les récalcitrants. Cette logique d’interventionnisme étatique conduit à l’accroissement indéfini de l’État et mine graduellement toutes les libertés individuelles.
Frédéric Bastiat l’avait déjà compris il y a bientôt deux siècles. Comme lui, Frank Karsten défend un certain nombre de principes fondamentaux : la liberté d’association, la liberté des individus de déterminer eux-mêmes avec qui ils s’associent. Et il soutient que la loi ne devrait pas interdire aux citoyens d’exclure des personnes, premièrement parce que cela porte atteinte à la liberté de l’individu, et deuxièmement parce que c’est contre-productif. Comme Frédéric Bastiat en son temps, et avec un style similaire, il combine avec brio moralité et bon sens.
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