Désormais, tous les migrants afghans qui atteignent l’Europe ou l’Amérique sont inexpulsables

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Daniel Greenfield

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime que 30 000 Afghans par semaine fuient leur pays. Cependant, un article du Guardian indique que «30 000 citoyens afghans ont quitté le pays chaque jour au cours des dix derniers jours». Cela représenterait près d’un tiers de million de migrants.

Si l’on a vu une petite minorité tenter d’embarquer dans des avions américains à l’aéroport de Kaboul, la grande majorité se déplace à pied à travers le Pakistan et l’Iran. L’Iran est une voie idéale, car il permet d’accéder facilement à la Turquie, puis à l’Europe.

Et comme l’Iran, contrairement au Pakistan, n’a pas fait grand-chose pour fortifier sa frontière avec l’Afghanistan, les autorités iraniennes profitent du lucratif trafic de drogue afghan; et en permettant aux migrants afghans d’accéder à l’Europe, l’Iran discrédite ses ennemis au sein de l’Union européenne sous couvert d’aide humanitaire.

Environ un demi-million de réfugiés du HCR ont été ajoutés aux listes cette année. C’est dire que le flux ne fait que commencer et, avec un tiers de million déjà en route, il est possible que l’Europe, l’Amérique et d’autres nations occidentales voient encore plus de migrants afghans que syriens.

Le HCR recense déjà 2,5 millions de réfugiés afghans officiellement enregistrés, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg. L’Iran, à lui seul, dit avoir environ 3 millions de réfugiés afghans sur son territoire. Le Pakistan en compte au moins 1,5 million officiellement, et officieusement peut-être 3 millions.

Aucun de ces deux pays musulmans n’a été disposé jusqu’ici à réinstaller de façon permanente ses frères de religion. D’autant moins que le Pakistan soutient les talibans et que l’Iran cherche à intensifier des relations avec eux.

En soutenant les talibans, le Pakistan a créé deux générations de crises de réfugiés en Afghanistan, mais maintenant il exige à grand bruit que les gouvernements occidentaux les prennent en charge. L’État terroriste islamique qui a hébergé Oussama ben Laden a également proposé que l’ONU finance des camps de réfugiés à l’intérieur de l’Afghanistan. Des camps en Afghanistan ne seraient possible qu’avec l’aval des talibans et conduiraient les États-Unis à financer le groupe terroriste.

C’est exactement ce que le Pakistan, qui est derrière les talibans, veut que l’Amérique et l’ONU fassent.

La crise des réfugiés est un cheval de Troie d’opportunités politiques pour le Pakistan, l’Iran, la Turquie et d’autres alliés islamistes des talibans pour financer les terroristes et saper les nations occidentales.

Le maintien d’une crise humanitaire en Afghanistan entraînera un flux d’aide étrangère vers les talibans.

Les nations occidentales, confrontées à la menace de millions de migrants se présentant à leurs portes, seront heureuses, après quelques protestations initiales, de payer les talibans, ouvertement ou en secret, pour qu’ils ralentissent le flot. Bien que les organisations d’aide jurent haut et fort qu’aucune partie de l’argent ne va aux talibans, il est impossible d’opérer dans un État terroriste sans payer aux terroristes l’argent de la protection.

Faire n’importe quel type d’affaires en Afghanistan signifie faire des affaires avec les Talibans.

La Turquie, pont entre les réfugiés musulmans et l’Europe, a ouvertement utilisé le flux de migrants pour soumettre l’Union européenne à un chantage. Le nouveau flux de migrants donnera à Erdoğan encore plus de poids face à des dirigeants européens faibles comme Angela Merkel.

Les pays européens peuvent décider de préserver leur légitimité en utilisant la Turquie pour négocier secrètement un arrangement avec les talibans qui ralentisse le flux de réfugiés afghans.

Peut-être même que de telles négociations sont déjà en cours.

570 000 Afghans ont déjà demandé l’asile en Europe au cours des cinq dernières années. Si certaines de ces demandes ont été rejetées, la prise du pouvoir par les talibans a pour conséquence que les Afghans ne peuvent plus être expulsés. Ils vont maintenant rester en Europe, légalement ou illégalement.

Il en va de même pour les Afghans qui se trouvent illégalement aux États-Unis. […]

Dans l’Union européenne, un bloc de six pays déjà submergés par les migrants illégaux afghans a annoncé qu’il maintiendrait les expulsions.

Ces six pays, certains conservateurs comme l’Autriche, d’autres pro-réfugiés comme l’Allemagne, n’avaient pas grand-chose en commun, sinon d’être déjà submergés par les migrants. Mais leur rébellion contre la politique d’immigration de l’UE a été de courte durée. L’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark ont déjà tous changé de cap. Seule l’Autriche tente encore de maintenir sa position sur l’expulsion des migrants afghans.

Cela signifie que tous les Afghans (ou les migrants qui prétendent être Afghans) qui atteignent l’Europe ou l’Amérique ne sont plus expulsables. Ils resteront sur place et recevront un statut quasi légal.

La prise de pouvoir par les talibans et l’évacuation rapide des diplomates et des organisations occidentales rendront pratiquement impossible la vérification de l’identité des demandeurs, même légitimes. Malgré les milliards de dollars versés en Afghanistan au fil des ans, une grande partie du pays reste arriérée, et de nombreux habitants, surtout en dehors des grandes villes, n’ont guère de documents d’identité. L’histoire mouvementée de l’Afghanistan et les changements d’administration, combinés aux importantes populations de réfugiés non officiels au Pakistan et en Iran, ont créé un assortiment concurrentiel de différents documents d’identité, dont beaucoup seront pratiquement impossibles à vérifier.

