Pourquoi les États-Unis ont-ils remis l’Afghanistan à la Chine ?

12 septembre 2021

Paul Shinkman de US News and World Report a  écrit l'autre jour :

« La Chine envisage de déployer du personnel militaire et des responsables du développement économique sur l'aérodrome de Bagram, peut-être le symbole le plus important des 20 ans de présence militaire américaine en Afghanistan .

» L'armée chinoise mène actuellement une étude de faisabilité sur l'effet de l'envoi à Bagram, dans les années à venir, de travailleurs, de soldats et d'autres personnels liés à son programme d'investissement économique à l'étranger connu sous le nom d'Initiative Ceinture et Route, selon une source qui en a été informée par des responsables militaires chinois et en a parlé à US News sous couvert d'anonymat. »

Comme disait Moon Unit Zappa : « Bâillonnez-moi avec une cuillère ! »

Étude de faisabilité? Nul besoin d'être Nostradamus pour comprendre comment cela va se passer – à moins que ce ne se soit déjà passé et que l'étude ne soit qu'une mascarade.

Pourquoi les Chinois ne reprendraient-ils pas Bagram ? Cette base vide leur tend les bras.

Aucun site ne conviendrait mieux à leur Initiative Ceinture et Route (ex-Nouvelle Route de la Soie), qui est essentiellement une opération d'appâts-et-arnaques à grande échelle. La Chine – en réalité, le Parti communiste chinois – prête au pays pauvre – en l'occurrence, les talibans appauvris – de l'argent pour moderniser son infrastructure, avec la mise en garde que, s'il ne rembourse pas le prêt dans un délai donné, devinez à qui appartient ladite infrastructure?

Eh bien, nous connaissons la réponse. Les Chinois sont pratiquement en train d'acheter le monde – avec l'aide, notez-le bien, de certaines des plus grandes entreprises américaines ( pdf ) occupées à engranger des profits faramineux.

(Si vous êtes intéressé par le succès de l'Initiative Ceinture et Route, voici une utile carte dressée par le Council of Foreign Relations.)

Ce qui s'est passé ces derniers jours, c'est que la Chine a obtenu absolument gratuitement ce pour quoi les Soviétiques et les États-Unis ont gaspillé des décennies de personnel (morts tragiqiues et blessés), du matériel et des milliers de milliards de dollars, sans parler du fait qu'ils se sont couverts de honte aux yeux. du monde.

Bref, les Chinois possèdent l'Afghanistan, ou du moins les parties importantes: bases aériennes, ports, droits miniers, etc. – ou les posséderont sous peu.

En ce qui concerne les affaires internes des talibans, les communistes chinois ne sont pas près de lever le petit doigt sur le niveau horrible des droits des femmes ou sur la vaste industrie de la culture et du trafic de l'opium auxquels le groupe terroriste se livre, surtout s'ils en envoient autant que possible en Amérique.

Tant que les diverses organisations terroristes islamiques laisseront la Chine tranquille, la Chine les laissera faire ce qu'elles veulent. Oui, certaines – al-Qaïda, ISIS-K, ou une dont nous n'avons pas encore entendu parler – pourront faire des histoires sur la façon dont sont traités les Ouïghours et se manifester de manière violente, mais j'imagine qu'ils voient les forces chinoises comme bien plus impitoyables que les Américains (surtout maintenant) et que leurs actions ne feront pas long feu.

La Realpolitik sera de mise tant du côté chinois que du côté des talibans (et autres islamistes), car ils s'enrichissent mutuellement, du moins pour le moment.

Alors comment en sommes-nous arrivés là ? Puisque tout cela est si évident, notre Département d'État et notre armée n'étaient-ils pas conscients de la façon dont les choses allaient probablement ou certainement se passer ? (N'auraient-ils pas au moins laissé une petite force de l'OTAN pour garder Bagram et détruire nos armements ?)

J'imagine que bon nombre de nos fonctionnaires étaient conscients de cette éventualité – comment auraient-ils pu ne pas l'être? Et c'est très inquiétant.

Pourquoi alors les États-Unis ont-ils cédé l'Afghanistan — un territoire contigue à l'Iran et au Pakistan, entre autres, sans parler de la présence dans son sous-sol d'une grande partie des terres rares et d'autres ressources clés du monde — à la Chine de plus en plus totalitaire de Xi Jinping ?

Pour répondre, il est difficile de ne pas se souvenir du moment où, peu avant d'annoncer sa candidature à la présidence et de faire volte-face sur le sujet, notre président actuel nous a dit : « Les Chinois ne sont pas nos ennemis. »

Voulait-il couvrir ses propres activités et connexions qui auraient pu être enregistrées sur l'ordinateur portable de son fils Hunter Biden, dont une grande partie n'a pas encore été vue? Les Chinois ont-ils quelque chose sur lui ? Malheureusement, compte tenu des opérations et de la gouvernance de notre FBI et de notre ministère de la Justice, nous ne le saurons peut-être jamais.

Nous pouvons du moins faire nos propres hypothèses. Mais quelles qu'elles soient, elles ne sont qu'une partie d'un zeitgeist général encore plus déprimant.

Je crois depuis un certain temps — et ce n'est que souligné par notre évacuation extraordinairement rapide et mal conçue de l'Afghanistan, laissant derrière nous non seulement Bagram, mais aussi suffisamment d'armes américaines pour rendre l'armée des talibans presque équivalente à celle de l'Italie, sans parler de mettre notre technologie militaire de pointe entre les mains des Chinois et des Russes — qu'une grande partie des dirigeants du parti Démocrate, voire une partie tragiquement importante des Républicains, croient depuis longtemps que le régime chinois va gagner la bataille entre la Chine et l'Amérique pour l'hégémonie mondiale.

Ils se rangent donc, ouvertement ou secrètement, consciemment ou inconsciemment, du côté chinois pour leur propre avantage économique et, dans une moindre mesure, pour leur survie, encore que les deux se recoupent.

Nos entreprises à tendance mondialiste, telles que le cabinet d'avocats géant lié ci-dessus, qui traitent abondamment avec la Chine, sont dans le même cas. Elles vont avec ce qu'elles pensent être l'équipe gagnante.

Et le mondialisme n'est pas la démocratie. Pour les mondialistes, le vote des gens est hors de propos, voire rétrograde, depuis des décennies. C'est l'État à parti unique devenu mondial.

Donc, pour eux, déguerpir d'Afghanistan n'est pas une grosse affaire. Et que la Chine prenne le relais, eh bien, pour eux, cela fait simplement partie du jeu.

Roger L. Simon

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d'Epoch Times.

Roger L. Simon

Roger L. Simon est un romancier primé, scénariste nominé aux Oscars, cofondateur de PJMedia et maintenant rédacteur en chef d'Epoch Times. Ses livres les plus récents sont "The GOAT" (fiction) et "I Know Best: How Moral Narcissism Is Destroying Our Republic, If It Hasn't Already" (non-fiction). On le retrouve sur GETTER et sur Parler @rogerlsimon.

Traduction libre Albert Coroz pour LesObservateurs.ch

Un commentaire

  1. Posté par poulbot le

    En récupérant la base de Bagram , les chinois on une étape entre la Chine et leur base de Djibouti maintenant.
    De contrôler également plus sérieusement le Golfe d’Aden.

Et vous, qu'en pensez vous ?

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