Antiraciste condamné au TF pour contrainte
Rachad Armanios, 02.09.2020
En 2017, le secrétaire général du Carrefour de réflexion et d’action contre le racisme anti-Noir avait intimé à un boulanger de retirer une pâtisserie jugée raciste, menaces à l’appui. (article réservé aux abonnés)
source: https://lecourrier.ch/2020/09/01/antiraciste-condamne-au-tf-pour-contrainte/
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Résumé de l’affaire : Un boulanger genevois avait mis dans sa vitrine un hérisson en chocolat, friandise plutôt mignonne, aux yeux bleus qui louchent et au nez de cochon avec une grosse bouche en massepain. Dans un courrier envoyé en mars 2017, le Cran donnait deux jours pour retirer la pâtisserie et présenter des excuses.
Comme le boulanger ne s’était pas excusé, la dénonciation du Cran s’en était suivie « pour infraction à la norme pénale antiraciste ». Elle-même suivie d’une ordonnance de non-entrée en matière du Ministère public.
En revanche, le secrétaire général du Cran a été condamné pour menaces par le Ministère public, puis tentative de contrainte par le Tribunal de police, jugement confirmé par la Chambre pénale d’appel et de révision.
Le Cran a écopé de soixante jours-amende à 20 francs, assortis d’un sursis de trois ans et 3000 francs de frais de justice.
Lorsque Kanyana Mutombo, secrétaire général du Carrefour de réflexion et d’action contre le racisme anti-noir (Cran) est passé devant la boulangerie genevoise, son sang n’a fait qu’un tour. Considérant que la bouche et le nez du hérisson en chocolat étaient trop charnus, il a estimé que la pâtisserie en question caricaturait la communauté Noire et renvoyait à l’imagerie coloniale. Aussitôt, il a menacé le boulanger de porter plainte s’il ne retirait pas son hérisson, qu’il jugeait raciste.
Ce justicier de l’antiracisme n’en est pas resté là, il a menacé également le boulanger de lancer un boycott contre ses commerces, de le faire exclure de sa confrérie et d’organiser encore un sit-in. Le boulanger s’est senti menacé au point de n’en pas dormir durant une semaine. Pour lui, le gâteau avait simplement une « allure clownesque ».
La cour cantonale a estimé que la contrainte utilisée était illicite parce que disproportionnée ; menacer de porter plainte pour discrimination et incitation à la haine est déjà un moyen de contrainte « inadmissible ».
Le Cran annonce déjà étudier l’opportunité d’un recours « auprès d’instances européennes et internationales ». « Au téléphone, le vice-président, André Loembe, déplore que le Tribunal fédéral ait évité de se prononcer clairement sur le caractère raciste ou non du gâteau. Lequel est indéniable à ses yeux. [...] »
Martine Brunschwig Graf n’a pas tardé à ramener sa science :
« Cette question aurait dû se régler à l’amiable. Il s’agit manifestement d’une maladresse », bien que le hérisson « n’était certes pas de très bon goût et c’est bien que le pâtissier en ait changé la présentation. »
P.S : Le Courrier a déjà parlé de ce douloureux événement le 17 janvier 2018, le 3 mai 2019 et le 7 février 2020.
Voir aussi notre article du 19.01.2018: https://lesobservateurs.ch/2018/01/19/le-herisson-en-chocolat-netait-pas-raciste/
