L’affaire Maza, celle d’un requérant d’asile zaïrois qui souhaitait s’établir en Suisse, a bientôt trente ans. En visionnant le reportage de la TSR (RTS actuellement), on constate plusieurs choses. Le Conseil fédéral était, à l’époque, beaucoup plus ferme sur la question de l’asile. Une telle attitude serait impensable de la part de Simonetta Sommaruga aujourd’hui. Dans ce reportage, le journaliste, qui semble très critique à l’égard de la politique fédérale en matière d’asile, souligne que la Suisse avait accepté, en 1988 « seulement » 7% des demandes d’asile, alors que le taux d’acceptation était de 70% encore en 1982. Il faut dire qu’une part importante des requérants d’asile avant cette date étaient Hongrois ou Tchécoslovaques. Ils fuyaient un régime communiste et leur intégration sur le marché du travail et dans la société s’est faite de manière aisée. Les requérants d’asile africains ont commencé à venir surtout à partir des années 80 et plus massivement encore lors des décennies suivantes. On peut constater que le cas Maza avait mobilisé une partie de la population, comme c’était le cas lors d’affaires plus récentes. Les autorités avaient tenu bon et n’avaient pas régularisé ce requérant d’asile malgré les pressions d’associations et d’une partie de l’opinion publique. C’est Cuba qui avait finalement offert d’héberger la famille Maza et offert un dénouement à cette longue affaire. On a du mal à imaginer un tel scénario aujourd’hui. En 1985 déjà, le dirigeant zaïrois Mobutu fustigeait l’arrivée de migrants économiques africains dans les pays occidentaux.
Extrait de: Source et auteur
1988 : mon année de naissance, je suis quand même content d’avoir vécu dans une Suisse à 6 millions d’habitants remplies principalement de suisses, même si je ne m’en souviens pas. Mes premiers souvenirs datent de l’époque du débarquement des balkans, je ne comprenais pas quoi mais je ressentais que quelque chose ne tournait pas rond lorsque je voyais qu’il y avait à l’école : 50% d’étrangers / 50% de suisses. Merci au observateurs.ch/Renaud Camus, d’avoir mis des mots sur tout ça.