Bien que j’ai tenté de nombreux concours je n’ai fait aucune grande école. Pas assez brillant ou trop pris par l’aide que je fournissais à mes parents dans leur commerce. Qu’importe. L’une des activités que j’aurais aimé pratiquer dans ces écoles est l’éloquence. Souvent, je regarde les concours d’éloquence de Sciences-Po ou d’HEC sur Youtube. Avouons que ces étudiants sont doués.
Et nos politiques se doivent d’être éloquemment aussi doués que ces étudiants pour nous vendre le bienfondé de ce type de loi.
Voilà que, pour une raison qui très sincèrement m’échappe, les députés ont voté, à l’unanimité (vous allez vite comprendre pourquoi !), une loi sur le statut de l’élu. Entre autre chose cette loi prévoit de doubler la durée d’indemnisation des élus après la fin de leur mandat. Actuellement, un élu en fin de mandat perçoit une indemnité dite de fin de mandat pendant six mois après avoir quitté son poste. Le texte prévoit de doubler cette durée. Ainsi que l’ouverture de droits à la formation.
Le député socialiste (oui, oui socialiste…quand on vous le dit…) Philippe Doucet, rapporteur de ladite loi, explique au Figaro qu’ « un maire battu aux élections n’a pas le droit à Pôle emploi. Il s’agit que les élus n’aient pas moins de moyens que le reste de la population [vous ne rêvez pas, c’est bien un socialiste qui le dit] parce que ça peut freiner les ambitions de ceux qui voudraient s’engager ». On remarquera qu’il nous parle d’élus locaux pour que l’on se sente plus proche des personnes concernées. Le citoyen lambda est, en effet, moins proche d’un député ou d’un sénateur, qui lui aussi verra son indemnité doubler dans la durée.
Cette loi permettrait donc de combler le déficit d’engagement en politique. Pourtant, nombreux sont les jeunes qui veulent s’engager. Mais les places sont chères et donc rares. On se souvient des propos tenus par une femme politique, certes admirable par ailleurs, lors des dernières élections européennes. Michelle Alliot-Marie avait expliquer qu’en se présentant aux élections européennes elle perdait de l’argent. Pourquoi ne pas laisser la place aux jeunes alors ?
Cependant, nous explique le doucereux Philippe Doucet, ce n’est pas l’engagement des jeunes qui fait défaut mais celui des citoyens qui travaillent en secteur privé : « on ne trouve que 8% d’élus issus de professions libérales et 2% de gens ‘normaux’ ». En d’autres termes, puisqu’elle prévoit d’obliger une entreprise privée à réintégrer l’élu à la fin de son mandat, cette loi serait faite pour…2% des élus. Une gigantesque blague !
La véritable motivation des députés, notamment socialistes, est d’éviter de voir leurs collègues, comme ce fut le cas pour 3000 d’entre eux après les municipales, se retrouver sans rien le lendemain du 22 mars.
Apprenant cela et les nouvelles règles sur l’indemnité des sénateurs (cf mon article et celui de Borowski d’hier), je me demande si nos élus se souviennent du rôle de l’homme politique. Nous le savons, ils n’ont plus l’amour de la nation. Au moins pourraient-ils conserver l’amour du citoyen. Et bien non. Ils ne pensent qu’à eux !
Ensuite, un élu compétent ne devrait pas avoir de difficultés à retrouver du travail. Au contraire, son expérience et son carnet d’adresse peuvent être des faire-valoir.
Enfin, la France va économiquement mal et, donc, nous ne pouvons plus nous permettre de sur-payer nos hommes politiques.
Encore une fois, c’est la classe moyenne et les retraités qui vont être mis à contribution. Eux qui toucheront une prime de 40€…imposable au titre de l’année 2015 !
Extrait de: Source et auteur

D’exemplaires ordures à la veille de deuxième éclipse.
Le bien de la nation se résume à ce qui tombe dans la poche d’une socialope.