Les gratuits à la peine en Europe
Si les gratuits devraient connaître encore de beaux jours en Amérique latine et dans certaines régions d’Asie notamment, leur avenir est moins brillant en Europe, là où ils sont nés. Lorsque Metro, l’ancêtre de tous, a été lancé à Stockholm en 1995, son tirage était de 230.000 exemplaires. Cinq ans plus tard, 32 titres tirés à plus de 5 millions d’exemplaires étaient distribués dans 13 pays européens. Cette croissance fulgurante a connu son apogée en 2007 : 27 millions d’exemplaires, 140 titres dans 31 pays européens. Depuis lors, c’est la chute. En 2012, on ne comptait plus que 75 titres et 15 millions d’exemplaires. Aujourd’hui, il y a sur chaque marché national ou presque, un leader incontesté et quelques acteurs très locaux. Cette situation devrait largement perdurer.
En France, la situation de la presse gratuite est particulièrement tendue. Pas vraiment étonnant, dans un pays où la presse payante est sinistrée. 20 Minutes et ses deux concurrents - Metronews et Direct Matin - ont vu leurs recettes publicitaires baisser de 8,6 % sur les trois premiers trimestres de l'an dernier. Après cinq années de résultats positifs, 20 Minutes, premier quotidien gratuit à s'être lancé en France en 2002, a bouclé son exercice 2 013 nettement dans le rouge. Le nombre de villes où 20 Minutes est distribué a été réduit de 45 à 36 en début d'année pour diminuer les frais de diffusion. La course au million d'exemplaires, dans laquelle s'étaient lancés 20 Minutes et Direct Matin, est bien enterrée ! Comme 20 Minutes, Metronews amorce une très sérieuse reconversion vers le numérique. Le site Internet de 20 Minutes compte déjà 5,5 millions de visiteurs uniques par mois. De son côté, Metronews.fr a doublé son trafic en un an, à 3,1 millions de visiteurs uniques. Les deux titres anticipent une accélération de la migration de leurs lecteurs du papier vers les smartphones. L’avenir de Direct Matin, qui continue de croire au papier, est des plus incertains. |
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