Espagne:milliers de personnes à l’appel des victimes de l’ETA

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L'arrêt des juges de Strasbourg qui pourrait provoquer la libération de dizaines de militants du groupe armé basque ETA provoque l'ire des Espagnols. Ils étaient des dizaines de milliers à manifester dans les rues de Madrid ce dimanche.

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Madrid, à l'appel des victimes de l'ETA, soutenues par le parti de droite au pouvoir en Espagne. Elles réclamaient "justice" après l'arrêt des juges de Strasbourg qui pourrait provoquer la libération de dizaines de militants du groupe armé basque.

A l'appel de l'Association des victimes du terrorisme (AVT) et du Parti populaire du chef du gouvernement Mariano Rajoy, la foule a convergé dans le centre de la capitale.

De nombreux manifestants portaient le drapeau espagnol rouge et or, symbole de l'unité du pays, tandis que résonnait l'hymne national, accueilli par des applaudissements. "Contre l'ETA", a crié un homme dans les hauts-parleurs, applaudi lui aussi.

"Les criminels doivent payer", a lancé une manifestante de 71 ans, Maria Luisa Guisado, venue avec son mari et un autre couple d'amis retraités, des petits drapeaux à la main. "Nous ne sommes pas des victimes, Dieu merci, mais nous sommes venus pour au moins soutenir les victimes. Pourvu que cela serve à quelque chose", a-t-elle ajouté.

Rajoy critique

Les associations de victimes de l'ETA dénoncent elles l'arrêt rendu le 21 octobre par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) à Strasbourg, qui a permis la remise en liberté d'Ines Del Rio Prada, une militante du groupe séparatiste condamnée à 3828 ans de prison.

Les juges ont estimé "illégale" la prolongation depuis 2008 de sa détention, rendue possible par l'application de la "doctrine Parot", un système de remise de peine en vigueur depuis 2006 en Espagne, défavorable aux détenus sous le coup de condamnations multiples.

Si ce jugement fait jurisprudence, la justice espagnole pourrait être contrainte de libérer au total des dizaines de détenus de l'ETA.

Dans un pays où le souvenir des violences reste très vif, le dernier attentat du groupe armé remontant à 2009, l'arrêt des juges européens a provoqué une vive polémique. Pressé de réagir par les associations de victimes, qui constituent un puissant lobby conservateur, Mariano Rajoy a lui qualifié "d'injuste" la décision, tandis que son parti rejoignait l'appel à manifester.

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