Beaucoup ont du mal à comprendre qu’un homme puisse tuer et se tuer pour une grande cause, une religion une idéologie. Pourtant le phénomène existe, mais leur résistance à le comprendre semble être leur façon de dire : nous n’avons avec cet homme aucun point commun, aucune identification. Voilà qui est peut-être à leur honneur, mais qui n’aide pas à y voir clair. On doit pouvoir identifier des choses avec lesquelles on n’a « rien à voir », a priori.
Donc, pour éclairer ce phénomène, partons de la pulsion de lien (1), qui fait qu’un homme a besoin de liens pour vivre, de liens qu’il considère comme vivants, qui lui épargnent la sensation pénible d’être seul au monde, et qui nourrissent son être au monde par le contact avec un groupe qui lui donne un peu de chaleur, de présence humaine. Cet homme peut donc rejoindre un groupe qui lui fournit de l’appartenance, qui peut même le mettre en scène et en valeur. Imaginons qu’il ait rejoint dans les années 50 un parti communiste. Il en reçoit, à tort ou à raison peu importe, le sentiment de lutter pour abolir l’injustice, l’exploitation, etc. Tout en jouissant du coude à coude fraternel avec ses camarades, il accède à ce qui distingue son groupe des autres, par exemple à la haine qu’il nourrit envers « l’ennemi de classe », les « agents du pouvoir », etc.
Rédacteur
Daniel Sibony
Extrait de: Source et auteur

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