PHILIPPE BARRAUD
On s’est beaucoup ému récemment du statut du français dans les écoles alémaniques. On devrait aussi s’en émouvoir dans les écoles romandes, car la langue est à l’abandon.
Cette semaine, un employeur fait faire une dictée, courte et peu difficile, à un candidat pour une place d’apprentissage. Résultat : 28 fautes. Puis je lis une série de commentaires dans l’édition en ligne d’un quotidien romand. C’est encore pire ! Pratiquement un mot sur deux est faux. On retrouve, comme on le voit depuis des années en France, une confusion complète entre infinitif et participe passé; confusion, également, entre ce et se. Une lectrice écrit: «Mon mari a du ce faire opéré».
On nous dira peut-être que du moment qu’on se fait comprendre… C’est évidemment faux. Et notre candidat apprenti s’en apercevra à ses dépens: avec une « nagée» pareille, il n’aura pas la place qu’il convoitait. Or, la maîtrise de la langue est et reste une exigence sur laquelle on ne peut pas transiger. C’est vrai sur le plan professionnel – dans quel métier n’est-on pas amené à écrire des rapports, des devis, des dossiers ? – mais c’est vrai aussi sur le plan de la structuration de la pensée. On ne raisonne pas correctement si on ne connaît pas la valeur et le sens des mots, si on n’est pas capable de construire des phrases, et donc un raisonnement.
J’imagine que la dictée n’est plus en odeur de sainteté chez les pédagogistes: ne risque-t-on pas de stresser les élèves ? Il reste qu’on n’a pas trouvé de meilleur moyen pour approcher de la maîtrise du français – ou de toute autre langue – même si ce n’est pas forcément festif et ludique; il reste que notre candidat apprenti aurait décroché son apprentissage, si on l’avait éventuellement stressé avec des dictées; il reste enfin que de nombreux parents font faire des dictées à leurs enfants à la maison, ce qui est une attitude parfaitement responsable.
Car il est inexcusable et inadmissible que l’école publique et obligatoire lâche dans la vie des élèves qui ne maîtrisent pas leur langue. D’une certaine manière, cela a quelque chose de criminel.
Alors, avant de faire la morale aux Suisses-alémaniques, faisons en sorte que notre école soit à la hauteur de sa tâche, et qu’elle enseigne le français à nos élèves de manière un peu plus exigeante.
Extrait de: Source et auteur
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Et en lisant 20minutes, largement à disposition à la sortie des écoles, vous serez encore plus étonné. Même le sens des mots est massacré. Sans parler d’une tendance à banaliser la violence et la sexualité dépravée. On comprend mieux que le Pape actuel plaise à la presse.
Vous avez raison. Le niveau de connaissance du français est assez lamentable.
Exemple : il y a 2 semaines, mon fils, 13 ans, en 1ère pré-gymnasiale, a eu une dictée à l’école. Lui et 4 de ses copains ont fait 5.6/6. Mais la moyenne des 27 élèves de sa classe n’était que de 4.2/6. Je vous laisse imaginer la “nagée” que certains ont pris.
Et combien, sur ces 23 qui se sont plantés, finiront sur les bancs des universités ?