Les services d’immigration européens ou américains ne seront pas en mesure de distinguer les terroristes islamiques des réfugiés. Ils ne pourront pas  faire grand-chose d’autre que de poser des questions très rudimentaires.

Les États-Unis accueillent actuellement environ 100 000 Afghans. Le nombre de visas spéciaux pour les Afghans ayant travaillé pour les États-Unis à un titre quelconque a été estimé à plus de 100 000 si l’on tient compte des membres de famille. Au fur et à mesure de l’avancée des talibans, de nouvelles réglementations indulgentes ont été mises en place, permettant à presque tous les Afghans ayant travaillé pour une organisation américaine, à quelque titre que ce soit, de bénéficier en priorité du statut de réfugié en Amérique.

Les Afghans qui sont transportés de l’aéroport de Kaboul vers les bases américaines seront déplacés quelque part et ce ne sera pas dans les pays arabes qui hébergent ces bases. Ils finiront très probablement aux États-Unis. Des plans sont déjà en cours pour les loger dans des bases au Texas et au Wisconsin. […]

S’il n’est pas déraisonnable de ressentir de la sympathie pour ces personnes, dont certaines fuient légitimement la terreur intérieure, beaucoup d’autres profitent simplement d’une opportunité. La récente prospérité relative de l’Afghanistan a été alimentée par les milliards de dollars que les États-Unis, l’Europe et d’autres pays alliés ont investis dans ses infrastructures, son économie et son armée. Certains Afghans craignent sincèrement d’être torturés, assassinés ou réduits en esclavage par les talibans. D’autres n’ont rien contre les talibans, mais sont à la recherche d’opportunités économiques qui ne seront plus disponibles sous leur régime.

Les opposants aux talibans se répartissent en plusieurs catégories. Il y a les islamistes convaincus qui rejettent les talibans pour diverses raisons théologiques, politiques et tribales. Les chiites afghans se méfient des talibans, mais leurs liens avec l’Iran n’en font pas des amis des États-Unis.

L’Afghanistan compte plusieurs groupes ethniques, tribaux et religieux qui pourraient s’opposer aux Pachtounes sunnites que sont les talibans sans pour autant être des amis de l’Amérique ou de l’Europe. C’est une des raisons pour lesquelles les tentatives de construire une sorte d’Afghanistan démocratique se sont rapidement effondrées.

Les partisans d’une migration illimitée affirment que nous devons au peuple afghan de les accueillir. Mais s’il y a une dette, elle n’est pas de l’Amérique envers les Afghans, mais bien des Afghans envers les Américains.

Les États-Unis, l’Europe et d’autres pays qui vont être confrontés à cet afflux massif de réfugiés ont dépensé d’innombrables milliards et sacrifié la vie de leurs jeunes hommes pour construire un pays à partir des ruines de l’Afghanistan. Ils ont ôté le pain de la bouche de leur propre peuple et rempli les hôpitaux militaires de blessés, dans un sacrifice que les Afghans ont dilapidé.

Le jeu des reproches sur la chute de l’Afghanistan se poursuivra pendant des années, mais le simple fait est que la majorité des militaires afghans se sont rendus aux talibans ou se sont enfuis.

Toute dette ici nous est due par les Afghans. Nous avons payé nos dettes en sang et en argent.

La crise des réfugiés afghans montre que les talibans disposent encore de multiples moyens pour nous nuire, même après notre départ d’Afghanistan. Leur capacité à ouvrir et fermer les vannes aux réfugiés permettra non seulement aux djihadistes, mais aussi à leurs alliés en Iran, au Pakistan et en Turquie de nous faire chanter, nous et nos alliés de l’OTAN, en utilisant les réfugiés afghans comme une arme. C’est une arme que nous devons leur retirer.

L’Amérique chancelle déjà sous le poids massif des étrangers illégaux qui arrivent par la frontière sud. Nous n’arrivons déjà pas à accueillir les étrangers illégaux que nous avons, que dire alors des centaines de milliers de personnes qui arrivent d’une société de l’âge de pierre dont les valeurs sont fondamentalement opposées aux nôtres. […]

L’effondrement de l’Afghanistan est un désastre. Un afflux de réfugiés afghans serait un deuxième désastre. Nous pouvons survivre à l’effondrement de l’Afghanistan, nous ne pouvons pas survivre à l’effondrement de l’Amérique.

Daniel Greenfield est un journaliste d’investigation et un auteur qui se concentre sur la gauche radicale et le terrorisme islamique.

Source : Any Afghan Migrants Who Reach America or Europe are Undeportable

Traduction Cenator pour LesObservateurs.ch

Un commentaire

  1. Posté par poulbot le

    Le monde peux dire merci aux russes et aux américains pour avoir foutu le bordel en Afghanistan et dans cette parti du monde.
    Les Russes pour leur intervention de 1979-1989 et des américains qui ont armer les Talibans pour contrer les Russes .
    Puis de 2001 a 2021 dans une coalition pour expulsé les Talibans avec pour prétexte la chasse a Ben Laden .
    A chaque fois que ces deux pays interviennent quelque part dans le monde , c’est le bordel assurer , car ils oublient que les personnes qu’ils veulent combattre sont chez elle, qu’elles connaissent le terrain , qu’une partie de la population leur est acquise comme ce fut le cas pendant la seconde guerre mondial en Europe avec les résistants des différents pays envahi par l’Allemagne dont l’URSS.
    Ces deux pays n’ont toujours pas tirer les leçons du passé.

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