Se déguiser en prostituées pour convaincre les hommes qu’elles n’en sont pas, tout en ayant le droit de l’être. Hurler le droit de s’habiller de façon provocante en refusant d’être provocatrice. La pensée féministe vient, une fois de plus, donner du chef contre les remparts de la logique.
Samedi dernier, le chaland a pu contempler la plastique déroutante des derniers relents de féminisme européen déambulant dans les rues de Genève pour réclamer le droit de continuer de mal se comporter sans devoir en subir les conséquences.
Ainsi a-t-on pu voir une poignée (200 selon les médias d'Etat) de jeunes femmes déguisées en prostituées, défilant sous le vocable raffiné de « marche des salopes », pour réclamer des hommes qu'ils les respectassent mieux. « Je suis une salope mais pas la tienne », disent les calicots. Le phénomène vient, bien évidemment, d'outre-Atlantique, où la gauche, anti-mondialiste, semble devoir tenir toute son inspiration et ses mots d'ordre.
En quarante ans, la revendication du féminisme est passée du droit à la liberté sexuelle au droit à l'abstinence, du droit de dire oui au droit de dire non. Tout le constat du féminisme est là, en fracturant la boîte de pandore de la morale sexuelle, ces mouvements ont libéré un vieux réflexe de prédation que la morale chrétienne avait passé des siècles à enfouir dans la ténébreuse mémoire des excès du droit romain. Il fallait briser les tabous, les voilà brisés: la sexualité est un conflit, la famille est en lambeaux, la démographie dans les tombeaux.
Or, ni l'homme ni la femme semblent avoir changé, aucune évolution. Les mécanismes d'attirance ou de rejet sont toujours les mêmes, seule semble avoir disparu une certaine retenue. Cette retenue, ce respect, quelles que soient ses raisons, étaient indissociables de l'interdit qui a volé en éclat il y a quarante ans. Feindre de croire que l'un pouvait vivre sans l'autre, c'est ignorer la nature humaine, c'est manquer de logique. Continuer d'utiliser le corps de la femme comme arme de guerre de la provocation, communiquer volontairement, même au prétexte de détournement, sur une image dépréciative de la femme « chienne de garde, salopes etc. », c'est tout au plus inspirer la crainte mais jamais le respect. Or le respect est de ces choses qui se méritent et ne se demandent pas. Exiger le respect en rejetant tout ce qui serait susceptible de le motiver, refuser à la femme sa place et son sens dans la société, nier la vocation de tout être au sacrifice, c'est, au mieux, susciter une guerre. Et, en Occident, les sexes sont en guerre.
Ainsi, ce dernier effet de mode pour un combat qui s'est toujours résumé à vouloir obtenir aux femmes le droit d'être aussi vulgaires que les hommes, ne fait que prolonger le problème d'autant. Cette vision date d'une époque lointaine, où l'homme était mis au rang des oppresseurs avec les patrons, les bourgeois, une logique par trop reculée pour que l'on s'en souvienne. Les Adam et Eve de l'ère post-féministe, considérant le dénuement de l'humanité en ce monde, devront troquer l'idée d'une égalité de nature, qui n'existe pas, pour celle, plus juste, d'une égalité de droit jointe à une acception pacifiée des différences.
Discussion
L'auteur du présent article est un homme... forcément. Comment prêcher la paix des sexes sans donner ici la parole à une femme:
Le point de vue d'une femme de vingt et un an: Quoi de plus frustrant pour une femme de voir la défense de ses droits déléguée à une horde de féministes en furie, pétries de la seule idéologie qui semble digne d'écho médiatique dans notre société.
Si l'article ci-dessus relève avec beaucoup de justesse le paradoxe du combat mené par ces femmes, il n'y a rien pour mettre en cause le crédit que l'on accorde à cette minorité. Car, aujourd'hui, et ce depuis quarante ans, lorsque l'on veut se revendiquer « femme », il suffit de descendre dans la rue en reprenant les bannières et les slogans de nos mères, voire de nos grands-mères, avec, pour seule innovation, d'enlever le haut (cf. Femen) devant des médias toujours aussi friands de ce genre de spectacle « inédit ». Tant de publicité pour une si petite minorité ! Il n'y a que les médias et quelques soixante-huitardes pour s'extasier encore de l'impact d'une telle méthode.
Seulement voilà, ivres de médiatisation, ces féministes ne réalisent toujours pas qu'en exhortant de la sorte la gent féminine à lutter pour un concept de liberté qu'elles seules semblent concevoir comme tel, elles exaspèrent nos pairs masculins et enlisent leur image, notre image, dans l'idée que toutes les femmes sont effectivement des « salopes » revanchardes qu'il ne faudrait surtout pas traiter comme des princesses mais quand même.
Mon discours, en tant qu'actuelle bénéficiaire des droits acquis tant bien que mal dans leur lutte, peut paraître injuste et peu conscient du bien qu'ont pu apporter nos aïeules par leurs revendications. Mais, si leur cause était juste sur bien des points, sur d'autres, un peu moins, mais cela ne se dit pas. Et notre génération d'essuyer alors tous les revers d'une société qui en vient à reprocher aux femmes de ne pas être des hommes accomplis, tout en menant quand même une double-vie de femme réussie. Tâchez, par exemple, de vous accomplir en tant que femme au foyer, vous êtes une gourde de ne pas être PDG de votre entreprise. Soyez donc PDG, vous êtes une sans-coeur d'avoir renoncé à votre vie de femme.
La raison de mon intervention était de signaler que l'article semblait éviter la question d'un effondrement général de la considération de la femme. Le fait que les protestations soient menées par les mauvaises personnes n'enlève rien à la réalité. Ceci étant dit, bien qu'héritières des luttes antérieures, les femmes n'ont pas pour autant cessé d'évoluer. Les néo-féministes, en revanche, semblent, quant à elles, ne pas avoir commencé.
Un grand MERCI et BRAVO pour avoir mis des mots sur le malaise que je ressens à chaque fois qu’une femme se prétend LIBRE d’être baisée par qui elle le veut, alors que la question du comment est systématiquement éludée. Je suis une femme de 30 ans, et j’ai du beaucoup lutter pour ne pas tomber dans ce triste schéma, car nous nous devions toutes, bien sûr, être des femmes “libérées”. A entendre le parcours sexuel de bon nombre de ces femmes “libérées” et amies, je ne regrette pas une seconde ce choix de vie. Quant à mes amis hommes, comment ne pas comprendre leur incompréhension devant ces attitudes “libérées”, que beaucoup confondent et prennent pour une invitation? Pour ensuite se faire traiter de lourd et se faire prendre de haut. Ce qui conduit certains par confondre virilité et masculinité avec bestialité. Merci les nouvelles féministes! Rassurez-vous Messieurs, nous ne sommes pas toutes comme ça, sans ressentir le besoin de se mettre au couvent pour autant, loin de là! MERCI A L’AUTEUR!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!