Pour l’électeur de droite il y a Darmanin qui, martialement, nous explique que la position de l’UNEF est une illustration du séparatisme. Mais en même temps il y a l’Impossibilité (morale, juridique ?) de dissoudre. Et pour l’électeur de gauche, il y a la certitude que tout continuera comme avant.
Avant, c’était quoi ? Des subventions mirobolantes pour un syndicat qui, selon les calculs de l’hebdomadaire Marianne, pèse, dans les urnes des élections universitaires, environ 1,8 % des électeurs inscrits. Après la guerre, l’UNEF exprimait des revendications et réalisait des travaux de type corporatiste : édition et distribution des fameux polycopiés des cours, mutuelle étudiante.
C’était donc avant. Avant que le PC ne mette la main sur l’organisation étudiante, à laquelle cotisaient 70 % des inscrits en faculté, avant que les trotskistes ne leur succèdent, avant que le PS n’en fasse son vivier de recrutement, et avant que les islamo-progressistes, devenus depuis lors islamo-gauchistes, ne réduisent la structure à la dimension d’un groupuscule ultra-violent et ultra-délateur.
Ces subventions, il est question qu’elles lui soient retirées (voir Présent d’hier), ce qui constituerait le minimum minimorum au regard des graves fautes cumulées. Attendons de voir, car une fois la période de gesticulation gouvernementale passée, il est probable que les prébendes seront maintenues.
Une nomination qui en dit long
Mais Jordan Bardella vient de lever un lièvre qui révèle la duplicité des macronistes : le Journal officiel du 25 mars annonce que le président de la République, sur rapport de Castex, et après approbation par le Conseil des ministres (et donc Darmanin compris) a nommé l’un des dirigeants de l’UNEF au Conseil économique, social et environnemental, un machin qui ne sert à rien, dont les membres sont nommés et pas élus, et qui sont rémunérés. C’est un peu l’équivalent de la cour de Louis XIV, un moyen de s’attacher des fidélités.
Qui plus est, souligne Jordan Bardella, la nomination au CESE est censée constituer une forme de reconnaissance pour la contribution du récipiendaire à la cohésion sociale du pays, à son développement économique, et pour son engagement à la sauvegarde de l’environnement.
En somme, une formidable illustration de la perversité du « en même temps » macronien.
Le RN a bien entendu demandé l’annulation immédiate de cette nomination, de même que la fin de toute subvention publique.
C’est le type d’information que nous nous devons de relayer au mieux, car quelle que soit la réaction de Macron, les retombées seront bénéfiques : s’il supprime prébendes et subventions, ce sera toujours cela de moins pour les partisans de l’anti-France. Mais s’il les maintient, cela ne lui apportera pas de popularité supplémentaire à gauche, mais un rejet encore accru à droite. •
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