Indispensables frontières, Pourquoi le supranationalisme et le multiculturalisme détruisent la démocratie, de Thierry Baudet

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Il aura fallu l’invasion de centaines de milliers d’envahisseurs migrants pour que les hommes politiques, sous la pression d’opinions publiques chauffées à blanc par l’angoisse et de tout perdre, leur identité, leurs biens et leur avenir, se réveillent et commencent à oser envisager de revenir sur Schengen.

Ce livre est une somme. Il n’y a pas moins de 900 notes et 45 pages de bibliographies pour un livre qui ne fait que 380 pages ; ceci n’est pas un essai écrit à la va-vite pour surfer sur un thème éminemment porteur en ce moment. Non.

« La souveraineté et l’identité nationale doivent aller de pair pour que la démocratie représentative et l’état de droit puisse exister » : certes, cette phrase est la dernière de ce livre, mais elle est la quintessence de la pensée de ce professeur de droit, qui se pose comme un adepte d’une Union Européenne intergouvernementale. Certes,  il mesure que « certains craignent que les états européens, en se privant d’une structure politique globale, puissent faire l’objet de stratégies de divide et impera ». Ceux qui craignent cela, feignent d’ignorer l’extraordinaire soumission, pour ne pas dire sujétion, dans laquelle l’Europe comme entité, mais aussi les différents états européens, se sont installés, ou se sont laissés enfermés, vis-à-vis des règles internationales contraignantes, édictées par des législateurs non élus, et, surtout, en acceptant des amendes et des décisions iniques et humiliantes, édictées de la manière la plus arbitraire qui soit, par l’empire protestant nuisible.

Il observe par ailleurs qu’ « une Union Européenne fédérale reste utopique en raison de l’absence d’une nationalité unique européenne ».

En revanche, il y a parfois des assertions surprenantes indiquant par exemple qu’il n’y a aucune nécessité pour que les « états nations existants doivent forcément être conservés sous leur forme actuelle » ; de même, « aucun argument de ce livre ne va dans le sens des frontières actuelles ; il s’agit d’une défense des frontières en général »P 382.

En voilà une assertion incroyable ! Comme il est dangereux de jouer avec les frontières ! Combien cela va-t-il coûter de souffrances et de vies humaines… Certes, c’est justement au nom de « plus jamais cela ! » que l’on veut se montrer plus souple avec les frontières.

Mais, justement, lorsque l’on sait ce que ces frontières ont coûté à ceux dont les noms sont inscrits sur les monuments aux morts, par exemple, avec toutes les ambiguïtés inhérentes a ce culte de la mort, on peut se poser la question de la pertinence de la remise en cause de ces lignes éminemment artificielles mais pour lesquels un peu trop de sang a été versé pour qu’on les traite avec autant de légèreté.

Qu’est-ce d’ailleurs qu’une frontière « en général » ?

Ce que prône en réalité ce livre, c’est l’intégration d’états nations actuels au sien d’états nations plus grands, prenant pour exemple l’unification de l’Allemagne et de l’Autriche. Ce professeur de droit des Pays Bas envisage sereinement l’unification de la Flandre aux Pays Bas ….

De même le siège permanent de la France au Conseil de sécurité des nations Unies le chiffonne un peu. Pourquoi pas un siège tournant entre le Luxembourg, Malte et Andorre ; oui, pourquoi pas ! Oui, mais non ! Derrière ce privilège il y a une très lourde histoire européenne que l’on ne peut effacer…

Mais voici que certaines de ces propositions nous réjouissent ; « un démantèlement progressif de la structure politico économique de l’union européenne et un retour à une organisation sous forme de zone de libre-échange pourraient aisément s’envisager ».

Il faut sortir du fantasme de l’Europe puissance. Du fait d’un retour impossible à l’empire de Charlemagne, car la tunique a été vraiment trop déchirée, mais aussi parce que l’Europe de Bruxelles est un parfait garrot pour faire mourir les peuples et la belle civilisation qu’ils portent en eux depuis plus de trois mille ans.

Divisé en trois parties ; la naissance des frontières, des frontières prises d’assaut et la nécessité des frontières, ce livre devrait être au centre de tous les débats actuels, et servir de livre de chevet aux étudiants qui se frottent à la science politique. Faut-il rappeler que la frontière est un peu la peau d’un pays ou d’un état nation ; a-t-on déjà vu un homme écorché vif vivre longtemps et de façon confortable ?

Pour finir une petite citation de John Stuart Mill, en exorde de la partie III « Les institutions libres sont presque impossibles dans un pays composé de nationalités différentes, chez un peuple où n’existe pas de lien sympathique, surtout si ce peuple lit et parle des langues différentes ».

Fermez le ban ! Je ne savais pas que John Stuart Mill était identitaire !

 

Extrait de: Source et auteur

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