Nos bidasses à Bamako

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PHILIPPE BARRAUD

Envoyer des soldats suisses à l’étranger relève exclusivement du marketing politique: c’est bon pour l’image de la Suisse. Mais soyons honnêtes: ça ne sert à rien !
Cela en devient agaçant. Didier Burkalter utilise le mot paix tous les trois mots dans ses discours lénifiants, comme le Français moyen commence toutes ses phrases en disant putain ! Cela devient chez lui un tic, un usage inconscient, bientôt peut-être un TOC. Mais la paix ne se laisse pas convoquer par des incantations, et si la Suisse est malade de savoir ce que le monde pense d’elle, elle ne deviendra pas un modèle pour si peu. D’ailleurs, est-ce que le monde pense quelque chose de la Suisse ? Il a d’autres chats à fouetter.
Nul doute que le Conseil fédéral lui-même, malgré les boursouflures rhétoriques obligatoires sur la promotion de la paix, son rôle rêvé et toujours déçu de facilitateur, et les flonflons de la G’nève internationâle,ne croit pas une seconde que la présence de quelques bidasses suisses dans les boîtes de nuit de Bamako va chasser les terroristes et ramener la paix. Mais il faut bien faire quelque chose, montrer que nous, peuple vivant en paix, possédons un truc spécial, et que nous sommes prêts à le donner aux autres. Attitude qui flotte entre outrecuidance et naïveté, et qui ne sert qu’à flatter notre ego, et à montrer à Bruxelles que we care.
Disons-le tout net: si la Suisse voulait vraiment s’engager pour la paix, elle devrait rejoindre ceux qui combattent les fauteurs de guerre. Mais qui oserait seulement imaginer envoyer des militaires suisses contre Daech, au sein de la coalition internationale qui, rappelons-le, se bat aussi pour nous, puisque nous sommes relativement à l’abri du terrorisme islamique grâce, précisément, à cette coalition ? Il faudrait armer ces hommes, qui devraient se battre ! Eh oui, un soldat, c’est fait pour faire la guerre… Incroyable, non?
Qu’on se rassure: aucun suisse n’ira se battre en Irak, en Syrie, en Libye ou au Nigeria, que ce soit à bord d’un FA-18 ou d’un blindé. Les autres meurent pour nous.
Nous, nous nous battons pour la paix, mais pas plus loin que les salons des palaces genevois. Planqués, quoi.

 

Extrait de: Source et auteur

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Un commentaire

  1. Posté par Derek Doppler le

    C’est précisément à Berne qu’il faut envoyer l’armée, et aussi pourquoi pas dans les salons des palaces genevois, et pas ailleurs. Et si cela devait être à l’étranger, à Bruxelles, Strasbourg ou Washington. Pas dans je ne sais quel désert à la con. À force de systématiquement confondre les causes et les effets, les sources et les symptômes, on se demande si certains ne le font tout simplement pas exprès.

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