Rebondissement dans l’« affaire Steve » – L’enquête judiciaire contredit le rapport de l’IGPN

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Alors que l’intervention des forces de l’ordre sur le quai Wilson de Nantes lors de la fête de la musique le 21 juin suscite toujours une très vive polémique, la récente découverte faite par les enquêteurs de la PJ ne risque pas d’apaiser les esprits. Selon ceux-ci, en effet, le dernier « bornage » du téléphone portable de Steve Maia Caniço, qui avait disparu ce soir-là et dont le corps a été retrouvé dans la Loire fin juillet, n’aurait pas eu lieu à 3 h 16 du matin comme l’indiquait en juillet le rapport de l’IGPN, mais vers 4 h 30, c’est-à-dire « au moment même de l’intervention policière ».

Un rapport réalisé dans la précipitation

On se souvient que, dans son rapport administratif d’une dizaine de pages, réalisé dans la précipitation la plus totale pour répondre à la pression politico-médiatique, la « police des polices » avait conclu à l’absence de lien direct entre l’intervention policière cette nuit-là et la disparition du jeune animateur de 24 ans. En effet, avait expliqué un responsable de l’IGPN, non sans faire preuve d’une certaine prudence, « on ne peut pas dire que Steve serait tombé à l’eau du fait de l’intervention de la police », mais « on ne peut pas dire qu’il est tombé en dehors de l’intervention non plus ». Parmi les éléments plaidant en faveur d’une chute accidentelle dans la Loire, le rapport retenait notamment l’heure à laquelle le téléphone portable de Steve Maia Caniço avait déclenché pour la dernière fois un relais téléphonique : « 3 h 16, le 22 juin », soit plus d’une heure avant que les forces de l’ordre reçoivent l’ordre d’évacuer le quai Wilson à l’aide de gaz lacrymogène et de LBD.

« Le loupé est d’abord politique »

Si la récente découverte faite par les enquêteurs de la PJ n’établit pas pour autant une quelconque responsabilité des policiers dans la disparition de Steve Maia Caniço, elle a cependant réveillé la colère des habituels détracteurs de la police, qui dénoncent une « bavure », et la suspicion des grands médias qui, suivant leur habitude, en profitent pour déverser sournoisement leur bile sur des forces de l’ordre à bout de nerfs et excédées d’être sans cesse prises pour cible. Rappelons en effet que, avec près de 40 000 agressions verbales et physiques officiellement constatées depuis début janvier (+15 % d’augmentation), et une moyenne de 110 agressions physiques par jour, les policiers, chez qui l’on enregistre un taux de suicide record, sont devenus de véritables « souffre-douleur », non seulement pour les délinquants, mais aussi pour le pouvoir en place, qui leur confie ses basses besognes avant de leur coller sur le dos l’IGPN…

Aussi, concernant cette affaire de Nantes, Philippe Capon, de l’Unsa-Police, avait-il raison d’observer dans un entretien accordé début août au Point : « dans cette affaire, le loupé est d’abord politique. Qui a donné l’ordre à nos collègues d’intervenir ? Qu’ont décidé le préfet et son directeur de cabinet, à 4 heures du matin ? » « D’autre part, ajoutait-il, le site était dangereux, des problèmes y étaient survenus en 2017 déjà où plusieurs personnes étaient tombées à l’eau (…). Malgré ça, l’autorisation a été donnée pour que cette nouvelle édition de la fête de la musique s’y déroule. Au final, un mort est à déplorer et les policiers sont gravement mis en cause ; ils paient l’inconséquence et le manque de vigilance des décideurs locaux et préfectoraux. » •

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