Successions: le PS se vautre dans le populisme anti-riches

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PHILIPPE BARRAUD

Le Parti socialiste ne cesse de vilipender l’UDC pour son populisme. Mais l’initiative du PS pour un impôt sur les successions, sous prétexte d’aider l’AVS, est du pur populisme!
Selon Christian Levrat, président du PS, il y a en Suisse une concentration de la fortune entre les mains de quelques familles. Peut-être «deux cents familles», comme le prétendait la propagande antisémite en France dans les années 30 ? Pour nos socialistes, la répartition de la fortune en Suisse est si inégalitaire qu’il faut tondre tout ce qui dépasse, et donc faire payer les riches.
Ah ! Les riches ! Quel inépuisable réservoir de boucs émissaires pour la gauche ! Sauf que les riches qui trinqueront avec ce nouvel impôt, ce ne sont pas les familles Blocher (une fixation obsessionnelle préoccupante chez Levrat) et autres barons de l’industrie, qui ont mille et un moyens de se mettre à l’abri – en délocalisant par exemple, la Suisse n’est pas le seul pays accueillant – mais la classe moyenne supérieure, qui d’ailleurs constitue les gros bataillons de l’électorat socialiste, des bobos qui additionnent facilement deux salaires à plus de 10’000 francs par mois.
Le PS et ses clones tentent de rassurer l’électeur en affirmant que seuls 2% des résidents seront concernés, avec une fortune supérieure à 2 millions; c’est à voir: lorsque vous possédez votre propre logement, vous êtes déjà millionnaire ! Donc, beaucoup devront passer à la caisse, en sus de l’imposition, parfois lourde, des cantons, comme le canton de Vaud, où les héritages sont massivement ponctionnés alors qu’il n’en est rien à Neuchâtel par exemple.
Mais ce sont surtout les entreprises qui seront pénalisées, le PS cherchant apparemment à reproduire en Suisse le système français, qui assomme les héritiers, système très efficace pour éliminer les PME – et les emplois qui vont avec. Voici les conclusions d’une étude de l’Université de Saint-Gall sur l’initiative: «Une diminution annuelle de près de 12.000 emplois et un recul d’environ 5% de la formation brute de capital fixe, telles sont les répercussions de l’impôt fédéral sur les successions. Les entreprises familiales sont particulièrement touchées car tout le patrimoine familial est souvent investi dans la société et les liquidités pour acquitter les impôts font défaut.
«L’étude, commandée par deux organisations d’entreprises, à savoir l’association Verein für die Erhaltung der Schweizer KMU et le Groupe d’entrepreneurs contre un impôt fédéral sur les successions, révèle les conséquences négatives de l’initiative pour la réforme de la fiscalité successorale, comme le précise Pr Franz Jaeger, auteur de l’étude: «Sur la base d’un échantillon d’entreprises le plus représentatif possible, nous avons extrapolé les effets de l’initiative au moyen de notre modèle. Nos résultats montrent clairement les conséquences négatives qu’un nouvel impôt sur les successions aurait pour l’économie suisse.» Et ces résultats sont éloquents. D’une part, l’impôt sur les successions a pour effet de priver les entreprises de leurs liquidités. D’autre part, les entrepreneurs prévoyants se préparent à la succession et constituent des provisions afin de pouvoir acquitter l’impôt le cas échéant. Ces deux facteurs nuisent aux investissements et, par conséquent, à la compétitivité des entreprises. Un éventuel recul de plus de 5 % de la formation brute de capital fixe est à prévoir, ce qui se traduira par un affaiblissement de l’économie et par une diminution de l’emploi. Selon l’étude, il faut ainsi s’attendre à une baisse de 0,12 % de la croissance ainsi qu’à une diminution annuelle d’environ 12 000 emplois. Le coup de pouce donné à l’AVS a un prix macroéconomique très élevé, qui peut même, en raison du recul des cotisations, être supérieur à long terme aux recettes supplémentaires. L’initiative ne permet nullement d’assainir durablement l’AVS.»
L’étude ajoute, pour contredire la propagande socialiste, que «contrairement à ce que prétendent souvent les auteurs de l’initiative, l’impôt suisse sur la fortune est supérieur à la moyenne. La Suisse se situe dans la moyenne supérieure des pays de l’OCDE et compte parmi les rares pays à percevoir un impôt sur la fortune. Par conséquent, la répartition de la fortune est restée assez stable en Suisse depuis l’année 2000 (hausse du coefficient de Gini d’environ 0,4 %) et la disparité croissante incriminée par les partisans de l’initiative ne se vérifie pas dans la réalité.»
On le voit, la carotte brandie sous le nez de l’électeur sous forme d’un sauvetage de l’AVS cache en réalité un gros bâton qui frappera beaucoup plus de contribuables qu’on ne le dit et qui, en plus, n’améliorera pas la situation de l’AVS puisque, comme le dit l’étude de l’Université de Saint-Gall, la perte d’emplois prévue entraînera une baisse du montant global des cotisations.
Nul doute que les Suisses ne voudront pas se tirer une balle dans le pied le 14 juin !

 

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