Faute de budget, les employés fédéraux pourraient ne plus être payés à partir du 28 décembre. Selon la Maison-Blanche, cette situation pourrait durer jusqu'au 3 janvier. Certains élus, jusque dans le camp républicain, dénoncent le jusqu'au-boutisme du président Donald Trump.
Les États-Unis se préparent à affronter une longue période de fermeture des administrations fédérales après l'échec des tractations au Congrès sur le financement d'un mur à la frontière mexicaine voulu par Donald Trump, un «shutdown» qui pourrait durer jusqu'en janvier, selon un responsable de la Maison-Blanche. «Il est très possible» que le shutdown «aille jusqu'au nouveau Congrès» qui doit se réunir pour la première fois le 3 janvier, a dit le directeur du Budget à la Maison-Blanche Mick Mulvaney, dimanche sur Fox News. Les négociations sur le budget fédéral, suspendues samedi, doivent reprendre le 27 décembre. Les démocrates reprendront début janvier le contrôle de la Chambre des représentants après leur victoire électorale en novembre alors que les républicains resteront majoritaires au Sénat, ce qui augure des négociations difficiles entre les deux chambres.
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Avec actuellement 51 sièges sur 100 au Sénat, et deux supplémentaires à partir de janvier, les républicains ne disposent pas des 60 voix nécessaires pour l'adoption d'une loi budgétaire. Le président américain a réaffirmé dimanche sa volonté farouche d'obtenir les 5 milliards de dollars pour la construction d'un mur destiné à freiner l'immigration clandestine, l'une de ses principales promesses de campagne.
Un «bon vieux mur»
«La seule manière de stopper les gangs, la drogue, le trafic d'êtres humains et beaucoup d'autres choses qui arrivent dans notre pays, c'est un mur ou une barrière», a-t-il tweeté. «Les drones et tout le reste sont merveilleux et très amusants, mais ce qui marche c'est un bon vieux mur», a ajouté le président qui annulé ses vacances en Floride en raison du «shutdown». L'opposition démocrate, qui refuse de voter ce volet du projet, propose d'allouer 1,3 milliard de dollars pour améliorer le système de surveillance frontalier. «Les démocrates nous ont offert 1,6 milliard de dollars il y a deux semaines, puis ont offert au président 1,3 milliard cette semaine», a dit Mick Mulvaney à la chaîne ABC. «C'est une négociation qui semble se diriger dans la mauvaise direction», a-t-il affirmé.
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Faute de budget, de nombreux ministères et agences gouvernementales ont fermé leurs portes samedi matin, laissant environ 800.000 fonctionnaires en congé sans solde ou, pour les services jugés essentiels, forcés de travailler sans être payés aux échéances régulières alors que la période des fêtes bat son plein. Mick Mulvaney, nommé secrétaire général par intérim de la Maison-Blanche à partir de janvier, a néanmoins précisé que tous les employés fédéraux seraient payés jusqu'au 28 décembre. Ce n'est qu'à partir de cette date que leurs salaires seront susceptibles d'être affectés par le «shutdown», a-t-il souligné. Certains élus, jusque dans le camp républicain, dénoncent le jusqu'au-boutisme du président. «C'est un combat monté en épingle pour que le président fasse croire qu'il se bat», a estimé sur CNN le sénateur du Tennessee Bob Corker, qui va quitter la Chambre haute. «Même s'il gagne, nos frontières ne seront pas sûres», a-t-il souligné. [...]
Selon l'agence de notation Standard & Poor's, le «shutdown» de 2013 avait coûté 24 milliards de dollars à l'économie américaine.

“[…] dénoncent le jusqu’au-boutisme du président Donald Trump […]”
Que dire du jusqu’au-boutisme de ceux qui, depuis deux ans, veulent absolument déboulonner Donald Trump ?