Nigeria: 15 morts dans un attentat à Kano perpétré par deux jeunes filles kamikazes

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Quinze personnes ont été tuées et plus de 50 blessées mercredi dans un double attentat à la bombe sur un marché de Kano, la métropole du nord du Nigeria, perpétré par deux jeunes filles kamikazes, dont l'une serait âgée d'une dizaine d'années, selon la police.

Deux explosions ont frappé un marché spécialisé dans les téléphones portables, selon des commerçants.

"Deux jeunes filles âgées d'environ 11 et 18 ans, toutes deux portant un hijab" (foulard islamique), se sont fait exploser, l'une à l'intérieur du marché, l'autre à l'extérieur, a expliqué le porte-parole de la police de Kano, Musa Magaji Majia, donnant un bilan de 15 morts et 53 blessés.

La plupart des blessés ont été soignés et ont pu sortir de l'hôpital, a-t-il précisé.

"Je me préparais pour la prière de l'après-midi quand une explosion a eu lieu dans le marché à exactement 16h10," a raconté un commerçant, Nafiu Mohammed. "Les agents de police d'un poste voisin sont arrivés tandis que les commerçants ont fermé leurs boutiques et quitté le marché dans la confusion."

Cette attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, mais les soupçons se tournent vers le groupe islamiste Boko Haram, qui a régulièrement recours à des jeunes filles pour mener ses attentats-suicides.

En juillet 2014, Kano, métropole commerciale de plusieurs millions d'habitants du nord musulman du Nigeria, avait été touchée quatre fois en l'espace d'une semaine par des attentats-suicides menés par des jeunes femmes.

Menant depuis six ans une insurrection qui a fait 17 000 morts et 2,6 millions de déplacés au Nigeria, Boko Haram veut créer un état islamique rigoriste dans le nord du Nigeria.

L'attaque de Kano survient au lendemain d'un attentat qui a fait au moins 32 morts à Yola, dans le nord-est du pays.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a qualifié les attentats de Kano et de Yola de "barbares et lâches".

Il a appelé à renforcer la vigilance pour stopper ces attaques contre des cibles civiles et affirmé que son gouvernement était "entièrement déterminé à anéantir Boko Haram".

"Les forces armées, revigorées, bien équipées et motivées, vont vaincre Boko Haram très bientôt", a-t-il assuré.

L'ancien général Buhari, élu président en mars, avait promis lors de sa campagne d'écraser l'insurrection islamiste, et il a donné aux responsables de l'armée jusqu'à fin décembre pour y parvenir. Mais malgré des succès militaires contre les insurgés, près de 1 500 personnes ont été tuées par une campagne d'attaques du groupe radical depuis l'investiture de M. Buhari fin mai.

Alors que la corruption et le manque criant d'équipement avaient été largement mis en cause l'année dernière pour expliquer l'impuissance de l'armée nigériane face à Boko Haram, le président Buhari a accusé mercredi l'administration de son prédécesseur, notamment l'ex-conseiller à la Sécurité nationale Sambo Dasuki.

S'appuyant sur un rapport d'une commission spéciale qu'il a mise en place, M. Buhari a dénoncé des détournements de plusieurs milliards de dollars.

"Les révélations du rapport sont extrêmement inquiétantes compte tenu que ces malversations ont eu lieu à un moment où l'armée combattant l'insurrection dans le nord-est (du pays) avait un besoin désespéré d'équipements et de munitions". "Si les fonds siphonnés par ces entreprises douteuses avaient réellement été utilisés pour le but auquel ils étaient destinés, des milliers de vies innocentes de Nigérians auraient été épargnées", a déclaré le président Buhari.

Sambo Dasuki, déjà inculpé de détention d'armes et blanchiment d'argent, a vigoureusement démenti les allégations du président.

Jusqu'au double attentat de ce mercredi, Kano avait été relativement épargné par les attaques de Boko Haram ces derniers mois. Mais en novembre 2014, la ville avait été endeuillée par une terrible opération terroriste. Deux kamikazes s'étaient fait exploser, puis des hommes armés avaient mitraillé la foule à la grande mosquée, faisant 120 morts et 270 blessés.

Toutes les entrées et sorties de Kano étaient bloquées par la police mercredi pour tenter de retrouver le minibus qui a déposé les jeunes filles kamikazes au marché, selon la police.

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